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Zineb El kadri - publié le Lundi 24 Février à 13:37

Le péritexte des étoiles de Sidi Moumen de Mahi binebine




Le « péritexte », qui se place à l'intérieur du livre tel que la préface, les épigraphes, les notes de bas de page, les phrases de marge, les informations périphériques, la dédicace, les renvois, la quatrième de couverture, le titre de l’œuvre.



Les étoiles de Sidi Moumen entre le spirituel et le matériel

Le titre est une lexicalisation de l’ensemble de l’œuvre :
Les étoiles de sidi Moumen est subdivisé en deux parties : les étoiles et Sidi Moumen.

Les étoiles :
Ce sont des astres qui brillent d’une lumière propre et dont le mouvement apparent est imperceptible sur une courte durée d’observation.
Par ailleurs, les étoiles sont le constituant principal de l’univers visible. Comme le soleil, qui est une étoile d’un type très courant, elles produisent elles mêmes leur énergie.
Les étoiles symbolisent selon Le Dictionnaire psychanalytique des images et symboles du rêve:
Les rêves d’étoiles sont extrêmement rares et extrêmement forts. Si nous pouvons contempler le firmament au travers de nos rêves, nous avons conscience de la destinée des hommes. Ce type de rêve est généré par réflexion sur notre destinée personnelle. C’est le premier sens de ce symbole. De tout temps, les hommes ont lu leur destin aux étoiles, à la course du zodiaque.
De ce fait, étoiles dans le sens positif est conscience élevée, destinée, capacité d’émerveillement.
Mais dans le sens négatif, c’est un pouvoir occulte ou recherche de pouvoir sur les autres.
Sidi Moumen : C’est le grand bidonville de la métropole, l'un des deux arrondissements de la préfecture de Sidi Bernoussi situé dans la préfecture de Casablanca au sein de la région du Grand Casablanca.
Cet arrondissement, a connu, de 1994 à 2004 (années des derniers recensements), une hausse de population, passant de 134 697 à 289 253 habitants.
Et d'après un recensement régional, la population de l'arrondissement d'Aïn Chock à très peu augmenté en quatre ans et serait au nombre de 298 431 en 2008.

Le sous-titre :
les chevaux de Dieu, c’est le titre choisi par le réalisateur Nabil Les Chevaux de Dieu (arabe : يا خيل الله) qui est un film franco-belgo-marocain réalisé par Nabil Ayouch et sorti en 2012.
Le film est inspiré d'un roman de Mahi Binebine, Les Étoiles de Sidi Moumen, qui évoque un fait divers authentique : le soir du 16 mai 2003, cinq attentats-suicides ensanglantèrent la ville de Casablanca, causant la mort de 45 personnes, parmi lesquelles la plupart des poseurs de bombes.
Il est sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars du cinéma 2014 dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

L’illustration :
Représente une scène tirée du film les chevaux de Dieu : on distingue clairement : Hamid le chef, le robuste, on décèle son pouvoir à travers son bâton, sa chaine et aussi sa tendance à dresser les autres, à les soumettre et surtout à protéger son frère cadet.
Sur un fond rouge et bleu, c’est une image bien choisie illustrant pertinemment le sujet de l’ouvrage et la réalité du vécu amer des enfants de ce quartier marginalisé et défavorisé.
Les maisons d’édition :
La première édition était en France, ce sont les éditions Flammarion, à Paris en 2010.
La seconde édition Le Fennec, Casablanca, 2010, pour la version française commercialisée au Maroc, puis la dernière édition en 2013, même maison d’édition.
La page de garde :

Feuille blanche que l'on ajoute entre la couverture et la page du titre au moment de l'impression d'un livre, d'un volume [Imprimerie]. Elle sert à noter toutes les réflexions que suscite la lecture.
La quatrième couverture :
Dans la quatrième couverture, on voit la photo de Mahi Binebine avec un beau sourire, dégageant un optimisme ardent.
On repère les thèmes subséquents : la solitude, la rétrospection des souvenirs d’enfance.
En sus, nous avons une phrase tirée de l’œuvre : « Quoi ?je divague ! Et alors ?
Que puis-je faire d’autre maintenant que la solitude me consume et que je rôde comme un fantôme étranger sur le royaume de mes souvenirs d’enfant. Je n’ai pas honte de vous dire qu’il m’est arrivé d’être heureux dans ces décombres hideux, sur les ordures de ce cloaque maudit, oui j’ai été heureux à sidi Moumen, mon pays. »Cette phrase est située au 3ème chapitre, à la page 23.
Quant au deuxième paragraphe, c’est l’histoire de yachine :
Yachine a grandi à Sidi Moumen, situé à la lisière de Casablanca, il a dix frères, d’une mère qui se bat contre la précarité existentielle c’est un enfer terrestre, ou il y a beaucoup de décharges et de la colle.
Quant à ces jeunes issus de milieu défavorisé, sont orientés et guidés spirituellement d’une facilité inouïe. Puisque ils étaient leur salvateurs en leur assurant nourriture et ressources financières donc ils peuvent les téléguider à leur guise.
Biblio-biographie de Mahi Binebine :
Mahi Binebine est romancier, artiste peintre et sculpteur, né à Marrakech en 1959. Ses travaux sont considérés parmi les œuvres les plus prestigieuses.
Son parcours est atypique : professeur de mathématiques à Paris, il décide de quitter l’enseignement pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Sa peinture l’a fait immédiatement entrer dans des collections prestigieuses. Le Guggenheim Museum de New York a acquis ses tableaux. Ses romans l’imposent comme l’un des plus vigoureux écrivains marocains de langue française.
Les étoiles de Sidi Moumen est son septième roman.
Les prix accordés à l’ouvrage Les étoiles de Sidi Moumen :
Le premier prix : Le Prix du Roman Arabe du Conseil des Ambassadeurs Arabes a été fondé en 2008.
Son but est de « récompenser un ouvrage de haute valeur littéraire ainsi que consolider le dialogue interculturel entre le monde arabe et la France en mettant en avant la littérature arabe traduite ou écrite directement en français ».
Il est placé sous l'égide du Conseil des ambassadeurs arabes en France en partenariat avec l'Institut du Monde Arabe.
Le prix est doté d'une somme de 15 000 euros.
Le second prix : Le Prix littéraire Mamounia, dont le directeur général du prestigieux Palace la Mamounia, Dédier Picquot, est un Prix littéraire, doté de 200.000 dh, a été conçu dans le but de promouvoir la littérature marocaine d'expression française, réitérant la détermination de son établissement à œuvrer pour la pérennisation de ce rendez-vous qui contribue à l'animation culturelle de la cité ocre.

