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Khalid Ben Fadel - publié le Jeudi 4 Avril à 11:38

Le Maroc et la France face à la crise sécuritaire au Sahel




La paix et la sécurité sont des biens communs à l’humanité. Leur préservation ne devrait souffrir d’aucun calcul idéologique ou politique. Ceci est encore vrai à l’heure actuelle où les facteurs d’insécurité sont devenus mouvants et extraterritoriaux.



Le Maroc et la France face à la crise sécuritaire au Sahel
C’est d’ailleurs dans cette logique que le Maroc a choisi d’être un acteur incontournable dans la lutte contre les différents facteurs de déstabilisation qui guettent  le monde d’aujourd’hui. De surcroît, le Maroc n’a pas intérêt à fermer les yeux sur la dégradation sécuritaire dans une région dont fait partie son territoire à savoir la zone sahélo-saharienne. En effet, le Royaume est concerné par ce qui s’y passe et ce, à plusieurs titres : 
 
Le Maroc qui a déjà souffert du terrorisme, ne pouvait laisser une zone importante du Sahel entre les mains de bandes terroristes. Ces dernières, en cas de contrôle d’une base arrière, seront plus aptes à mener des opérations ciblées à l’intérieur du territoire national. 
 
Le Maroc ne pouvait être indifférent face aux menaces réelles qui guettent la stabilité et l’intégrité territoriale de ses partenaires dans la région, tout particulièrement le Mali et le Niger. 
 
De ce fait, l’initiative française d’intervenir en compagnie des forces africaines au Nord du Mali  ne pouvait qu’accueillir l’approbation du Maroc. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une opération commune et non unilatérale, mais également parce qu’elle est la résultante d’une demande expresse des Etats directement concernés. Aucun Etat de la région n’avait exprimé un refus direct et explicite de cette opération. Ainsi dans son discours daté du mercredi 3 avril 2013, prononcé à l’occasion du diner officiel offert en l’honneur du président Hollande, le Souverain marocain a réitéré « (…) le soutien du Royaume du Maroc à l’action courageuse et déterminée de la France qui permet, aujourd’hui, à un pays frère, le Mali, de restaurer son contrôle de l’ensemble de son territoire et de préserver ses choix nationaux légitimes ». De son coté le président français, a, dans son allocution, remercié le Roi du Maroc pour son « (…) soutien (…), dès le premier jour, à l’intervention de la France au Mali, au nom de la Communauté internationale, pour lutter contre le terrorisme ».
 
La position du Royaume trouve également son fondement dans la doctrine marocaine des relations internationales qui fait de la préservation de l’intégrité territoriale des Etats, un des principes fondateurs du droit international. Le Mali s’est trouvé subitement, au courant de l’année 2012, victime d’un risque de scission territoriale. On était en effet dans l’urgence, puisque la situation aurait pu se dégrader davantage avec le temps.
 
Le Maroc n’a pas souhaité participer directement à ces opérations afin de ne pas froisser certaines parties, et pour que son intervention ne soit pas interprétée de manière biaisée. Il a ainsi fourni une assistance politique et diplomatique remarquable à travers le rôle dynamique joué au sein du Conseil de sécurité. Il a par ailleurs autorisé le survol de son espace aérien par des avions français en direction du Mali. 
 
Il est sûr que d’autres formes d’assistance non susceptibles d’être médiatisées ont été fournies par le Maroc à la France et au Mali. La reconnaissance de ces deux Etats de la pertinence du concours du Maroc a mis d’ailleurs fin à certaines supputations de certains adversaires qui prétendaient notamment d’un appui marocain au Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).
 
L’entente maroco-française autour des questions de sécurité ne devrait d’ailleurs se limiter à cette opération militaire. Les deux Etats se doivent de coordonner leurs visions de manière plus profonde et durable. 
 
Khalid Ben Fadel
Chercheur en relations internationales



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