Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



Zakaria Abouddahab - publié le Samedi 20 Avril à 11:19

Le Maroc, allié stratégique des Etats-Unis






Le Maroc, allié stratégique des Etats-Unis
 Les relations maroco-étasuniennes sont plus que centenaires. Est-il besoin de rappeler qu’en 1777, le Maroc fut le premier pays au monde à avoir reconnu l’indépendance des Etats-Unis. En 1776, ces derniers venaient en effet de se détacher des 13 colonies britanniques et proclamer, par conséquent, leur indépendance. Le Royaume chérifien était alors sous le règne du Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. A l’époque, le Maroc aidait les Américains à lutter contre la piraterie maritime qui visait leurs navires. Tanger abrite le premier consulat américain ouvert au monde. Le musée de la Légation américaine de Tanger, qui a hébergé durant plusieurs décennies la représentation diplomatique et consulaire américaine, a été offert aux Etats-Unis en 1881 par le Sultan Moulay Slimane.

Feu le Roi Hassan II a effectué plusieurs visites d’Etat aux Etats-Unis. Le Roi Mohammed VI a été également reçu officiellement par le président américain, Georges Walker Bush. Géopolitiquement, la position du Maroc lui confère un statut privilégié : le Maroc est en même temps atlantique et méditerranéen. Il lorgne sur le détroit de Gibraltar, l’un des plus stratégiques au monde qui relie la Méditerranée à l’Atlantique et dont le coefficient géostratégique est élevé.

Progressivement, les relations entre les deux pays se sont consolidées. On rappellera, entre autres, que Casablanca a abrité, en janvier 1943, la Conférence d’Anfa, en présence du président américain Franklin Roosevelt et du premier ministre britannique Winston Churchill. Il s’agissait à l’époque de l’une des premières conférences ayant contribué à la fin de la seconde guerre mondiale. Des bases américaines ont alors été édifiées au Maroc pour servir de source de ravitaillement aux avions de combats américains alors en lutte contre les pays de l’Axe. D’ailleurs, la coopération militaire entre les deux pays atlantiques n’a jamais été interrompue.

Après l’indépendance du Maroc, les relations entre le Maroc et les Etats-Unis se sont consolidées, matérialisées par la conclusion  de plusieurs accords de coopération, dont un accord portant sur la non double imposition, en 1977, un arrangement sur les investissements, en 1985, et un autre sur la protection réciproque des investissements appelé TIFA (Trade and Investment Framework Agreement) signé en 1995. En avril 2002, des négociations furent lancées entre les deux pays en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange. Deux années ans plus tard, et à la suite de 7 rounds de pourparlers, l’accord a été conclu, accomplissant une nouvelle étape dans l’approfondissement des relations économiques et commerciales entre le Maroc et les Etats-Unis. Dans le même contexte, les Etats-Unis ont octroyé au Royaume le statut d’allié majeur hors Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Dans cette optique, il convient de rappeler que le Maroc participe activement au Dialogue méditerranéen de l’OTAN lancé dès 1994. En 2004, il a contribué à l’opération Active Endeavour initiée par l’OTAN en 2001 en Méditerranée, à la suite des attentats du 11 septembre de la même année. Dans la foulée, le Maroc a été élu comme pays bénéficiaire du Millenium Challenge Account. Pour donner un contenu concret à cette initiative, une Agence de partenariat pour le progrès a été créée en 2008. L’enveloppe y allouée au départ est de l’ordre de 750 millions de dollars environ, destinés à soutenir des projets précis comme pour le cas de l’artisanat ou de l’agriculture.

La contribution positive du Maroc au recouvrement de l’indépendance du Koweït, après son invasion par l’armée irakienne en août 1991 et son rôle actif dans le processus de paix au Proche orient, lui ont valu, entre autres, d’être désigné comme premier pays à avoir abrité la conférence sur l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, prélude au projet du Grand Moyen Orient (GMO) devenu plus tard le MEPI (Middle East Partnership Initiative). De plus, lorsque les Etats-Unis, sous Bill Clinton, envisageaient de lancer un partenariat stratégique avec le Maghreb en 1998 - connu sous le nom d’initiative Eizenstat -, le Maroc allait y jouer un rôle moteur. De même, lorsque les Etats-Unis ont été l’objet d’attentats terroristes en septembre 2001, le Maroc a aussitôt soutenu ce pays dans sa campagne de lutte globale contre le terrorisme. Dans le même ordre d’idées, un dialogue stratégique a été lancé entre les deux pays en septembre 2012. Ce dialogue inaugure une nouvelle ère dans les relations entre deux pays atlantiques aux intérêts croisés.

Au regard des considérations sus citées, force est de conclure qu’il sied de placer les relations maroco-américaines au-delà de la conjoncture, des successions ou des variations politiques. Les paramètres géopolitiques structurels régissant les relations entre le Maroc et les Etats Unis d’Amérique doivent être au cœur de la formulation de la politique étrangère de ces derniers.

Zakaria Abouddahab
Professeur à la faculté de droit de Rabat-Agdal



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles