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Mohammed Morchid - publié le Samedi 31 Janvier à 16:35

Le petit terroriste ou Peur sur l’école






Le petit terroriste ou Peur sur l’école
Il était une fois, dans un monde civilisé, une école qui vivait dans la béatitude, dans la paix, quand un petit morveux d’une autre école non humanisée, de la taille d’un petit pois, non apprivoisé, venu d’un monde ridiculisé, commença à semer la zizanie parmi des élèves bien éduqués et alphabétisés, en vomissant des baratins inadmissibles et radicalisés.

Un jour, alors que toute la classe, de fond en comble, criaillait, en psalmodiant, d’une voix monocorde « je suis Charlie, je suis Charlie », suite aux ordres du chef d’orchestre, le petit, qui se demanda quelle mouche avait piqué ces gens, et ne sachant point le pourquoi de cette chanson, décida tout simplement de ne pas se mettre au diapason et ne se mit pas à l’unisson.

En voulant le rapprocher de la dimension humaine, par les voies éducatives et pédagogiques pratiquées dans cette école, le directeur le fit passer devant des centaines d’élèves, classe par classe, en le sommant par tous les moyens de hurler « je suis Charlie, je suis Charlie ». Néanmoins, le diablotin tint le coup, se tint droit dans ses bottes et ne changea point d’avis. Voyant bien que ces solutions éducatives et pédagogiques n’avaient pas donné de bons résultats, il opta pour la solution sine qua non, sécuritaire, et qui allait de pair avec ces énergumènes non éducables.

Affolé, n’ayant pas pu mettre à genoux un môme tenace de la taille de deux pouces et sentant que le gamin n’était pas policé, le directeur, dans la panique, appela la police, en leur faisant comprendre qu’un terroriste investit l’école et demanda des aides urgentes. Sur le champ, croyant que le terroriste prenait en otage les élèves et que leurs vies étaient en danger, une centaine de policiers sur terre, des snipers sur les toits, armés jusqu’aux dents, d’une façon théâtrale, encerclèrent tout d’abord l’enceinte de l’établissement scolaire, avant de donner l’assaut final et arrêter le petit terroriste. Jeté à terre, menotté, les mains derrière le dos, le môme n’y vit que du bleu. A l’autre bout de la ville, la police commença à perquisitionner toute sa chambre en cherchant des preuves tangibles qui pourraient l’accabler.

Au commissariat, débuta l’interrogatoire. Les policiers le voulaient ultra-rapide. Un gamin de huit ans ne résistera pas longtemps et l’affaire sera vite dans la poche. Et pour le mener en bateau, on lui apporta des jouets guerriers, des soldats barbus, des mitrailleuses, des grenades, et tutti frutti pour le mettre dans son ambiance naturelle. Tu es Charlie ? Non, je ne suis pas Charlie. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas Charlie. A cet instant-là, l’enfant saisit la mitrailleuse, la pointa sur le flic et fit Boum. Première trente minutes d’audition sans réussite. Les barbouzes passèrent au deuxième plan, peu corsé cette fois-ci, celui du bon et du méchant, de l’agressif et du doux. Si tu ne dis pas pourquoi tu n’es pas Charlie, je prendrai les jouets et je te tirerai les oreilles. Non, tu es méchant avec mon ami, il va me le dire à moi et il gardera ces jouets pour de bon. A ce moment-là, l’enfant saisit la mitrailleuse, la pointa

sur le flic et fit Boum. Deuxième trente minutes d’audition sans réussite. Les poulets passèrent au troisième plan, celui des mauvais traitements. Ils braquèrent la fameuse lampe d'interrogatoire sur le visage du petit terroriste et l’un d’eux fit sortir une sangle, le menaça et l’exposa interminablement à une chanson très assourdissante « je suis Charlie, je suis Charlie », concoctée à juste titre pour l’événement. Vainement. A cet instant-là, l’enfant saisit la mitrailleuse, la pointa sur le flic et fit Boum. Troisième trente minutes d’audition sans réussite. Jetant les armes, les policiers firent appel à sa maman. Pourquoi tu n’es pas Charlie mon choux ? Maman, je n’aime pas Charlie.

Pourquoi ? Tout à coup, le petit éclata en sanglots. Je n’aime pas son chapeau melon, je n’aime pas sa canne, je n’aime pas non plus son pantalon et ses chaussures. La mère sortit toute furieuse et dit aux flicards : « Bande d’abrutis, bande d’idiots, il n’avait rien compris, le petit, il fallait lui expliquer Charlie quoi ! ».



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