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AMI - Lemag - publié le Samedi 15 Mars à 12:13

Le congrès US accuse la CIA de torture



Washington - Habituée à manoeuvrer dans l'ombre, la CIA est sous le feu des critiques d'élus du Congrès qui lui reprochent d'avoir tenté de saborder un rapport sur les méthodes d'interrogatoire musclées de l'ère Bush, un chapitre de son histoire que l'agence veut refermer.



Logo de la CIA
Logo de la CIA
Sur un ton outré, la présidente de la commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein a fustigé cette semaine l'agence qui aurait, selon elle, violé la Constitution en fouillant des ordinateurs utilisés par des enquêteurs parlementaires chargés de faire la lumière sur ces techniques employées par la CIA entre 2002 et 2006, sous le mandat de George W. Bush, et notamment la simulation de noyade.

Pire, elle a aussi accusé l'agence d'avoir supprimé des documents compromettants en accédant sans autorisation à ces ordinateurs.

La CIA n'espionnait pas, d'aucune façon, la commission du Renseignement", s'est aussitôt défendu John Brennan, le patron de l'agence.

L'affaire remonte à plusieurs années, lorsque les enquêteurs du Sénat travaillaient à l'aide de documents fournis par la CIA. Au total, 6,2 millions de pages ont été transmises, un travail de fourmi pour la commission, qui pouvait enregistrer certains documents cruciaux sur un réseau informatique dédié auquel la CIA ne pouvait pas accéder, en vertu d'un accord conclu par écrit.

Mais en 2010, en deux fois, environ 920 pages de documents ont disparu des dossiers. Après avoir nié, la CIA avait finalement reconnu que certains de ses employés étaient responsables et promis de ne plus recommencer.

Pourtant, en janvier dernier, John Brennan a informé la commission que la CIA avait à nouveau "fouillé" les ordinateurs, en janvier, selon Dianne Feinstein, contrairement aux promesses de l'exécutif.

La commission a approuvé à huis clos en décembre 2012 un rapport dévastateur, surnommé le "rapport sur la torture".

Il conclut que ces techniques avaient été de "terribles erreurs", et n'avaient pas permis en elles-mêmes de retrouver la trace d'Oussama ben Laden.

Ce rapport pourrait être partiellement déclassifié ce mois-ci, après l'aval de la Maison Blanche, selon Dianne Feinstein.

"Apprendre du passé"

Mais ces échanges verbaux entre Mme Feinstein et l'agence illustrent pour certains la crispation de la CIA.

"Je suis de plus en plus persuadé que la CIA a tout simplement peur que le rapport sur les techniques d'interrogatoire soit rendu public mais je pense que les Américains doivent prendre connaissance de ces informations", a estimé le sénateur Ron Wyden, membre de la commission du Renseignement.

Le président Obama a dit être en faveur de la publication du rapport.

Mais Paul Pillar, un ancien agent de la CIA, doute que le document, fort de 6.300 pages, puisse faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre à l'heure de juger de l'efficacité de la torture dans la prévention d'attentats.

"Je pense que nous avons assez de détails comme ça pour pouvoir mener un débat sain", a-t-il dit à l'AFP.

Pour autant, John Brennan assure que son agence saluerait la publication du rapport, car elle permettrait à la CIA de surmonter le passé.

"Nous voulons apprendre du passé, ce que nous avons déjà fait en plus d'un certain nombre d'examens internes, mais je me réjouis à l'idée de pouvoir refermer ce chapitre de l'histoire de la CIA", a-t-il expliqué.

Et pour les voix les plus critiques, la seule façon d'empêcher l'histoire de se répéter et voir des abus se reproduire est de lever le voile de secret qui entoure ces méthodes et d'initier un débat public.

"La CIA dit qu'elle veut tourner la page de ce chapitre qui n'a pas encore été rendu public. Mais on ne peut pas tourner une page avant de l'avoir lue", a jugé dans le quotidien Politico Tim Weiner, auteur de "Legacy of Ashes" (Des cendres en héritage), une histoire de la CIA.

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