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Kamal Znidar - publié le Lundi 20 Janvier à 12:01

Le harcèlement sexuel, un problème de culture






Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou des comportements à connotation sexuelle ou ayant pour but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle. Il est un acte immoral qui incite explicitement ou implicitement la personne harcelée à la débauche. Et cette incitation à la débauche est un outrage public à la pudeur que les lois marocaines, précisément l'article 483 du code pénal marocain, sanctionnent par l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams.
Un projet de loi élaboré dernièrement par le ministère de la Solidarité, de la Femme et du Développement social, en collaboration avec le ministère de la Justice et des Libertés définit le harcèlement sexuel en tant qu'acte importun à l'encontre d'un tiers dans les espaces publics à travers des actes, des propos ou des gestes à caractère sexuel ou dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle.

En cas d'acceptation de ce projet de loi par le Parlement, les personnes coupables d'harcèlement sexuel seraient sanctionnées par l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 1.000 à 3.000 dirhams. Cette peine pourrait être doublée si le délit est commis par un collègue dans le cadre professionnel ou par des personnes chargées de veiller à l'ordre ou à la sûreté dans les espaces publics.

Notons qu'en ce qui concerne le harcèlement sexuel dans l'administration public, l'article 503-1 du code pénal marocain stipule qu'il est coupable d'harcèlement sexuel et puni de l'emprisonnement d'un an à deux ans et d'une amende de 5.000 à 50.000 dirhams, quiconque, en abusant de l'autorité qui lui confère ses fonctions, harcèle autrui en usant d'ordres, de menaces, de contraintes ou de tout autre moyen, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle.

Malheureusement, au Maroc, il y'a des personnes qui se situent au-dessus des lois, des personnes quoi qu'elles fassent personne ne va les arrêter. Cette impunité encourage la perversité sexuelle. Elle offre aux pervers sexuels la liberté d'agir comme ils veulent dans nos administrations et fait de ce monde professionnel l'eldorado de ces pervers sexuels qui exploitent leur pouvoir pour assouvir leur soif de chair.

A coté de cette impunité, la culture machiste est une autre cause qui encourage la perversité sexuelle et ce qu'elle produit comme harcèlement sexuel. Deux phénomènes qui font des ravages de notre monde et presque partout aux mondes arabo-musulmans, les deux sont le produit d'une culture qui conçoit la femme comme un être inférieur qui ne sert qu'aux tâches ménagères, l'éducation des enfants et l'exploitation sexuelle.

Cette culture machiste n'éduque pas l'enfant de sexe masculin à concevoir la femme comme une amie, une sœur, une humaine digne de son amour et son respect, mais l'éduque à voir la femme comme un être qui ne sert qu'à être sa bonne ou son esclave sexuelle. A force de s'abreuver de cette culture, les patterns comportementaux de cet enfant se programment à concevoir la femme comme 'awra ou source de jouissance charnelle, ce qui fait de lui un pervers sexuel qui pense machinalement au plaisir de chair dès qu'il se trouve en présence d'une femme ou d'un ensemble de femmes.

Les femmes qui grandissent dans ces sociétés machistes jusqu'aux os n'ont pas intérêt à se déplacer seules et doivent être tout le temps accompagnées d'un mahrem (papa, frère, grand-père, oncle, ou mari) qui va assurer leur protection. Voilées ou pas, belles ou moches, sexy ou non, elles vont être partout harcelées voire même violées par ces prédateurs prêts à bondir sur toute proie qui bouge.

Dans ces mondes des obsédés de chair qui ne font pas de distinction entre une femme adulte et une gamine de 9 ans, la femme n'a pas intérêt de se trouver seule dans les milieux fréquentés par les hommes. Pour sa sécurité, la mixité doit lui être interdite et des espaces privés doivent lui être créés. L'imamat, la direction de la prière, est une mission qui ne doit pas lui être attribuée… si on lui accorde cette fonction, il ne faut pas s'étonner de voir les mosquées cesser d'être "lieux d'adoration" et devenir "espaces masturbation".

Dans ces sociétés machistes jusqu'aux os, un changement de lois seul ne suffit pas. Ce changement de lois n'aura aucun sens s'il ne s'accompagne pas d'un changement de culture. Dans ces usines de fabrication des obsédés de chair, une révolution culturelle et une inversion de la culture machiste, ses clichés et ses stéréotypes, s'imposent si on veut voir l'homme et la femme vivre en paix et coopérer harmonieusement pour réaliser l'ascension humanitaire.



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