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Farid Zerrouq - publié le Jeudi 5 Septembre à 23:26

Le mirage des classements internationaux




L’absence d’évaluation objective au sein du système de l’éducation-formation explique en grande partie le niveau alarmant, dans lequel nous nous trouvons actuellement. Il ne nous reste alors que l’évaluation venue d’ailleurs, faite par des gens qui ne nous connaissent pas vraiment.



Farid Zerrouq
Farid Zerrouq
Lorsque l’évaluation vient à manquer, c’est la porte ouverte aux dépassements, aux abus, au gaspillage, qui conduisent à la démotivation, voire, à la médiocrité. Pourtant, le but de l’évaluation n’est pas forcément de sanctionner, mais de voir les écarts par rapport aux objectifs que nous nous sommes fixés, afin de corriger le tir, si nécessaire, et aussi, de voir l’impact de nos actions sur nous-mêmes et sur notre environnement. L’évaluation sous ses différentes formes est un pilier central de toute démarche de progrès. Or nous prétendons, dans le système de l’éducation-formation, être constamment et sans aucune relâche, à la recherche de qualité, mais au-delà des normes et des procédures, la qualité et l’évaluation sont avant tout une question de mentalités : il s’agit d’admettre que ce qui est fait peut être amélioré (évident) et ensuite, d’accepter de se faire évaluer (beaucoup moins évident !).

L’absence d’évaluation objective au sein du système de l’éducation-formation explique en grande partie le niveau alarmant, dans lequel nous nous trouvons actuellement. Il ne nous reste alors que l’évaluation venue d’ailleurs, faite par des gens qui ne nous connaissent pas vraiment. Voilà pourquoi, il faut faire attention au mirage des classements internationaux car si on est bien classé, c’est que, très probablement, on est bon, mais pas forcément, et inversement, ce n’est pas parce qu’on est mal classé, qu’on est complètement mauvais.

Qui peut nier, par exemple, que l’ISCAE, l’ENCG de Settat, l’Université d’Al Akhawayn, les E.S.T. de Fès et de Casa, l’ENSIAS et la Faculté de médecine de Rabat, entre autres, sont des établissements universitaires qui s’en tirent plutôt bien, et dont les lauréats sont très appréciés par les opérateurs économiques de notre pays. C’est l’œuvre d’enseignants-chercheurs compétents et qui aiment leur métier. Ces établissements n’entrent pas dans les classements internationaux, car ceux-ci privilégient la production scientifique par rapport à la pédagogie. Pourtant, il suffirait de quelques mesures bien connues, pour y remédier …

Seulement, ces établissements, ces « îlots de qualité » ne peuvent continuer à briller éternellement, dans un contexte général très défavorable. Comment voulez-vous, par exemple, maintenir la qualité des lauréats, quand le niveau des bacheliers se dégrade de plus en plus chaque année?, comment peut-on attendre d’une personne qu’elle continue à donner avec le même enthousiasme, en l’absence de toute forme de motivation ?, comment voulez-vous qu’un enseignant, même excellent au départ, puisse améliorer, ou ne serait-ce que maintenir son niveau, en l’absence de recherche scientifique digne de ce nom, et d’une vraie politique de formation continue ?

Savez-vous, par exemple, combien des moyens colossaux accordés par l’Etat marocain, dans le cadre du fameux « plan d’urgence » pour la rubrique « formation continue des enseignants », ont réellement été utilisés à cette fin ?

Ce n’est donc pas faute de volonté politique, encore une fois, c’est la faute à l’évaluation …

Prof. Farid ZERROUQ
Université SMBA - Fès


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