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Omar Alaoui * - publié le Samedi 8 Décembre à 20:55

Le Maroc face aux défis de la sécurité internationale




C’est dans un contexte international particulier que le nouveau Président français se rendra officiellement au Maroc pour une visite d’Etat en janvier 2O13.



Le Maroc face aux défis de la sécurité internationale
Cette visite interviendra au terme de la présidence marocaine du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), une présidence aux enjeux et défis multiples.
L’Ambassadeur Loulichki a décliné les grands axes du plan de travail du Maroc pour ce mois riche en activités, la crise au Sahel et la situation au Mali sera l’objectif primordial du Maroc.
C’est en effet l’une des raisons pour lesquelles Hollande se rendra au Maroc, une mission commando pour le Président français qui espère voir le Maroc s’engager dans l’intervention militaire au Mali.
Si la Cédéao a d’ores et déjà proposée 3000 troupes africaines, disposant de l’appui technique, politique et stratégique de l’Union Européenne, le Maroc reste hésitant quant à son implication dans la crise malienne.
La crise du Sahel pose le double problème des rapports entre le vieux continent et l’Afrique, mais également celui entre l’axe Rabat-Alger.
En effet, la crise malienne témoigne d’un échec flagrant et indéniable de la gestion algérienne, pays qui s’était proclamé comme l’unique leader de la région.
Ce dernier a pesé de tout son poids, politique mais surtout financier, sur les pays africains pour éloigner et surtout isoler le Maroc de toutes les structures africaines, nous empêchant ainsi de disposer de marges de manœuvres suffisantes en termes de politique de défense.
L’urgence au Mali est de lutter contre toutes les formes d’extrémismes et de terrorismes qui se mettent en place, à une grande vitesse, dans le nord du pays.
Il y a deux visions opposées qui s’affrontent. Le premier, celui de la France et des Etats-Unis, prône une intervention militaire indirecte, via les troupes africaines du Cédéao, une intervention prévue pour septembre 2013.
La seconde est plus pondérée, elle met en évidence le risque probable d’un piège malien, tout comme il y a eu, il y a une décennie, un piège afghan. En effet, nous assistons à un basculement du cas Afghan vers le Mali, avec la présence des mêmes acteurs transnationaux, et à leur tête Al Qaeda.
Il faut donc de la prudence pour éviter une nouvelle situation d’enlisement profonde. Les conditions de réussites sont elles acquises au Mali ? La communauté internationale risque t-elle d’engager des milliers de soldats dans un « open-ended conflict » , un conflit sans fin, sans issu?
Le Maroc a fait savoir par la voix de son Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération que l’urgence était l’appui au gouvernement malien, ce qui signifie l’aide politique du Maroc pour la reconstruction de l’Etat-Nation, de ses organes sécuritaires, et notamment la reformation de sa police nationale, de son armée et de ses services sécuritaires.
Rétablir l’autorité de l’Etat, et lui rendre son « monopole de la violence légitime », est une façon d’isoler les terroristes de la population.
Le Mali est l’un des Etats les plus anciens du continent, et c’est un « pays frère », nous ne pouvons tolérer sa désagrégation qui entraînerait une guerre civile sans précédant, et au dé là une guerre régionale.
Le Maroc dispose d’un statut de « bon élève » en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme international.
Or, la situation au Mali attire actuellement les groupes terroristes et radicaux et l’enlisement dans lequel est le pays favorise le développement de nouveaux réseaux terroristes et criminels transnationaux.
Le rôle du Maroc lors de sa présidence du conseil de sécurité de l’ONU sera d’établir une méthode et de définir les responsabilités des différents Etats et Organisations engagés dans la résolution du conflit au Mali.
Pour cela, nous devons permettre à notre diplomatie d’user de toute sa finesse, de tout son art, de toute son intelligence pour être créative quant à une solution de sortie de crise.
Nous devons également garder en tête que la sécurité du Maroc se joue également au Mali. En effet, au fil du temps, les relations étroites qui unissent AQMI, la dénommée « RASD » et les groupes terroristes du nord du Mali se dévoilent.
C’est l’ensemble de la région qui peut basculer dans une crise multiforme, confrontant des Etats-Nations à des groupes terroristes djihadistes.
La question d’une éventuelle intervention militaire du Maroc au Mali relance le débat théorique entre deux écoles de pensées : les Réalistes, héritiers de Thucydides et de Machiavel et les néo-conservateurs.
La question théorique qui se pose à nous est la suivante : peut on battre les terroristes en faisant la guerre au terrorisme ? Ne risquons nous pas ainsi de leur confier un statut, une légitimité ? Allons nous les réconforter dans leur sombre idée d’un combat religieux (djihad) contre des forces occidentales ?
Selon les néo-conservateurs, un engagement au Mali entrainerait un effet de dissuasion à l’encontre de l’ensemble des groupes terroristes à travers le monde.
Le nord-Mali rentrerait ainsi dans le fameux « axe du mal » définit par Georges W. Bush.
A contrario, les réalistes estimeraient qu’une intervention militaire au Mali ne fera qu’augmenter le « dilemme de sécurité » et poussera les autres Etats qui s’inscrivent dans la même logique terroriste ou djihadiste à augmenter leur sécurité pour éviter toutes agressions et atteintes à leurs souverainetés.
C’est cette « spirale infernale » que veulent éviter ceux qui appartiennent à l’école de pensée réaliste.
Car, au de là du débat théorique, c’est peut être le risque d’une nouvelle guerre mondiale qui se joue aujourd’hui au Sahel avec la multiplication de groupes djihadistes, l’accélération et l’intensification des moyens de communication les reliant ainsi que les tensions qui s’accroissent entre les différents Etats de la région.
Il faudra reprendre le chemin de la diplomatie, et le Maroc semble apparaître comme l’unique Etat dans la région ayant une crédibilité auprès de la communauté internationale et des pays « frères » d’Afrique en particulier.
Son implication, et ses bons résultats, dans la lutte contre le terrorisme international, ses compétences et sa vision pacifique donne au Maroc un rôle singulier dans les relations internationales.
C’est ce « capital de confiance et de sympathie », dont jouit le Maroc, que les pays occidentaux voudront exploiter pour mener à bien l’intervention au Mali.

* acteur associatif et politique


Tagué : Omar Alaoui

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