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MAP - Lemag - publié le Vendredi 21 Février à 14:12

Le caricaturiste algérien Djamel Ghanem agressé par des inconnus



Alger - Djamel Ghanem, le caricaturiste algérien , qui risque une peine de 18 mois de prison ferme, pour un dessin sur Bouteflika, jamais publié, a été agressé, jeudi, par des inconnus dans la ville d'Oran, alors que Reporters sans frontières (RSF) venait de dénoncer "l'acharnement du parquet" contre lui.



Djamel Ghanem
Djamel Ghanem
Le caricaturiste, poursuivi pour un dessin jamais publié évoquant la maladie du président, a été attaqué par quatre individus qui lui auraient causé "une fracture de la jambe", en plus de contusions sur le corps, rapporte le quotidien El Watan dans sa version électronique.

Selon la même source, Djamel Ghanem, qui travaille actuellement dans un café, a été roué de coups sur la voie publique par des jeunes "portant des capuchons sur la tête", décrits par la victime comme "de vrais malabars".

"En se présentant au commissariat de son quartier pour déposer plainte, Djamel Ghanem a eu la mauvaise surprise de voir son téléphone confisquer par les policiers et son dépôt de plainte rejeté", relate El Watan.

Dans un communiqué rendu public mercredi, Reporters sans frontières a demandé "l'abandon des charges d'outrage au président de la République qui pèsent à son encontre", soulignant que le caricaturiste a affirmé que "les déclarations qui figurent dans les procès-verbaux d'audition devant le juge d'instruction du tribunal d'Oran lui ont été arrachées sous la pression".

L'organisation rappelle qu'"alors même que la partie civile avait demandé le dinar symbolique de dommages et intérêts", le parquet avait requis, le 12 février dernier, 18 mois de prison ferme et 30.000 DA d'amende (3.000 DH environ), lors de l'ouverture de ce procès devant le tribunal correctionnel de première instance d'Oran.

Djamel Ghanem est inculpé, depuis le 20 novembre dernier, sur la base d'une plainte de son ancien employeur, "d'abus de confiance, tentative de nuire à l'entreprise et atteinte à la personne du président".

Dans cette affaire décrite de "grave précédent dans les annales des atteintes à la liberté de la presse", on est face à deux versions. La direction du quotidien évoque un conflit avec son employé pour 7 années de salaires impayés, raison pour laquelle il a tenté de nuire au journal en essayant de faire passer à leur insu la caricature en question.

L'autre version des faits relaté par le concerné lui-même: "Nous étions deux caricaturistes. L'un travaillait pour la Voix de l'Oranie et l'autre pour Sawt El Gharb. Je me suis retrouvé à travailler seul pour les deux mais avec le même salaire. Nos tentatives de joindre la direction de ces deux quotidiens sont restées vaines".

L'affaire de Djamel Ghanem était intervenue dans la foulée de celle du jeune blogueur Abdelghani Aloui, placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre dernier, après la publication sur son compte Facebook, de photomontages et de caricatures du chef de l'Etat et du Premier ministre.

La défense du jeune Aloui avait exprimé l'intention de saisir la Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU et le Groupe de travail sur la détention arbitraire pour "condamner l'Algérie pour violation des droits de l'Homme et atteinte à la liberté d'expression".

Suite à la condamnation, en novembre dernier, d'un autre journaliste algérien, Rabah Benamghar, pour diffamation d'un élu local, Reporters sans frontières (RSF) avait souligné que ce jugement "constitue une menace importante pour la liberté de l'information", pressant les autorités à "réformer le texte portant sur le statut des journalistes".

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