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Talal Mohamed Yassine - publié le Mardi 7 Juillet à 12:21

Le gouvernement Benkirane : le défit d'un deuxième mandat !






L’exception marocaine est une réalité qui a marqué l’histoire de notre royaume depuis des siècles, ce royaume qui a été toujours une nation libre, indépendante incarnant le model d’une grande nation considérée comme la locomotive régionale du développement culturel, social, politique et économique. Cette nation qui a pu se trouver l’image d’un état politiquement leader influençant même son environnement géopolitique.

Le Maroc a toujours su garder le statut d’un grand d’état caractérisé par une gouvernance politiquement équilibré , cette grandeur n’est que le fruit d’une lutte féroce contre une multitudes de dangers internes et externes, c’est une nation d’ailleurs qui a été gouverné toujours par elle-même , par des sultans qui appartenaient aux différentes dynasties choisies par le peuple , ces sultans usant de leur légitimité religieuse ont su depuis des décennies faire régner une stabilité sociale ayant un esprit de divergence et de tolérance. Aujourd’hui le royaume est encore face à un nouveau défit qui consiste à consolider l’acquis de cette stabilité acquise depuis des décennies, et ce afin de bâtir les piliers d’une solide et nouvelle démocratie capable d’accompagner les différents changements géopolitiques et pouvoir préparer la base d’une croissance socio-économique durable . Cette expérience acquise depuis des siècles , n’est que le fruit d’une union solide et unique en son genre entre une monarchie qui était toujours forte et ressemblante, et un peuple persévérant usant de sa volonté et son nationalisme en luttant des années et des années pour sauvegarder la grandeur de notre nation. Après plusieurs constitutions marquant l’après indépendance du royaume à savoir , celles de 1962,1970 ,1972, 1992 et 1996 , on est aujourd’hui devant une nouvelle loi fondamentale qui marquera à jamais l’histoire contemporaine de la démocratie marocaine, ce texte constitutionnel voté via un referendum populaire direct en juillet 2011 , a été tout d’abord le fruit d’un contexte régionale complexe et très agité , dénommé le printemps arabe , ce printemps que les peuples arabes attendaient depuis longtemps a pu naitre un sentiment de liberté et de nationalisme qu’on cherchait depuis plusieurs générations , un sentiment qui émane du fonds de toute une jeunesse souhaitant une vie meilleur et un avenir certain. Pour la première fois au Maroc on s’est trouvé face à une constitution incarnant un pacte social entre le peuple marocain et ses institutions, on a délaissé un système constitutionnel monocéphale, pour une nouvelle institution royale ayant le courage et le flaire politique de reformer et partager le pouvoir. Ce système qui a permis l’existence d’un deuxième pouvoir exécutif dirigé par un nouveau chef de gouvernement nommé par le roi et qui appartient au parti politique ayant le plus grand nombre des sièges au sein de la première chambre au parlement.

Cette expérience démocratique n’aurait jamais vu le jour sans la volonté et l’ouverture d’esprit du roi Mohamed VI , qui a été un vrai visionnaire en prenant l’initiative politique d’une réforme constitutionnelle gérée d’une manière fluide et intelligente et ce via son discours royal du 9 mars 2011, cette initiative a permis au Maroc de garantir une transition constitutionnelle permettant la mise en ouvre d’un nouveau système constitutionnel démocratique reflétant l’état des institutions et caractérisé par un pouvoir exécutif bicéphale et le bicaméralisme de son parlement.

L’expérience politique marocaine est tellement exceptionnelle au degré qu’elle a pu éviter au Maroc un printemps arabe qui s’est transformé dans plusieurs pays en hiver , générant un environnement d’anarchie avec lequel l’état n’exista plus , l’absence de la puissance publique et l’état de droit a fait régner un sentiment d’insécurité et d’instabilité politique . L’expérience marocaine constitue aujourd’hui un exemple tangible, vif et concret qu’on considère comme une véritable leçon politique et démocratique. Hélas la réussite de cette transition première en son genre, nécessite beaucoup de patience et de persévérance de la part des différents acteurs politiques marocains.

Aujourd’hui âpres trois ans d’exercice de pouvoir , on peut déduire que le roi, chef de l’état et son chef de gouvernement ont pu réussir à merveille cette transition , en garantissant une parfaite homogénéité dans la prise des décisions et dans la gouvernance du pays , et ce principalement lors des réflexions sur les grandes réformes de l’état, on pourra dire même que les deux institutions ont pu trouver facilement les canaux de communication nécessaires pour mener à bien ce Grand chantier constitutionnel , certes au début on assistait à une situation difficile vu le contexte nationale et régionale qui a mené un parti politique qui n’a jamais exercé le pouvoir à la tète d’un gouvernement et une institution royale qui entrait dans une nouvelle expérience avec un nouveau parti tellement différent des autres.

La constitution de 2011 a été vraiment un tournant démocratique important au Maroc , mais le plus difficile est de comprendre le degré de complexité de sa mise en place, surtout si on est devant une environnement politique dont les partis ont des problèmes d’organisation liés à la recherche de nouvelles mécanismes démocratiques internes à savoir l’USFP et l’Istiqlal.
la mise en place des différentes lois organiques capables de concrétiser réellement sur le terrain cette constitution , nécessite une majorité forte et une opposition capable de lever le niveau et la qualité des débats, soit au sein des commissions parlementaires ou bien à travers l’encadrement de la population civile , afin de rendre ces débats populaires et réactifs . Ces partis devraient aussi garantir aux militants la formation et l’encadrement nécessaire afin qu’ils puissent constituer une élite politique capable d’enrichir la force de proposition et la culture démocratique.

