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par Qurat ul ain Siddiqui - CGNEWS - publié le Mercredi 27 Octobre à 07:50

Le nouveau Moucharraf est arrivé




Karachi – La Ligue musulmane de tout le Pakistan (All Pakistan Muslim League, APML) : c'est le nouveau parti fondé par l'ancien président Pervez Moucharraf, qui depuis le Royaume-Uni vient d'annoncer sa rentrée politique. Tout en présentant ses excuses pour ses erreurs politiques — notamment d'avoir promulgué une loi controversée, l'Acte de Réconciliation Nationale (National Reconciliation Ordinance, NRO), qui garantissait l'amnistie aux politiciens et bureaucrates accusés de corruption et d'autres crimes, il s'engage à sortir le pays du bourbier où il se trouve. Reste à savoir si, au cas où on lui en donnerait l'occasion, il pourrait réussir à aider le Pakistan à surmonter les différents problèmes auxquels celui-ci fait face.



Qurat el ain Siddiqui
Qurat el ain Siddiqui
Pauvreté écrasante, aide aux victimes des inondations, guerre domestique contre les extrémistes, gouvernement inefficace et une foule d'autres problèmes importants, voilà à quoi le Pakistan est actuellement confronté. Etant donné que Mucharraf a déjà eu l'occasion de gouverner le pays pendant plus de huit ans, d'octobre 1999 jusqu'à août 2008, en retournant dans ce champ de mines qu'est la politique pakistanaise, avec tout un passé militaire et une réputation pas vraiment inattaquable à la tête de l'Etat, il aura a restaurer sa crédibilité auprès du peuple pakistanais, et à le convaincre qu'il a les moyens de remettre le pays sur les rails.

L'indice de popularité de l'actuel président, Asif Ali Zardari, qui est en chute libre, ne dépassant jamais 32%, reflète la déception générale à l'égard du gouvernement. Voilà qui pourrait ouvrir à Moucharraf une porte pour son retour à la vie publique. Mais sa popularité auprès des masses n'est pas évidente, comme ne le sont pas non plus ses chances de réussite.

La prochaine élection aura lieu en 2013, et d'ici là les électeurs devront connaître ce que Moucharraf et son APML peuvent véritablement proposer au peuple pakistanais.

Selon Moucharraf, l'objectif de son parti est de mettre le Pakistan "sur la voie de la démocratie", et ce sans "artifice" ni "faux semblant" — allusion aux grandes" promesses faites dans le passé par des candidats à la présidence. Mais les grandes proclamations générales de ce type ne suffisent pas pour retenir l'attention des électeurs. Il faudra que l'APML trouve des solutions concrètes aux problèmes qui préoccupent les gens.

Le domaine de l'économie, en particulier, va exiger des mesures de restauration à long terme, surtout après les récentes inondations qui ont détruit une grande partie des cultures du pays, rendant inutilisables les prochaines années une superficie considérable des terres cultivables.

Nouveau venu dans le combat politique, l'AMPL devra se doter d'une politique économique qui ne se contentera pas d'aider cultivateurs et propriétaires à restaurer leurs cultures ; elle devra aussi comprendre d'amples réformes destinées à améliorer le système financier et à élargir l'assiette du système fiscal.

À l'heure actuelle, moins de 2% des 180 millions de citoyens paient un impôt sur leurs revenus. Parmi d'autres réformes, on pourrait envisager de rediriger les priorités budgétaires de la défense à l'éducation, au système de santé et au développement.

Mais Moucharraf n'a pas seulement à affronter les sérieux problèmes posés à l'existence même du Pakistan. Il doit aussi aborder les questions concernant sa propre candidature. Il est probable que son intention de postuler au poste de Premier ministre lors des prochaines élections générales se heurtera à une vive opposition de la part des deux principaux partis, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) et la Ligue musulmane Nawaz du Pakistan (PML-N), dont les chefs ont souvent regardé de haut les ambitions politiques de l'ancien général. Dans une interview récente, le Premier ministre Yousouf Raza Gilani raille les projets politiques de Musharraf, en déclarant que la Cour Suprême sera heureuse de le saluer à son retour au pays — allusion aux procès en cours contre M. Moucharraf dans les tribunaux du pays.

Bien sûr, il n'est pas impossible qu'une procédure judiciaire soit lancée contre lui, par exemple une accusation en rapport avec le meurtre du leader nationaliste baloutche Akbar Bugti, ou relative à la disparition de Atiq-ur Rehman, chercheur pakistanais associé à la Commission pakistanaise d'énergie atomique. Reste que Moucharraf a reproché à certains "éléments politiques" d'avoir fabriqué ces affaires pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

En dépit de ces obstacles, cet "optimiste né”, - comme Moucharraf se définit lui-même - tout en demandant pardon pour ses erreurs passées, promet aux Pakistanais un "nouveau contrat social” pour un avenir plus encourageant. Sa détermination à pouvoir à nouveau conduire le pays est évidente.

Le retour de Moucharraf pourrait contribuer à diversifier le paysage politique, à favoriser une réconciliation politique. Il est possible aussi qu'elle contribue à relancer l'économie et à imposer une politique anti-terroriste énergique. Ce serait, pour lui-même, non seulement une manière d’asseoir sa crédibilité, mais aussi, du même coup, de revigorer le Pakistan.

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* Qurat el ain Siddiqui est une journaliste installée à Karachi.


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