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AFP - publié le Vendredi 2 Décembre à 10:19

Le business, fer de lance de la diplomatie marocaine en Afrique



Rabat - On appelle ça "la diplomatie des contrats": depuis l'annonce mi-juillet de son intention de réintégrer l'Union africaine (UA), le Maroc mise particulièrement sur la diplomatie économique pour rallier le maximum de soutiens à sa cause.



Mohammed VI a enchaîné ces derniers mois les voyages en Afrique: Rwanda, Tanzanie, Gabon, Sénégal, Ethiopie, Madagascar -où il a achevé jeudi une visite officielle d'une dizaine de jours-, et bientôt Nigeria et Zambie.

Chacun de ces déplacements, où le souverain est accompagné d'une cohorte de ministres, patrons et hommes d'affaires, a été marqué par la signature de nombreux accords commerciaux.

A Addis Abeba mi-novembre, sept accord bilatéraux ont été conclus, et surtout un méga-contrat de deux milliards d'euros sur la construction d'un complexe de production d'engrais agricoles destiné à rendre l'Ethiopie auto-suffisante en la matière à l'horizon 2025.

A Antananarivo, 22 conventions ont été annoncées, avec en point d'orgue un ambitieux projet de "valorisation" du canal naturel de Pangalane, qui s'étend sur 700 km le long de la côte est de Madagascar.

Autre chantier emblématique: la réhabilitation de la baie de Cocody à Abidjan, un chantier titanesque de plus de 150 millions d'euros, entamé en 2015 et qui devrait être achevée en 2019, alors que le Maroc est aujourd'hui le premier investisseur étranger en Côte d'Ivoire.

Cela fait une quinzaine d'années que le royaume a lancé sa "stratégie africaine" en s'appuyant principalement sur ses "champions nationaux" -les fleurons de son économie- dans les métiers de la banque, de l'assurance, des télécommunications, de l'industrie et de la construction immobilière.

"La vision marocaine consiste à faire de ces firmes nationales des véritables ambassadeurs en Afrique", explique Amine Dafir, professeur à l'Université Hassan II à Mohammedia et spécialiste de cette "diplomatie économique". Il s'agit, selon lui, de "l'émergence d'une diplomatie des contrats".

Jusqu'en 2016, Rabat ciblait essentiellement les pays francophones d'Afrique de l'ouest -sa sphère naturelle d'influence-, qui soutenaient sa position sur la question controversée du Sahara occidental (contrôlée par le Maroc et dont le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame l'indépendance).

Ces derniers mois, au rythme des tournées et discours royaux, et avec le retour au sein de l'UA en ligne de mire, le Maroc a élargi son action à tout le continent, opérant par exemple un rapprochement inédit avec des pays d'Afrique de l'Est, avec qui les relations ont toujours été distantes, voire tendues, en raison de leur reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) proclamée par le Polisario.

En première ligne de cette nouvelle diplomatie commerciale, des fleurons marocains du secteur privé qui comptent, pour certains, la holding de la famille royale marocaine, la Société nationale d'investissement (SNI), comme actionnaire.

Comme Attijariwafa bank, premier groupe bancaire du pays, qui, à coup d'investissements et d'acquisitions, est parvenu à s'implanter dans une dizaine de pays du continent, et dernièrement au Rwanda, où il a racheté la Compagnie générale de banque (Cogebanque).

Le Maroc s'appuie également sur ses entreprises publiques, comme l'Office chérifien des phosphates (OCP). L'OCP, l'un des principaux producteurs d'engrais au monde, prévoit d'investir 15 milliards de dollars (14 milliards d'euros) en Afrique dans les 15 prochaines années.

Le Maroc est devenu le deuxième investisseur africain sur le continent après l'Afrique du Sud. Selon un rapport du centre de réflexion marocain OCP Policy center, il a conclu avec les pays du sud du Sahara près de 500 accords de coopération depuis 2000. L'Afrique subsaharienne a représenté 62,9% des investissements directs étrangers marocains dans le monde (et à 41,6% dans le secteur bancaire).

Dans ses discours, le roi n'a de cesse d'expliquer à ses partenaires africains cette nouvelle stratégie de "coopération sud-sud", "solidaire", ou encore de "co-développement", avec en toile de fond une pincée de rhétorique anti-coloniale.

"Au cours de mes visites en Afrique ou à travers les projets que j'y initie, il ne s'agit nullement de donner des leçons; je propose plutôt que nous partagions nos expériences", expliquait tout récemment le souverain dans un entretien à la presse malgache.

Les convoitises des grandes puissances mondiales sur les ressources en Afrique sont désormais "mal perçues par les Africains", décrypte pour l'AFP Driss Grini, professeur à l'Université de Marrakech. "A l'opposé, les relations du Maroc avec les pays sub-sahariens sont bien vues, car régies par une vision d'intérêts communs selon une logique gagnant-gagnant".

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