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Najib Mouhtadi - Ibn Khaldoun - publié le Jeudi 8 Décembre à 16:06

Le Parti de la Justice et du Développement sur la voie des grands chantiers




Par delà le clivage idéologique ou doctrinaire, l’arrivée du Parti de la Justice et du Développement (PJD) au gouvernement aux termes des élections législatives du 25 novembre 2011, est de nature à conforter la pratique démocratique et se doit de consolider les acquis économiques cumulés depuis la transition monarchique en 1999 qui a impulsé une ère nouvelle de mise en place de stratégies globales touchant les instances, politique, économique et sociale.



Le Parti de la Justice et du Développement sur la voie des grands chantiers
Dès le début de son règne, Mohammed VI a surpris par le lancement tous azimuts de grands chantiers dotant le Maroc d’infrastructures indispensables à son essor économique et social. Pays en développement certes, mais qui caracole aux derniers rangs pour nombre d’indices de développement à l’échelle mondiale, le Maroc se devait de relever le défi en prenant en charge l’élément humain, véritable pierre angulaire de tout projet de société. Aux côtés des grands projets d’équipements publics, l’implémentation de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) en tant que politique publique stratégique, tend à combattre la précarité et la pauvreté. Cette approche hardie du fait social, a été soutenue depuis peu par l’élaboration d’une réforme structurelle ayant en vue la réduction de l’abysse qui sépare les centres urbains des périphéries rurales et qui a pour cible la régionalisation avancée.

Ces divers déficits avaient longtemps retardé la marche du pays vers le progrès, et leur réactivation à la faveur du nouveau roi, ont redonné espoir à de larges couches de la société et ouvert de nouvelles perspectives pour le Maroc de demain. Conscient de l’ampleur du challenge, le PJD se doit de déployer tous ses efforts afin de tenir ses promesses économiques qu’il a annoncées dans son programme ; à savoir un taux de croissance de 7 pour cent, un déficit budgétaire à 3 pour cent et une baisse significative du taux de chômage. Un pari d’autant plus difficile que le Fonds Monétaire International (FMI) table sur une croissance de 4 à 4,5 pour cent, et que des économistes y voient une pure utopie. N’a-t-il pas raison de placer la barre ci-haut quand on vit dans un pays qui a longtemps souffert des aléas d’un développement inégal, d’une économie de rente faisant la part belle aux rétributions et gratifications plus qu’au jeu franc de la concurrence et de la compétence, les disparités sociales et régionales ayant pris une ampleur telle qu’il est difficile de les aplanir en quelques années seulement.

Plus que d’une politique de colmatage et de rafistolage, le Maroc a besoin d’une réelle stratégie de relance qui rassure les hommes et l’entreprise ; une politique multiforme qui s’attaque aux maux de la société de manière frontale. Ce qui caractérise le nouveau règne, c’est précisément l’existence d’une stratégie cohérente en matière de développement. Tout n’est pas rose, mais l’action globale des différentes politiques publiques menées depuis l’an 1999, tend vers une amélioration substantielle de l’état des infrastructures et équipements publics, la réhabilitation des espaces en diverses régions pour drainer des investissements générateurs d’emplois, la mise à niveau du climat des affaires et le remembrement des agrégats économiques, la prise en charge de la ressource humaine et l’instauration de l’état de droit et le respect des droits de l’homme.

En attendant la constitution du prochain gouvernement, il semble que la classe politique dans la majorité comme dans l’opposition, soit consciente des enjeux de la conjoncture exceptionnelle que traverse le pays sur le plan interne et international et des défis qui attendent le premier chef de gouvernement après la nouvelle constitution, avec des pouvoirs élargis. De l’avis d’économistes avertis, le PJD est loin de freiner l’élan économique en cours, en ce sens qu’il gardera une ligne libérale conforme à ses valeurs de référence et renforcera davantage l'ouverture au marché mondial en rassurant les investisseurs étrangers, d’autant que son programme ne laisse pas entrevoir une quelconque politique de nationalisation ou de retour inopiné au capitalisme d’Etat. Voici quelques chantiers que la prochaine équipe gouvernementale devrait vraisemblablement accompagner, développer et au mieux promouvoir.

Infrastructures et équipements publics
En ce début du 3ème millénaire, le Maroc a pris conscience des retards accusés en différents domaines, et des décisions courageuses furent prises pour doter le pays des infrastructures de base ; à commencer par les voies de communications dont il a été décidé de renforcer le maillage routier afin de permettre aux activités économiques, sociales et culturelles de toucher le Maroc profond et de désenclaver ainsi les régions les plus reculées, demeurées pour une longue période, dans un état d’hibernation séculaire.

