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par Carla Haibi - CGNEWS - publié le Jeudi 5 Août à 11:39

Le Proche-Orient mérite mieux que la suite de Sex and the City






Beyrouth – Pour les fans de Sex and the City - une série télévisée et un film qui porte sur la vie de quatre femmes célibataires vivant à New York - le film de l’été Sex and the City 2 promettait mode, drôlerie, amitiés et plus encore. Les personnes qui ont assisté à la première, le 15 juillet dernier au Liban, ont trouvé que le film avait tenu ses promesses; à preuve les rires qui s’élevaient dans la salle.

Toutefois, malgré l’humour qui s’en dégage, j’ai trouvé qu’il suivait l’exemple de toute une pléthore de films hollywoodiens qui stéréotypent les Arabes et le Moyen-orient. Ces clichés ne font malheureusement qu’agrandir le fossé qui sépare l’Occident du monde arabe.

Dans le film, les quatre célibataires, personnages principaux du film, partent en voyage à Abou Dhabi où elles ont été invitées par un riche cheik. Ces Américaines qui sont extrêmement directes au regard de leur sexualité, se retrouvent dans un pays gouverné par des valeurs religieuses conservatrices. Naturellement, des ennuis les guettent. Samantha, l’attachée de presse sexuellement ouverte, est arrêtée pour avoir embrassé un homme en public. Un exemple de provocation de la susceptibilité conservatrice des Emiratis musulmans.

Tout au long du film, les personnages parlent du Moyen-Orient comme d’une seule entité. En effet, Carrie, journaliste spécialisée dans les relations hommes-femmes, prétend avoir toujours été fascinée par le Moyen-Orient. Elle le décrit comme « Desert Moon, Shéhérazade, Jasmine et Aladin », des références stéréotypées, que l’on retrouve souvent dans les films hollywoodiens. Quant à Miranda, l’avocate, elle déclare, dans un effort pour comprendre les traditions du pays, que « les hommes et les femmes ne s’embrassent pas en public au Moyen-Orient. »

Cela est sans doute vrai dans certaines parties du Moyen-Orient, mais il ne faut pas faire de généralisations à l’emporte-pièce. Le Moyen-Orient regroupe vingt-quatre pays et plusieurs religions, cultures, langues et groupes ethniques. C’est une région culturellement riche et variée qui mérite d’être représentée avec plus d’objectivité au cinéma.

A la fin, le film finit par rassembler des femmes émiratis et américaines sur des points communs comme la mode, les livres, les difficultés qu’elles rencontrent avec les hommes et les problèmes pour surmonter la ménopause. En dépit de l’aspect superficiel du film et de la représentation partiale de la culture émirati, certains spectateurs pourront peut-être découvrir qu’ils partagent des choses en commun, même s’ils sont bien différents.

Néanmoins, si le film met l’accent sur les expériences nouvelles et exotiques des Américaines à Abou Dhabi, il souligne surtout les différences au niveau du mode de vie et des mentalités entre les femmes émiratis et les femmes américaines.

Certains fans de la série argumentent qu’il s’agit d’une comédie et qu’il y a des passages très drôles, mais une comédie peut rester drôle sans stéréotypes ni généralisations.

Si une recherche plus approfondie sur les citoyens et les sociétés concernés avait été menée et si un effort pour rédiger un script plus spirituel, plus intelligent avait été fait, l’humour contenu dans le film aurait pu permettre, dans un esprit plus constructif, d’atténuer le clivage culturel. Sex and the City bénéficie d’un large public aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Le film avait donc le potentiel pour faire découvrir à des millions de fans les aspects positifs des Emiratis, de leur société et de leurs traditions.

Certains films hollywoodiens ont décrit des personnages d’origine arabe de manière positive ; ils pourraient servir de modèles aux réalisateurs. Citons Robin des Bois : Prince des voleurs , un film de 1991 dans lequel Azeem, le personnage interprété par Morgan Freeman, rentre de Jérusalem après y avoir fait les Croisades, avec Robin des Bois qui devient son compagnon et ami respecté.

De même, dans Le Royaume des Cieux, un film de 2005 sur le siège de Jérusalem pendant les Croisades, l’acteur syrien Ghassan Massoud joue le rôle de Saladin. Bien qu'étant l’ennemi des Croisés, il apparaît comme un homme droit et respectable.

Les réalisateurs ont la responsabilité, surtout à une époque où les relations entre le monde musulman et l’Occident sont tendues, d’éviter de donner une image superficielle d’autrui. Les médias visuels sont forts pour transmettre des messages et ils devraient être pris au sérieux. Lorsque ces messages sont à la fois divertissants et instructifs, ils peuvent aider les spectateurs à saisir les différences qui les séparent, élément-clé pour parvenir à créer un terrain d’entente.


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* Carla Haibi est une journaliste indépendante d’origine libanaise.



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