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Abdelhak RIKI - publié le Vendredi 19 Février à 12:02

Le chiffre de 6% est magique au Maroc




Le chiffre de 6% est magique au Maroc. C’est entre autres le taux de croissance nécessaire et souhaitable sur un long cycle pour absorber le chômage des jeunes et mettre sur le rail l’économie marocaine et aspirer à faire accéder la nation au club des pays émergents (BRICS). C’est aussi le taux de chômage idéal pour un plein emploi des ressources.



Abdelhak RIKI
Abdelhak RIKI
Le chiffre de 6% est magique au Maroc. C’est entre autres le taux de croissance nécessaire et souhaitable sur un long cycle pour absorber le chômage des jeunes et mettre sur le rail l’économie marocaine et aspirer à faire accéder la nation au club des pays émergents (BRICS). C’est aussi le taux de chômage idéal pour un plein emploi des ressources.

Au Maroc, selon les statistiques officielles de Bank Al Maghreb, la variation du produit intérieur brut a été de 3,8% en 2010; 5,2% en 2011 ; 3% en 2012 ; 4,7% en 2013. Elle est estimée à 2,4% en 2014… Un taux en dents de scie, loin d’un trend haussier et du chiffre magique de 6%.

Le taux de chômage stagne depuis des années dans une fourchette comprise entre 9 et 10%, avec une accentuation en milieu urbain (14%) et surtout chez les jeunes avec 19,2% pour les 15 à 24 ans et de 14,5% chez les 25 à 34 ans… Là aussi on est loin du taux de chômage magique de 6%.

Le modèle économique marocain actuel n’est pas de nature à créer les emplois et absorber le chômage qui demeure l’une des principales préoccupations des familles et des jeunes. C’est ce qui ressort du dernier sondage sur la qualité de vie, effectué en 2015 par le Haut Commissariat au Plan, dont les déterminants sont le logement (60% des Marocains), le revenu (45%), l’emploi (43%), la santé (32%) et l’éducation (24%)…

Dans d’autres enquêtes ciblant les jeunes, il ressort que la préoccupation majeure de ceux et celles qui feront le Maroc de demain  est à 96% l’emploi et… l’égalité des chances.

Donc, projeter le Maroc vers une croissance durable de 6%; capable de créer chaque année 300 000 emplois et d’absorber les chômeurs actuels (1.114.000) et les nouveaux arrivants, chaque année, sur le marché du travail (180 000) ; doit être la préoccupation principale des acteurs politiques et économiques, surtout les partis politiques, dont la constitution de 2011 précise à l’article 7, qu’ils «… concourent à l’expression de la volonté des électeurs et participent à l’exercice du pouvoir… ».

Malheureusement, en ces jours-ci, c’est un autre taux de 6% qui risque d’accaparer le débat et les tiraillements entre partis politiques… Ce n’est pas les 6% de croissance du PIB ni le taux de chômage idéal pour le pays… Ce qui fait bouger les partis politiques à tel point que le chef de gouvernement les reçoit tous (en tout 33 partis politiques avec ou sans représentation parlementaire) c’est la barre de 6% représentant le seuil électoral au-delà duquel les votes des électeurs  permettent aux partis de participer au dépouillement et au partage des sièges.

Pour faire simple, un seuil électoral de 6% et au-delà permet de dégager une forte représentation politique (actuellement 8 grands partis, 4 au gouvernement – PJD, RNI, MP et PPS- et 4 dans l’opposition – PAM, PI, USFP et UC) ; en deçà de ce chiffre c’est la porte ouverte à un éparpillement de la représentation nationale sur plus d’une douzaine de partis (en 2007 on comptait 14 partis cumulant 96% des sièges alors qu’en 2011, ce sont 8 partis qui se répartissaient les 96% des sièges du Parlement)…

De ce qui précède, une première conclusion s’impose. La préoccupation des familles et des jeunes est l’absorption du chômage qui ne peut être réalisable qu’avec un taux de croissance annuel et durable de 6%. Le souci des politiques est la bataille pour baisser ou maintenir le seuil électorale de 6% qui, au fond, n’intéresse que les appareils de partis et ceux qui veulent à tout prix accéder au Parlement…

Sur cette question, le fossé est profond entre les politiques et les citoyens. À chacun ses préoccupations et ses priorités. Après, on vient disserter sur la perte d’espérance des jeunes et le faible taux de participation aux élections ainsi que le pessimisme ambiant pouvant ouvrir la porte à des choix imprévisibles…

Ce que les jeunes attendent des politiques c’est de présenter des programmes de réforme capables de les mobiliser et les impliquer dans le débat politique et sociétal, de réunir leurs instances et leurs experts pour trouver des solutions aux problèmes réels qui sont l’emploi, la répartition équitable des revenus, la santé, l’éducation, la justice et la bonne gouvernance…Quant aux questions électorales qui sont certes importantes mais pas prioritaires, le temps viendra de les aborder, en début d’un mandat gouvernemental et non pas à six mois des élections…

Toujours à propos de ce chiffre magique, il est à relever que le gouvernement actuel avait prévu d’atteindre un taux de chômage de 6% à l’horizon 2016. On se retrouve avec un taux de 10%. Là est le débat essentiel à quelques mois des élections législatives. Pourquoi avons-nous raté le cap. Que les composantes gouvernementales et celles de l’opposition éclairent notre lanterne. Et surtout qu’ils nous présentent des plans pour atteindre les 6% de croissance et 6% de chômage.

Un plan de sortie de crise s’impose. L’implication des partis politiques, des syndicats, des associations et autres institutions est indispensable dans l’élaboration de ce plan. La participation active des citoyens est primordiale. 

Les politiques, aujourd’hui,  ont une responsabilité lourde. Ils doivent être à l’écoute des citoyens et exprimer leurs volontés. Les jeunes regardent et guettent la moindre action des politiques. La confiance est encore là mais gare aux lendemains qui déçoivent.


Tagué : Abdelhak RIKI

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