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Abdelkarim Chankou - publié le Vendredi 13 Juin à 08:36

Le miracle marocain




Abdelkarim Chankou : Lorsque je lis ce qui s'écrit ou j'entends ce qui se décrit sur la vie politique au Maroc je ne puis ne pas sourire. Un sourire jaune. Parfois je me sens soudainement las. Très las. Avec une folle envie de me jeter au fond d'un puits. Un demi-siècle que dure cette pantalonnade au pays du seroual. Presque une vie. Et pourtant la comédie continue. Un spectacle aux entractes sans limites et payant. Mais c'est le pays qui passe à la caisse oh ! pardon à la casse.



Les Marocains qui ne sont pas tous des centraliens de Paris ni de Derb Omar (là où siège une vénérable centrale syndicale) encore moins des pontistes ou des pontes- c'est selon- assistent à l'insu de leur plein gré à cette « seroualonnade », une farce dont ils sont les dindons. Des députés faisant semblant de bosser avec tout le sérieux du monde, simulant parfois des tirades quitte à en venir aux mains, si nécessaire.

Le cirque avait dit feu Hassan II en regardant un jour une de ces scènes d'ébats parlementaires. Des élites pérorer inlassablement comme des perroquets en débitant des idées périmées, essorés, élimées jusqu'à la corde sans en rougir. Des piliers de comptoir tirés à quatre épingles répétant les mêmes gestes, prisonniers des mêmes tics, picorer dans les mêmes assiettes, toujours l'air important.

Les mêmes phrases mâchonnées les mêmes clichés ressortis. Du genre « le Maroc est en danger », « il faut réhabiliter la politique », « Il rajeunir la classe politique », « il faut supprimer la caisse de compensation », « il faut instituer le bipartisme », « il faut rendre obligatoire le vote », « il faut légaliser la vente du haschich », « il faut dévaluer le dirham », « il faut instaurer le système d'un Smig régional », « il faut réformer la constitution » etc. En bref, les mêmes rengaines et les mêmes refrains ? A en crever.

Quand la politique s'efforce de ressembler à ce point à une religion, elle devient forcément messianique. Et dans une société qui n'a pas encore effacé complètement ses origines chiites, le messie ne peut pas être n'importe qui. Il doit être obligatoirement un homme dont la tête est entourée du halo de la sainteté. Or les saints au Maroc sont tous morts sauf deux agonisants. Et comme la nature a horreur du vide et que les élites et les leaders de la classe politique classique n'ont pas le profil requis, le messie attendu se voit contraint de se déguiser. Mais pas sous n'importe quelle peau.

L'essentiel c'est que le sauveur soit là et que tout danger soit désormais passé. Le miracle marocain.

C'est cela et ça ne tient d'aucune stratégie concoctée par un quelconque think thank de sommités ni d'une feuille de route achetée à un de ces grands cabinets à coups de millions dirhams.

Le miracle -ou la spécificité marocain(e) c'est qu'au Maroc le discours politique si sophistiqué soit-il ne semble jamais rassembler que des opportunistes ou des pique-assiettes dont d'anciens rêveurs que le tintamarre de dirham sonnant et trébuchant aura réveillé tardivement.

Au Maroc seules quatre valeurs rassemblent vraiment : la monarchie, la religion, la patrie et la fête. S'agissant de cette dernière valeur ; il faut savoir qu'un bon couscous vaut souvent mille discours. Et c'est bien ainsi.



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