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Kamal Kabbaj - publié le Vendredi 5 Avril à 10:13

Le mouvement migratoire marocain en France : bilan et tendances






Le mouvement migratoire marocain en France : bilan et tendances

Le Maroc compte aujourd’hui pas moins de 1,3 million de ressortissants résidant et travaillant en France. À la vérité, l’émigration des Marocains vers la France n’est pas un phénomène récent. Elle remonte au moins au début du XXe siècle. Le mouvement migratoire a commencé vers 1910 pour atteindre entre 1914 et 1918 plus de 15 000 travailleurs marocains. Toutefois, on le sait, ce mouvement migratoire n’a connu son véritable essor qu’au début des années 1970. Ceci explique pourquoi, de 1975 à nos jours, les émigrés marocains en France ont plus que triplé, représentant ainsi une proportion s’élevant à plus de 12% de la population étrangère en France. Pour en saisir l’évolution et la portée, cette dynamique migratoire des Marocains vers la France peut être scindée en trois grandes vagues : 

 
La première vague, amorcée entre les deux guerres, était caractérisée par l’émigration de contingents composés de travailleurs recrutés, sur contrat pour une durée temporaire, dans les usines d’armement et dans les secteurs agricoles ainsi que de militaires marocains affectés à la résistance contre les Allemands. C’est à cette époque que fut créé, en 1938, un service d’émigration pour assurer la sélection et l’acheminement des émigrés marocains vers la métropole.
 
La deuxième vague a commencé à la veille de l’indépendance du Maroc en 1956, pour prendre fin au milieu des années 1970. À la fin des Trente Glorieuses, ces flux migratoires, composés à l’époque d’hommes seuls, recrutés à titre temporaire en tant que main d’œuvre, allaient conduire le Gouvernement français à prendre la décision de restreindre l’immigration à des profils bien déterminés.
 
La troisième vague, de 1974 à nos jours, est marquée par le resserrement de la politique migratoire en France, laquelle politique allait devenir plus sélective et plus sensibles aux besoins de la France en termes de d’équilibre économique et sécuritaire. Pour ce faire, le Gouvernement français a décidé l’arrêt de l'immigration spontanée, sauf pour les cas relevant du regroupement familial, des demandes spécifiques émanant d’employeurs français ou de projets d’études en France. Cette période est aussi marquée par des mutations cruciales au niveau des structures socioéconomiques, identitaires et générationnelles des Marocains résidant en France. 
 
La volonté des autorités françaises de réduire les effectifs affluents sur l’Hexagone, les résultats mitigés de la politique des retours et du regroupement familial et les mutations socioprofessionnelles des Marocains résidant en France ont, certes, grandement contribué à la transformation du mouvement migratoire marocain en France. Il se trouve que ce mouvement a toujours conservé sa vitalité en accusant une diversification croissante des profils professionnels et générationnels. Certes, l’importance des flux migratoires et les enjeux y afférents ont plaidé pour une politique de concertation à même d’orienter le mouvement migratoire vers les objectifs de co-développement et de sécurité partagée. Bien évidemment, la coopération maroco-française en la matière n’est pas récente et elle remonte aux années 1960 lorsque les deux pays ont décidé de se concerter sur certaines questions liées à l’immigration. L’amplification des risques sécuritaires liés à l’immigration a décidé, plus récemment, les deux pays à renforcer leur coopération en la matière, comme en témoigne la visite à Rabat du ministre français de l’Intérieur le 26 juillet 2012. In fine, par-delà les constats et les bilans dressés, les autorités françaises et marocaines sont d’accords pour maintenir, en les réajustant, les échanges humains réciproquement enrichissants.


Tagué : Kamal Kabbaj

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