La dédicace :
Mahi Binebine a dédié son ouvrage Les étoiles de Sidi Moumen à Claude Durand qui est un éditeur, traducteur d'anglais et espagnol en français et écrivain français, né le 9 novembre 1938 à Livry-Gargan.
Claude Durand entre dans la vie active à 14 ans et devient instituteur à 19 ans. Après avoir envoyé un manuscrit, il entre en 1958 comme lecteur aux éditions du Seuil. En 1965, il devient éditeur à la direction de la collection « Écrire ». Il crée en suite la collection « Combats » publiant des auteurs de gauche d'Amérique latine et des pays de l'Est. En 1967, il découvre Gabriel García Márquez avec Cent ans de solitude, dont il réalise une traduction en compagnie de sa femme Carmen, et en 1973 sort L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne. En 1978, il accède au poste de directeur général des éditions Grasset qu'il quitte bientôt pour les éditions Fayard en 1980. Il prend sa retraite d'éditeur en 2009.
Claude Durand n'a écrit qu'un seul livre durant sa carrière d'éditeur, La Nuit zoologique, qui a cependant obtenu le Prix Médicis en 1979. En 2010, il publie une fiction, J'aurais voulu être éditeur, sous un pseudonyme qu'il dénonce paradoxalement dès la quatrième de couverture et poursuit une carrière d'écrivain. Par ailleurs, il tient depuis 2010 un bloc-notes mensuel dans le magazine international de langue française La Revue.
Claude Durand a traduit en français des œuvres de Gabriel García Márquez, Isabel Allende, Jorge Semprún, Alan Sillitoe, ainsi que d'autres auteurs hispanophones ou anglophones.

Ses œuvres sont :
1963 : L'Autre Vie, éditions du Seuil
1979 : La Nuit zoologique, éditions Grasset - prix Médicis.
2010 : J'aurais voulu être éditeur, sous le pseudonyme de François Thuret, postface de Claude Durand, éditions Albin Michel
2011 : J'étais un numéro un, éditions Albin Michel
2011 : Le Pavillon des écrivains, éditions Fallois

Mahi Binebine nous raconte avec une empathie remarquable comment un être, qui aime, qui souffre, qui doute et qui rêve, bascule du statut d'Homme à celui de « Bombe humaine ».
Les étoiles de Sidi Moumen croyaient pouvoir un jour toucher les étoiles. Elles étaient loin de se douter qu'elles tomberaient plus bas que terre.
Le regard de l'auteur sur ses personnages n'est ni tendre ni cruel. Il est tout simplement objectif.
« En enfilant le gilet bardé d'explosifs j'étais déjà poussière. Cela me procurait une sensation étrange. Je faisais corps avec la terre, le ciel et les étoiles qui mitraillaient la nuit noire. Les paroles du chaikh scintillaient dans mon esprit et je me sentais invincible. Non, on ne peut rien contre un homme qui veut mourir. Et moi je le voulais ardemment. Nabil, Azzi, Khalil, Fouad, Hamid voulaient aussi mourir. En vivant à Sidi Moumen, cernés de macchabées, d'éclopes et de rampants, nous étions en réalité, presque morts. Alors un peu plus ou un peu moins, quelle importance! »
« Du fin fond de ma solitude, quand les souvenirs de mon naufrage m'assaillent et me tourmentent, quand le poids de mes fautes devient trop lourd à porter et que mon esprit, déjà vieux et fatigué, se met à tournoyer tel un manège infernal, quand les pleurs de Yemma tombent sur moi comme une averse de feu et que la douleur de Ghizlane dilue dans mon âme son funeste poison, je m'en vais rôder dans le ciel de mon enfance. »p.151


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