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Abubakr Al-Shamahi - publié le Lundi 15 Avril à 01:05

Le dialogue national au Yémen, un moyen de résoudre les problèmes du pays






Le dialogue national au Yémen, un moyen de résoudre les problèmes du pays
Londres – La Conférence sur le dialogue national au Yémen, qui a commencé le 18 mars, est l'occasion d'examiner et résoudre bien des problèmes que le pays rencontre en tant que nation. Néanmoins, la conférence vise avant tout à convaincre les sudistes que leur avenir repose sur l'unité du pays.

Si le gouvernement yéménite souhaite conserver un état unifié, il doit prendre les mesures nécessaires pour que les populations du Sud se sentent appartenir à un pays qui leur offre l'égalité des chances. Bref, les habitants du Sud doivent être convaincus que l'unité du pays, plutôt que sa séparation, leur offrira un avenir meilleur.

L'unité au Yémen est loin d'être parfaite, mais y mettre fin serait un véritable désastre. D'une part, des familles seraient brisées et déracinées. D'autre part, l'instabilité provoquée par la séparation d'un état souverain ferait inévitablement naître le conflit et entraverait le développement, aussi bien dans le Nord que dans le Sud.

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Jamal Benomar, s'est montré optimiste et a déclaré que le dialogue national allait être « un événement historique ». En effet, le gouvernement yéménite a tenté de négocier avec le parti al-Hirak, qui est le mouvement séparatiste du Sud. De leur côté, et pour l'heure, les dirigeants d'al-Hirak ont cessé les actes de violence, en affirmant qu'ils resteraient pacifiques. Le président Abdrabuh Mansour Hadi Mansour, lui-même originaire du Sud, a rencontré de nombreux représentants du parti sudiste au début du mois de mars, afin de les inciter à prendre part à la Conférence sur le dialogue national qui s'est tenue à Dubaï. Un représentant a décrit la rencontre comme étant « positive », et a ajouté que « toutes les questions avaient été abordées ».

Ces faits montrent que le dialogue national est l'occasion idéale d'essayer de parvenir à un accord sur des questions qui menacent de diviser le pays.

Cependant, Ali Salem al-Beidh, un membre d'al-Hirak, et proche de l'ancien président du Sud, s'est empressé de relativiser l'espoir d'une réconciliation, en affirmant : « le dialogue que nous souhaitons est entre deux camps, le Nord et le Sud, et il concerne la séparation ».

Cette réticence envers l'unité nationale ne doit pas mettre à mal l'occasion qui se présente. Mais, pour que l’unification réussisse, il est nécessaire de dépasser le stade du dialogue. Les souffrances dont le Sud se plaint légitimement doivent être examinés et le gouvernement doit y remédier.

Ces torts sont, pour la plupart, la conséquence de la guerre civile de 1994. Certains habitants du Nord, dont de nombreux membres de l'élite, avaient pris part à un pillage à grande échelle en s'emparant de terres lorsque l'armée progressait dans le Sud à la fin de la guerre. Des membres des services civil et militaire ont été forcés de prendre une retraite anticipée et ont dû se contenter de pensions dérisoires, et ce dans le meilleur des cas. Certains de ces individus, privés de leurs droits, ont plus tard fondé le mouvement al-Hirak.

Si le gouvernement veut réparer ces injustices, il est nécessaire qu'il entreprenne de véritables enquêtes, et que ces dernières tiennent compte des disputes nées de la guerre civile au sujet des terres. Les individus qui ont perdu leur emploi sans raison au lendemain de la guerre doivent être indemnisés. Des mesures ont été annoncées à ce sujet par le gouvernement au cours des derniers mois, ce qui montre qu'il ne faut pas perdre l'espoir.

Le gouvernement doit travailler à un objectif tant réclamé, à savoir un état démocratique, capable de convaincre ses habitants qu'ils ont leur mot à dire sur la manière dont le pays est gouverné, et qu'ils ne sont pas de simples témoins de la lutte entre les membres de l’élite en vue du pouvoir.

Un état fédéral – au pouvoir décentralisé et au peuple émancipé – est la solution idéale. Le gouvernement et les organisateurs du Dialogue national affirment tenir compte de toutes les possibilités, et le fédéralisme s'impose de plus en plus le comme étant meilleur moyen de rendre la souveraineté aux différentes régions du Yémen.

A la fin du mois de février, 17 militants d'al-Hirak ont été tués, ce qui a renforcé les tensions dans le Sud du pays, appelant même à une révolte à grande échelle contre les lois de la Sanaa. La décision du président de déclarer les victimes des martyrs et d'offrir une indemnisation à leurs familles devrait être appréciée par le Sud. Il s'agit en effet d'une reconnaissance tacite du droit à la manifestation, et de l'erreur du gouvernement. Toutefois, à moins que ces initiatives ne soient soutenues par la volonté de sanctionner les responsables, les actions du président Hadi risquent d'être perçues comme des gestes sans consistance.

Il est important de ne pas considérer le Dialogue national comme la solution à tous les problèmes du Yémen. Si cela arrive, il se peut simplement que la Conférence ne réponde pas aux attentes qu'on place en elle. Ce que la Conférence peut, en revanche, c'est être un premier pas vers l'unité, offrant au pays le chemin vers un avenir meilleur.

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* Abubakr al-Shamahi est un journaliste indépendant britannique et yéménite et le rédacteur en chef de CommentMidEast.com. Article écrit pour Service de presse de Common Ground (CGNews).



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