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Sanae Rakba - publié le Mardi 19 Février à 11:18

Le Maroc dans l'impasse...






Le Maroc dans l'impasse...
Militante comme je suis et un peu idéaliste, je devrais normalement croire à un potentiel changement radical au Maroc, et ben non, cette fois ci, je décide de rester réaliste et de ne pas y croire. Je crois par contre à une transition timide qui reflète bel et bien la situation actuelle et antérieure du Maroc. Je ne dis pas que je baisse les bras et que je deviens pessimiste. Je ne dis pas non plus que je deviens partisane de ceux qui ralentissent la cadence du changement marocain. Rien de tout cela n’est vrai ! C’est juste que je grandis et que je deviens pragmatique et plus réfléchie ; je commence à comprendre mieux les choses et à garder les pieds sur terre même dans ces moments les plus redoutés ou je n’ai qu’une seule envie : tout démolir pour tout reconstruire.

Le printemps arabe ! J’ai juste adoré ça. Mais malheureusement, le Maroc n’en faisait pas partie. Je rêvais de révolution dans mon pays, je croyais vraiment que c’était la solution parfaite. J’avais tant de rage en moi que je voulais à travers une révolution tout détruire, je voulais que tous ceux qui gouvernent mal le Maroc disparaissent pour une raison quelconque. J’enviais la révolution tunisienne et égyptienne, et j’avais la certitude que le roi Mohamed 6 est parfaitement comparable à Ben ALI et Hosni Moubarak et que l’on n’avait pas de quoi être fière. Mais malgré tout cela, à l’intérieur de moi-même, j’avais peur. Et oui, même avec une carapace aussi solide que la mienne, j’avais peur. J’étais terrorisée à l’idée d’une instabilité au Maroc. Donc aujourd’hui, je ne regrette pas ne pas avoir eu de révolution dans mon pays, je ne regrette pas les mouvements de revendications pacifistes, je ne regrette pas le coup de matraque sur mon dos, je ne regrette pas avoir fuit les forces de l’ordre discrètement, je ne regrette rien. Je préfère la situation actuelle du Maroc à celle des autres pays arabe encore hantés par une confusion politique et économique et même d’identité nationale. Et j’ai même pu comprendre pourquoi les vagues de revendications au Maroc n’ont pas pris assez d’ampleur pour se transformer en révolution.

En fait, tout remonte à cette époque de dictature ou le Roi Hassan 2 était sacralisé par les marocains ; cette époque ou tout le monde se devait de respecter les propos et les actions du Roi afin de se définir en tant que bon citoyen. Et la situation actuelle du Maroc se doit d’être reconnaissante à cette époque de dictature qui a réussi à amortir le choc, à éviter le pire …

Je ne suis certainement pas fan de la monarchie absolue qui n’est pas tout à fait à mon gout, mais je reste objective en pensant à Hassan 2. Cet homme a été malin, c’est aussi un très grand visionnaire et un grand intellectuel, il était puissant par son charisme et savait très bien se qu’il faisait, il planifiait l’avenir du Maroc sans que personne ne le sache, il avait un sixième sens ; et il a tout prévu.

Dans un discours en 1996, Hassan 2 dit « le monde arabe recevra une attaque cardiaque dans quelques années « et il n’avait pas tort, il le savait, cela était une évidence pour lui. Il a donc tout préparé avant de tirer sa révérence pour ne pas mettre l’héritage royal marocain en danger et pour faciliter la tache à son fils qui allait lui succéder. Le roi hassan2 libère donc des centaines de détenus politiques, salue le travail des associations humanitaires et des organismes des droits de l’Homme, et se force à écouter les syndicats. De plus, le Maroc a déjà connu depuis les années 70 de grands mouvements de revendications de jeunes militants. La plupart d’entre eux en tenue de hippies, influencés par les idées de Lénine ou de Marx et indignés par les horreurs qu’ont vécu les détenus de tazmamart et les violences injustes subies par les militants d’autrefois . Hassan 2 avait même accepté que le Maroc soit gouverné par un parti d’opposition (L’usfp) en 1998. Le Maroc a donc pu souffler et avoir une vision plus optimiste pour une nouvelle transition démocratique, et rentrer enfin dans une phase marquée par de grands projets de développement.

Tout cela n’a pas été le cas dans les autres pays arabe. Le Maroc, grâce aux faits historiques et aux nombreuses revendications qu’il a vécu a pu prendre de l’avance sur les autres pays du monde arabe qui ne connaissaient rien au vrai militantisme. Et c’est donc la ou tout s’est joué et qu’il a pu échapper au printemps arabe. Mais cela ne veut pas dire que le Maroc ne pourrait pas être victime d’une révolution à long terme. Aujourd’hui, l’indice de confiance auprès des ménages marocains enregistre une baisse de 8 ,9 point au troisième trimestre de 2012 par rapport à son niveau au même trimestre de 2011. Et cela ne fait que refléter le pessimisme qui fut pendant plusieurs années latent chez le peuple marocain.

Aujourd’hui ; nouveau gouvernement, nouveau programme électoral et une nouvelle constitution . Les islamistes ont eu la majorité des votes, non pas parce qu’ils sont le peuple élu, mais tout simplement parce que le peuple marocain avait besoin de changement et que le seul parti n’ayant pas gouté au plaisir du pouvoir était le parti islamiste. Ils ont aujourd’hui une lourde tache et une responsabilité grandiose. Ils doivent faire preuve de sagesse afin de répondre aux besoins des marocains et de satisfaire leurs attentes. Mais tout cela est pour moi une pure fiction, ils ne peuvent rien faire. Peut être suis-je un peu disjonctée, mais j’en ai la conviction et la certitude. Il n’existe pas trente six milles explications ; la seule explication est que le Maroc est constamment entrain de chercher et de creuser encore pour accumuler les richesses, son but est purement économique et lucratif, et cela a un impact direct sur ce que vit le peuple marocain au quotidien. Et si l’on pouvait réunir tous les partis politiques et les mettre au gouvernement, ça ne changera absolument rien, car ils oublient tous le plus important devant les tentations de la richesse. Ils oublient les bases d’un pays développé. Le Maroc se doit d’être vigilent aujourd’hui car il risque le pire. Il se doit de mettre en œuvre une législation d’équité, un système de solidarité, rééquilibrer le niveau de vie, combattre la corruption et enfin mettre en place des plans d’action pour améliorer l’éducation et la santé. Malheureusement, Tout cela sombre aujourd’hui dans l’oubli. Tout ce qu’ils veulent c’est être riche, mais ils oublient que la richesse ne sera acquise que si toutes ses variables sont prises en compte.

Mais malgré tout, je ne peux m’empêcher de garder une lueur d’espoir ! Une lueur d’espoir qui me fait avancer, qui préserve la militante qui est en moi et qui m’empêche de commettre un crime pour sauver le Maroc de tous ses délinquants politiques !


Tagué : Sanae Rakba

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