S’agissant d’un contexte difficile et d’un mondât législatif précédé par une nouvelle constitution, le gouvernement benkirane a pu présenter un ambitieux programme gouvernemental et fourni des efforts extraordinaires afin de mettre en marche la loi fondamentale du royaume via la mise en place des principaux lois organiques telles que celles relatives au grand chantier de la régionalisation.

L’année 2015 sera sans doute l’année de vérité pour le gouvernement marocain mené par le PJD , cette année devrait être l’année des grandes réformes , principalement celle relative aux retraites , qui constitue un défit majeur pour l’actuelle majorité , cette reforme qui nécessite une cohésion sociale et des acteurs capables de comprendre la situation catastrophique de cette problématique en privilégiant le haut intérêt de la nation , les syndicat aussi devront délaisser les calculs politiques et participer sérieusement dans les débats liés à la réforme afin qu’ils soient au niveau de ce rendez vous nationale. La reforme des caisses de retraite est inévitablement le chantier politique, sociale et économique le plus urgent à mettre en place, ce chantier qui pourra faire sortir les finances publiques d’une situation dangereuse qui risquera de déstabiliser la situation macroéconomique de l’état, le défit de cette réforme permettra une continuité d’une cohésion sociale pérenne et la mise en place d’un système capable de nous garantir une retraite digne des années de travail effectuées.

Le gouvernement se trouve aussi dans l’obligation d’entamer la réforme en matière des finances publiques et ce , en réfléchissant à une solution afin d’équilibrer notre caisse de compensation qui ne cesse de se dégrader et surtout que le Maroc reste parmi les pays les plus pauvre en matière de ressources pétrolières , la stratégie de compensation des prix qui a été adoptée par le gouvernement reste une étape importante malgré qu’elle n’est qu’une action à court terme, le gouvernement vu sa notoriété et sa base populaire pourra prendre de grandes et courageuses décisions en profitant de l’occasion pour faire passer des vraies réformes capables de fiabiliser et pérenniser la situation des finances publiques.

Une autre bataille attend la majorité à savoir sa capacité de mettre en œuvre la réforme judiciaire qui va permettre au Maroc de garantir l’autonomie et l’indépendance de son pouvoir judiciaire. La réforme a été parmi les priorités de cette nouvelle constitution en mettant en œuvre les projets de lois capables de transformer la loi fondamentale en lois organiques et de réformer les différents organes de l’institution judiciaire. Cette action sera sans doute un important chantier visant à rendre à notre système judiciaire la confiance des justiciables. Reste à trancher dans plusieurs sujets notamment la relation qui devrait lier l’exécutif à la magistrature assise.

Cette année politique sera marquée aussi par le chantier des élections communales qui constitue un défit pour les différents partis politiques, ces élections seront le vrai défit politique capable de nous donner le vrai visage de la mise en place de la constitution de 2011. Ces élections vont mesurer aussi le degré d’intéressement des citoyens marocains à la vie politique. La majorité et l’opposition essayeront de s’accaparer les voix des citoyens afin de gagner ces élections qui sont tellement important , surtout que les élus vont avoir l’occasion de servir les populations localement et de préparer le grand chantier des élections législatives fin 2016. Ces élections devraient refléter l’esprit de la nouvelle constitution en matière de transparence et de clarté , le chef de gouvernement devrait montrer que c’est lui en premier lieu qui assume la responsabilité politique de l’organisation des ces élections , néanmoins beaucoup de textes devraient voire le jour afin de démarrer ce processus démocratique , le travail du chef du gouvernement nécessitera une collaboration de la part des parlementaires ainsi que des services du ministère de l’intérieur afin de voter et mettre en place la loi relative à la régionalisation au Maroc.

Un autre chantier qui n’est pas prévu dans l’agenda du gouvernement pour cette année mais qui devrait être démarré par l’exécutif et le législatif, à savoir la reforme fiscale qui est normalement la clé de la réussite de l’économie marocaine. L’exécutif via son ministère des finances devrait penser à une réforme fiscale capable d’accélérer la croissance du pays tout en gardant un équilibre permettant d’encourager le commerce et l’industrie et de partager les richesses d’une manière équitable. L’état devrait créer une nouvelle relation basée sur la confiance via a vis des contribuables, ces derniers ont le droit de sentir et de voir l’utilité concrète de leurs contributions fiscales. La réforme fiscale devrait toucher des niches qui peuvent générer des ressources importantes dans les caisses de l’état.

Ayant la confiance du roi et le soutien du peuple, le gouvernement actuel se considère comme étant le seul gouvernement à travers l’histoire du Maroc ayant l’accès au pouvoir via des élections démocratiques et transparentes, ce qui lui donne la légitimité politique et démocratique afin de mener les grandes réformes, tout en sachant que ces dernières peuvent avoir de négatives retombées sur la popularité de la majorité lors des prochaines échéances communales et législatives. Les marocains ont aujourd’hui une grande maturité et ont compris que l’actuel gouvernement est parti pour un long chemin de réformes et de développement, donnant au parti en tète (PJD) une confiance rare et sûr avec laquelle il pourra espérer rester en pouvoir pour un deuxième mondât électorale, reste à voir comment vont être constituées les coalitions de 2017.



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