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Habib Abouricha (eMarrakech) - publié le Vendredi 2 Novembre à 15:25

Le Dahir berbéro-âyouch

Films Amazighs Enchaînés. Critiques Interdites




Habib Abouricha (eMarrakech) - Dans les années 30 au siècle dernier, le fameux Dahir Berbère fût plus qu’une erreur de stratégie des indigénistes de l’ingénierie politico- culturelle du «protectorat » français sur les Marocains.



Daba et maintenant, la production de 30 films concédée à Nabyl Ayouch, (soit- disant pour servir l'identité amazighe et afin de donner naissance à une industrie ! nationale ! du film) ne va t-elle pas provoquer, comme il y a plus de soixante-dix ans, le même phénomène de rejet.  Est- ce une série B imposée ? Arrêt sur image  

Il filme. Nous consommons. Il encaisse. Nous payons.

Il a été dit, écrit et signé que le joli monsieur Nabyl Ben Noureddine Ayouch nous communiquera sa « passion » cinématographie en enchaînant industriellement et exclusivement à sa société (Ali'n productions) le réalisation de 30 films amazighs.

Il a été décidé, en outre, que cet agrément d'une durée de deux ans, susceptible de prorogations automatiques et d'extensions à d'autres domaines ethniques ou linguistiques, et quels que soient les supports médiatiques ou de diffusions sere payé, rubis sur ongles, sur les fonds publics à hauteur de 7,5 millions de dirhams par le Ministère de la Communication et 18 millions de dirhams par la SNRT (ex RTM). Soit, quelques trois milliards de centimes sans compter les appuis des autorités publiques pour les tournages et les soutiens requis pour leur diffusion.

Cette aventure ubuesque s'intitulant « Film Industry » fut dénoncée, dés son annonce par les artisans du l'art marocain et, après sa présentation officielle, le 29 septembre 2007, par les sphères amazighes militantes.

On ne joue plus. On se défend en ordre dispersé. 

La double page de Jeune Afrique (Numéro 2440 du 14 – 20 octobre 2007) sous la signature de l'envoyée (vraiment) spéciale Nina Hubinet n'est pas nette : 1) Elle prétend vendre un « Bollywood marocain », Agadir, à contresens avec celui, bien connu de Ouarzazate. 2) Elle entend faire passer le monopole octroyé à Ayouch pour une « révolution du cinéma national » balayant sur ses pistes tous « bras de fer » fussent-ils  légitimes (genre amazigh) constitutionnels (genre CCM), critiques (genre cinématographiques) Un tiercé gagnant pour le flambeur d'Ali Zawa !

Pour ceux qui connaissent les sources d'information et de financement des « papiers » de Jeune Afrique, l'exercice de l'envoyée (très) spéciale de B.B.Y ressemble plus à une bande annonce et à un trucage flagrant qu'à un travail journalistique honnête.

Le preuve par deux et en mulitvision. Regardons des côtés de Libération, quotidien de l'USFP, et d'Alwatan Alan (La Patrie Maintenant) l'hebdomadaire casablancais. Il ne peuvent être taxés d'incompétence sur des questions, que la dame de Jeune Afrique, telle un ange, ne peut que survoler du balcon du palace casablancais que l'industriel du film amazigh lui a réservé.

A Libération du 6 octobre 2007 qui fait part des réserves légitimes des artistes soussis, dont Rachid Boukrim, Ayouch répond, à travers son laborieux communiqué qui restera dans les annales de nos cahiers cinématographiques.

Une démarche qui refuse à tout le monde « l'occasion de  revenir sur des arguments d'ordre économique » Sauf pour un audit post-production fabrication maison et, bien sûr, après avoir dilapidé les derniers publics. Quelle performance ! Et si un ouvrier de la « film industrie » âyouchienne réclame un quelconque droit on lui fait sortir l'argument honteux de sa participation de plein gré et de son acceptation dérisoires conditions financières qu'on lui a imposé de signer à l'aveuglette. Un droit de cuissage ?

En présentant son dossier dans Al watan al'an  ( n°262 du 13 octobre 2007) « Les populations du Souss accusent Ayouch d'assassiner l'amazighité », l'éditorialiste Tewfik Misbah, après avoir tracé le parcours aux zones d'ombres et aux montages industrieux d'un Nabil Ayouch » à la langue, au cœur et aux tripes avec la France et aux poches [à l'argent et aux dirhams convertibles] marocaines, il constate que ce scandale re- naissant « mérite un livre et non une simple colonne » d'un journal.

Cette réaction médiatique devrait, selon d'autres sources, se transformer en « affaire » à traiter par une commission parlementaire et par un procès pour détournement d'argent public.
En attendant Ayouch persiste (voir l'étrange entretien dans As-sabahya du 9 octobre 2007) à amuser la galerie en renvoyant les comptes aux calendes grecques et les critiques et le public à se contenter de voir, sans débattre, ses « œuvres » de niveau très contestable.

le CCM et l'IRCAM écartés de cette abracadabrante production de 30 films. Noureddine Saïl, actuel maître d'œuvre institutionnel du cinéma au Maroc, critique cinéma émérite, censuré  par 2M, avait bien raison de souligner au micro  du J.T de la TVM, à l'ouverture à Tanger, du IX Festival National du Film Marocain, que dans le contexte d'un rythme de croisière de production nationale, évidement de sensibilités diversifiées, à raison d'une trentaine de film par an, si trois films sortent du lot, cela peut devenir un acquis, une référence. Voir plus, pour  le développement de notre cinéma.

En d'autres termes un individu ne peut, sauf par Dahir privatiser à son profit exclusif, la représentation, la production et la diffusion de toute une authenticité marocaine.

Cela ne permet pas d'avancer ni dans le chemin laborieux de la réconciliation avec notre amazighité, ni dans celui de l'industrie du cinéma marocain.

Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde que les prescripteurs âyouchiens.

Ni daba, ni demain ! Pour l'heure, le débat ne fait que commencer, ouvrant la voie légitime à des procédures judiciaires.

Oui, Dahir ou pas, il faut que la loi et l'Etat de Droit prédominent. Sans faire tout un film de commande ! Ni au forceps, ni au forcing 30.



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