Routes, autoroutes, ports, aéroports, eau, électricité, sont parmi les priorités de cette nouvelle politique économique volontariste. Depuis 2005, l’autoroute de Tanger-Rabat a été achevée, un autre réseau autoroutier a été lancé et réalisé en un temps record ; celle de Settat-Marrakech (145 km), puis celle de Marrakech-Agadir (233 km), Fès- Oujda (320 km), outre 28 km pour le tronçon Tétouan-Fnideq et la desserte de Tanger Med (54 km). Une autre autoroute est au stade d’étude, Settat-Béni Mellal. Cela n’a été possible que par la volonté des hommes et des femmes qui s’y sont impliqués pour relever le défi de construction de 160 km d’autoroutes par an. De 11.326 km de routes rurales à réaliser à l’horizon 2015, l’Etat s’est vu contraint de relever l’objectif de renforcement des routes rurales de 1.000 à 1.500 km par an, dans le cadre du Programme National des Routes Rurales (I et II), avec l’objectif de porter le taux d’accessibilité à 80%, grâce à l’aménagement de 15.000 km supplémentaires. Outre les routes locales dont le déficit est encore patent, des efforts colossaux néanmoins, ont également été consentis en matière d’équipement du monde rural. Ainsi donc, 14% de la population rurale avait accès à l’eau potable en 1994, et 18 % seulement à l’électricité. En fin 2007, ils étaient 90 % à accéder à l’eau potable et presque 100 % à l’électricité !

En outre, le Maroc a entamé des plans ambitieux dans les domaines du tourisme (plan Azur) et de l’agriculture (plan Vert) et ouvert un front phénoménal en matière d’énergie solaire avec la construction d'une capacité de production électrique basée sur l’énergie solaire de 2GW entre 2015 et 2019, et ce sur cinq sites sélectionnés : Ouarzazate, Aïn Béni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah. Cela renforcera l’effort d’industrialisation et confortera la position du pays auprès de ses partenaires européens et méditerranéens, notamment pour drainer de nouveaux investissements directs.

Investissements générateurs d’emplois
L’annonce et la réalisation dans la foulée du port de Tanger Med avec un investissement global de 2 milliards de dollars, a fait entrer le Maroc dans la cour des grands pays portuaires de la méditerranée. Premier port en eau profonde au Maroc, avec un tirant d’eau de -18 mètres, le complexe Tanger Med comprend trois zones franches, logistique, industrielle et commerciale.

La création d’une place offshore adjacente en a fait un pôle industriel de choix qui a drainé en premier lieu un constructeur automobile de renom, Renault-Nissan, alors que d’autres constructeurs n’ont pas tardé à faire savoir leur réel intérêt pour cette zone. Cette réhabilitation de l’espace régional du Rif qui a mobilisé 250 milliards de DH en 10 ans, n’est pas seulement politique ; elle est le reflet d’une analyse économique judicieuse qui part des atouts réels de cette région singulière au sud de la Méditerranée. Les grands projets en cours de réalisation à Tanger (grand port de plaisance en Afrique) et Nador et (réhabilitation et développement de la lagune Marchica) sont de nature à promouvoir l’ensemble de la région du Rif et de l’Oriental atteignant Al-Hoceima, Saïdia et Oujda.

A la rencontre des deux mers au détroit de Gibraltar, on s’active à désengorger le vieux port de Tanger pour en faire un immense port de plaisance. Le programme d’habilitation de la médina de Tanger, vise également à redonner vie à cette ville mythique, porte de l’Afrique pour les européens et point de passage vers l’Europe pour les africains. Enfin, Tanger Med aura sauvé de l’oubli la ville mitoyenne de Tétouan, laquelle se sent désormais entièrement ouverte sur la méditerranée, l’industrie et le commerce international. Du reste, ce genre de projet structurant est fortement générateur d’emplois en tous corps de métiers, et ses effets induits sont incalculables pour l’économie nationale. Il en est ainsi du projet phare de l’aménagement de la vallée du Bouregreg qui a pris l’allure d’un programme titanesque qui vise à réhabiliter une zone de six mille hectares entre Rabat et Salé, qui intègre dans son schéma de développement prospectif aussi bien l’urbanistique, que l’économique, le social et l’environnemental. Projet structurant par excellence, il est en passe de transformer l’espace, de générer des milliers d’emplois et de drainer d’importants investissements tout en réconciliant Rabat et Salé avec leur façade maritime.

Le Train à Grande Vitesse Tanger-Casablanca
Nul doute que les chemins de fer ont accompli des progrès notoires dans le pays depuis que des millions de Marocains préfèrent de plus en plus emprunter les rails que les routes. L’effort de modernisation se poursuit par l’acquisition de nouvelles locomotives, de nouveaux trains et l’avancement du programme national de rénovation des voitures dans les ateliers de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF). Mais plus que tout, le Train à Grande Vitesse (TGV) constitue une mutation dans l’usage du réseau ferroviaire au Maroc, tellement la ligne Tanger- Casablanca en deux heures seulement ouvre des perspectives jusque-là insoupçonnées. Le TGV marocain, financé de manière ingénieuse (dont la moitié sous forme de dons) est destiné à mettre à niveau les infrastructures du train au Maroc, de désenclaver Tanger en jetant un cordon ombilical avec la capitale et la première région économique du royaume. Cette première ligne relie bienheureusement Tanger à la zone industrielle de Kenitra, la Technopolis et l’Université Internationale de Rabat, ainsi que le complexe industriel et Offshoring de Casablanca ou la technopole de Nouasser. Les touristes de passage comme les hommes d’affaires installés dans la ville du détroit se rendraient plus aisément dans la journée à la capitale économique ou continuent le voyage en TGV vers Madrid en traversant simplement le détroit. De la sorte, le Maroc s’inscrit dans la compétitivité en assurant la jonction nécessaire avec l’Europe, premier partenaire économique et premier marché d’écoulement des produits marocains. Le renforcement des voies de communications inter-villes a d’ailleurs été affermi par une meilleure approche des transports collectifs en milieu interurbain ; donnant lieu à une dernière génération d’autobus et surtout au lancement de la construction de plusieurs lignes de tramway à Rabat et à Casablanca (soit une enveloppe cumulée pour ces deux villes de près d’un milliard d’euros).

Climat économique et social
La nouvelle politique économique a tenu à encourager les grands conglomérats, n’hésitant pas à favoriser le phagocytage des plus petits, à donner le feu vert pour toute opération d’agrégation économique à l’image de la fusion entre la Banque Commerciale du Maroc (BCM) et la Wafabank ou tout récemment de la fusion de l’Omnium Nord Africain (ONA) avec son bras financier la Société Nationale d'Investissement (SNI). Aujourd’hui, des groupes puissants pointent du nez. Ils représentent l’image sereine du nouveau Maroc, celui d’une économie forte pouvant sinon rivaliser avec ses consœurs du Nord, du moins freiner leurs appétits démesurés. Pour accompagner cette mue, le Maroc a mis en place deux institutions salvatrices : le Conseil de la Concurrence et l’Agence anti-corruption, toutes les deux dotées de pouvoirs décisionnaires à elles reconnus constitutionnellement.

Ressources humaines : une question de requalification
Du temps qu’il était prince héritier, Sidi Mohammed avait fait montre d’une fibre sociale prononcée, en supervisant des campagnes de solidarité nationale au profit des démunis, des personnes à mobilité restreinte ou encore des femmes en tant que catégorie sociale minorée sur le plan professionnel, culturel et politique. En prenant les rênes du pouvoir, il prit des décisions phares : l’entrée en vigueur de l’Assurance Maladie Obligatoire, la réforme du système éducatif pour prévenir la déperdition scolaire et les nombreux programmes de logements sociaux, dont le Fonds de Garantie pour les Revenus Irréguliers et Modestes (FOGARIM). Plus que tous les plans de réhabilitation des ressources humaines, L'INDH, est certainement l’action la plus structurée, la mieux élaborée et aussi la plus efficiente depuis cinquante ans. Cette initiative qui coïncide avantageusement avec le lancement par l’Organisation des Nations Unies (ONU) des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), vise à extirper une catégorie de la société des griffes de l’indigence et de la pauvreté et surtout à réhabiliter de larges couches sociales en finançant des programmes sociaux tous azimuts. L'INDH confirme la tendance et institutionnalise les campagnes de solidarité, en augurant une véritable politique sociale, certes progressive, mais qui est sûre puisqu’inscrite dans la durabilité. Ses objectifs se fondent sur un double postulat : réhabiliter les ressources humaines par la requalification des compétences et mettre à niveau la région en réduisant au mieux les disparités criardes entre les territoires côtiers généralement bien dotés et le pays profond soufrant des sous-équipements et d’isolement, entre la plaine et la montagne, le Nord et le Sud.

Tous ces chantiers ouverts requièrent une dose d’imagination et d’audace de la part des nouvelles équipes au pouvoir. Le prochain gouvernement est appelé à entrevoir de nouvelles pistes, à trouver de nouvelles panacées particulièrement contre le chômage, l’éducation et la santé et surtout accélérer le rythme des réformes en cours. Profitant de la nouvelle dynamique constitutionnelle, de l’appui des élites politiques et de la mobilisation générale, cela ne dépend que de lui d’être à la hauteur de la confiance populaire et des attentes sociales et économiques multiformes.



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