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Reuters - Matt Siegel - publié le Mardi 16 Décembre à 10:55

Le preneur d'otages de Sydney, un "loup solitaire" connu de la police



Sydney - L'auteur de la prise d'otages dans un café du centre de Sydney, tué lors de l'assaut donné par la police aux premières heures de mardi, était un homme violent, inculpé de complicité de meurtre et de multiples agressions sexuelles, qui nourrissait un fort ressentiment contre le gouvernement australien qu'il accusait de lui avoir pris ses enfants.



Man Haron Monis
Man Haron Monis
Man Haron Monis, un réfugié iranien décrit par ceux qui le connaissaient comme étrange et solitaire, était connu de la police, a confirmé mardi le Premier ministre Tony Abbott.

Ce quinquagénaire avait été inculpé l'an dernier pour complicité dans le meurtre de son ex-femme, poignardée et brûlée dans un appartement de Sydney. Cette année, il a notamment été inculpé pour agression sexuelle sur une femme de Sydney.

En 2012, il avait été déclaré coupable d'avoir envoyé des lettres de menace aux familles de huit soldats australiens tués en Afghanistan pour protester contre la participation de l'Australie à la lutte contre les taliban dans ce pays.

S'exprimant à Camberra, Tony Abbott a indiqué que le preneur d'otages avait "un long passé de violence criminelle, de fascination pour l'extrémisme et d'instabilité mentale".

Mike Baird, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale, n'a pas voulu répondre à la question d'un journaliste qui lui demandait s'il était normal que Man Haron Monis se soit vu accorder une mise en liberté sous caution.

Son site internet, désormais désactivé par les autorités, dépeint l'image d'un homme furieux contre la justice australienne et par les injustices dont étaient selon lui victimes les musulmans en Irak et en Afghanistan.

"Man Haron Monis (...) a constamment été attaqué et faussement accusé par le gouvernement et les médias australiens depuis le début de sa campagne de lettres politiques en 2007", écrivait de lui à la troisième personne sur son site web celui qui se qualifiait de cheikh.

"Le gouvernement australien lui a pris ses enfants et il n'a pas le droit de leur rendre visite ni même de les appeler", ajoutait-il.

IMAGES CRUES

L'avocat pénaliste Adam Houda, basé à Sydney, qui représentait Monis dans l'affaire des lettres envoyées aux familles des soldats, le décrit comme un solitaire très perturbé, en dehors de la communauté musulmane de Sydney.

"C'était un type, très, très, très particulier. Il n'avait d'attaches avec aucun groupe. Il agissait seul. C'était un loup solitaire", a déclaré l'avocat à Reuters.

Le site internet de Man Haron Monis offre peut-être l'indication la plus significative de sur ce qui l'a poussé à prendre des personnes en otages dans un café chic de Martin Place au coeur du quartier financier de Sydney.

Le site web montre des images crues d'enfants tués, affirme-t-il, par les frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etat-Unis en Syrie et en Irak. Le site reprend aussi la couverture par les médias de ses apparitions en justice. On y trouve aussi des déclarations adressées à la communauté musulmane et au Premier ministre australien Tony Abbott.

Man Haron Monis se compare à Julian Assange, fondateur du site internet lanceur d'alerte Wikileaks, se dit persécuté par le gouvernement pour ses opinions politiques et fulmine contre le gouvernement pour les accusations d'agression sexuelles à son encontre.

"Puisque le gouvernement australien ne peut tolérer l'activité du cheikh Haron, (il) essaie de nuire à sa réputation par ces fausses accusations et aussi essaie de mettre la pression sur lui pour qu'il cesse son activité et soit contraint au silence", écrivait-il.

Toutes les personnes présentant potentiellement une menace ne peuvent être surveillées en permanence par la police qui, compte tenu de ses ressources limitées, doit se concentrer sur les groupes susceptibles de commettre des attentats spectaculaires, estime Greg Barton, directeur du Centre de recherche sur le terrorisme mondial à l'université Monash à Melbourne.

"Oui, on aurait pu le mettre sous surveillance 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Mais il n'est possible d'y mettre que quelques personnes à la fois et, sur la liste des priorités, il aurait été très en bas", déclare Greg Barton.

"Je ne crois pas qu'il y ait eu erreur dans ce cas", ajoute-t-il en estimant que l'affaire illustre la difficulté de traiter de genre de menace.

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