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MAP - Abdelaziz Hayoun - publié le Mardi 30 Juin à 13:57

Le blanchiment des façades à la chaux, une tradition tétouansaise authentique au mois de Ramadan



Tétouan - Le blanchiment des façades à la chaux, le nettoyage des maisons et la peinture des murs, constituent des traditions authentiques ancestrales des tétouanais pour accueillir le mois sacré de Ramadan, véhiculant des connotations sociales, humaines et environnementales, restées inchangées au fil du temps.



Cette ancienne tradition n'est pas le propre des tétouanais mais également des douars avoisinants et des chefchaounais, pour lesquels les préparatifs pour le Ramadan restent incomplètes sans blanchiment des façades des maisons. Cette opération reflète ainsi l'attachement des familles à la propreté de leurs quartiers et de leurs villes et leur profond respect pour ce mois sacré et aux autres évènements religieux.

La chaux, l'un des signes de la ville de Tétouan dénommée "la colombe blanche", revêt une grande importance dans la mesure où elle favorise la fraicheur de l'air, la modération de la température et la lutte contre les insectes.

L'utilisation de la chaux par les tétouanais au détriment d'autres matières de peinture trouve son origine dans la richesse de la région en cette matière, notamment les zones de Ben Karrich, Amsa, Oued Laou, Bni Yeder et Zyaten, ainsi qu'au niveau de ses composants qui renforcent la solidité des murs, reflètent la lumière du soleil, et embellissent les édifices.

Les travaux de blanchiment sont réalisés par les femmes notamment à l'approche du mois sacré de Ramadan, et à l'occasion des fêtes de l'Aid al-Fitr et l'Aid Al Adha. Les femmes veillent également à aider leurs voisins ainsi que les personnes âgées dans la peinture de leurs maisons, consacrant ainsi les valeurs de solidarité sociale et d'entraide entre les habitants du même quartier. 

Cette tradition tétouanaise est adoptée également par certains établissements publics et des mausolées qui veillent chaque année à peindre à la chaux les façades et les murs de leurs édifices, à l'approche du mois sacré de Ramadan.

Pour des historiens tétouanais, la tradition du blanchiment de façades à la chaux durant les évènements religieux trouve ses racines dans la civilisation andalouse, qui a débuté avec l'inauguration de la ville de Tétouan pour être consacrée avec le temps, afin de préserver l'identité historique de la ville et son charme architectural.

Cependant cette tradition, qui persiste dans plusieurs quartiers populaires de la Médina de Tétouan et certains douars aux environs de la ville, n'est plus adoptée par les quartiers résidentiels modernes de la ville qui préfèrent recourir à d'autres couleurs dans la peinture de leurs édifices, au détriment de la couleur blanche, qui a constamment marqué la ville de Tétouan, dénommée "la colombe blanche" et réputée pour l'aspect andalou de sa médina, pour son style hispano-mauresque et sa diversité culturelle et artistique.

Bien que les coutumes et les traditions de la ville de Tétouan aient connu un certain changement, avec l'ouverture de la ville à d'autres cultures, la pratique du blanchiment de façades à la chaux revient en force durant ces dernières années avec le soutien de certaines associations qui accordent une attention particulière au patrimoine civilisationnel et aspirent à perpétuer cette pratique au niveau de tous les espaces de la ville.

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