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Abdelaziz Mouride - eMarrakech - publié le Jeudi 11 Septembre à 15:08

Le jeune blogueur condamné




Deux affaires secouent l’opinion publique marocaine en ce mois de ramadan, rappelant à son souvenir, non sans quelque dépit, que malgré tous les discours, notre pays n’est pas encore sorti de l’auberge, s’agissant du respect des libertés publiques comme celui de la dignité humaine. Il s’agit de la condamnation du jeune blogueur Mohamed Raji à deux ans de prison pour « manquement du respect dû au roi », en fait pour s’être exprimer librement sur ce qu’il considère comme une culture de l’assistanat que le roi encouragerait, et bien sûr de la fatoua du fquih autorisant volontiers le mariage des filles à l’âge de neuf ans.



La justice  dans notre pays étant ce qu’elle est -on rappelle  que le roi lui-même en a dénoncé les tares à maintes reprises-  il serait naïf de s’étonner qu’elle fasse encore des siennes dans l’affaire du  jeune Raji. Il faut bien se le dire :  La justice au Maroc n’arrive pas encore, malgré tous les appels à la réforme,  à se concevoir en dehors de ce qu’elle a été depuis des siècles : un instrument qui procède du fait du Prince, dont la fonction essentielle, malgré le Prince lui-même parfois,  est d’être à son service et rien qu’à son service. Il suffit de se rappeler le nombre de procès qui ont eu lieu durant ces dix dernières années pour offense au roi, pour se rendre compte de la  distance qui sépare la réalité de notre pays des discours sur la liberté d’expression et de l’Etat de droit.

Entendons-nous bien : Le devoir de respect dû à la personne du roi est  incontestable. L’insulte, le dénigrement, l’atteinte à sa vie privée est condamnable, et il n’y a rien de scandaleux à ce que la justice s’en mêle.  Ce qui est scandaleux par contre,   c’est  l’emballement, le zèle que manifeste la justice à chacune de ces occasions,  au point de ne plus s’embarrasser de la procédure légale ou des droits des accusés dont elle est tenue de respecter .  Ce qui est scandaleux également, c’est la  confusion  délibérée des genre dont elle fait preuve à chaque fois,  entre atteinte à la personne du roi- ce qui est condamnable-  et critique de la politique partielle ou totale du roi,  ce qui est du domaine du droit des citoyens. 

C’est le cas de ce jeune blogueur condamné, dans la précipitation et en dehors de toute procédure légale, sans la présence d’un avocat qui plus est,  à deux ans de prison, pour avoir émis une opinion personnelle sur un aspect de la politique  du roi.

Et puis il y a ce fquif apprenti sorcier qui  ne s’embarrasse pas d’inciter ouvertement ses ouailles à la pédophilie, en la faisant passer sous des oripeaux de la religiosité.  Là aussi, l’étonnement est pour le moins superflu s’agissant de ce genre de discours devenu malheureusement banal grâce aux satellitaires des oligarchies pétrolières d’Arabie et d’ailleurs. Ce qui étonne et scandalise, ce qui est triste,  c’est le silence du gouvernement à ce sujet, et notamment du ministère des Affaires religieuses,  et le peu d’empressement de la justice dans ce cas, à s’en prendre au mufti autoproclamé.

Il est indéniable que le Maroc, sous la férule du jeune roi, a fait des efforts appréciables en matière de libertés publiques comme en matière des droits de l’homme malgré que ces efforts soient occasionnellement ternis par  des nostalgiques zélés de la trique et du bâillon. Faut-il rappeler à l’occasion,  ce qui s’est passé dernièrement à Sidi Ifni ?

Ces efforts risquent cependant, de s’annuler, d’être avalés par le trou noir que représente la justice marocaine telle qu’elle est conçue et pratiquée jusqu’à présent .

La valeur de symbole que représente le roi est un fait indéniable, ne serait-ce qu’en raison de sa grande popularité auprès des citoyens, un paramètre que d’aucuns ont tendance à oublier. Mais  le roi est également un homme public et un responsable politique qui préside de manière directe à la destinée de note pays  et de notre avenir en tant que citoyens  contribuables  faut-il le rappeler.

A ce titre, les dits citoyens sont en droit non seulement d’avoir leur mot à dire sur sa politique, mais également de demander des comptes sur leur argent. Sinon à quoi sert la démocratie, la liberté d’expression.

De ce fait, s’il y a des gens à qui on se devrait de  mettre le holà dans ce pays, ce ne sont certainement pas ces Mohamed Raji dont il faudrait s’attendre la multiplication à l’avenir -le Marocain d’aujourd’hui n’étant plus ce qu’il était  dans les années 60- mais bel et bien à ces zélateurs à la petite semaine, capables de mettre le feu à tout le pays s’il le faut,  rien que pour  gagner les faveurs du pouvoir. 

En vérité s’il y a un coupable de non respect dû au roi, c’est en la personne de ces néandertaliens qu’il faudrait le chercher. Y compris ce fquih pédophile qui essaie de tirer les honnête gens vers le bas. Mais certainement pas Mohamed Raji qui entend exercer son droit de citoyenneté.



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