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Tarik Tafza - publié le Dimanche 2 Février à 22:09

Le Congrès américain arrêtera-t-il la guerre d’Irak?






Tarik Tafza
Tarik Tafza
C’est au Congrès que revient la charge de «déclarer la guerre», de «lever et d’entretenir des armées», de «créer et d’entretenir une marine de guerre» et de «pourvoir à la défense commune».

Le Congrès détient également une autorité considérable en matière de pouvoirs militaires pour contenir l’action du président en temps de guerre. Le plus important d’entre eux étant le pouvoir de contrôler et le financement d’opérations militaires.

Toutefois, depuis la Seconde Guerre mondiale, chaque fois que la question des pouvoirs constitutionnels en matière de guerre a été posée, le Congrès s’est effacé devant «le commandant en chef».

Consultation zéro

Le Congrès a réussi, tout au long du premier siècle et demi d’existence de la République américaine, à protéger ses prérogatives en matière de pouvoirs de guerre constitutionnels contre les convoitises du président. Mais, depuis la Seconde Guerre mondiale et le début de la Guerre froide, les parlementaires américains hésitent à user de ces moyens de contrôle.

Quand le Congrès a dévoilé que le ministère de la Défense, sous la présidence de Richard Nixon à l’époque, avait à l’aveuglette organisé des bombardements au Cambodge pendant la guerre du Vietnam, il s’est montré peu empressé d’imposer au commandant en chef des limites strictes afin d’empêcher que des actions similaires ne se reproduisent. politique internationale Depuis le début de son mandat sous la présidence de Bush, il y a presque deux ans, le Congrès américain, à majorité démocrate, en dépit de ses engagements, n’a rien concrétisé pour interrompre la guerre d’Irak. Peut-il brider les desseins guerriers d’un président en fin de mandat, et surtout, ne pas céder aux desseins peut-être douteux du nouveau président?

En 1973, le Congrès a voté la loi sur les pouvoirs de guerre, qui oblige le président à «consulter» le Congrès avant et pendant des opérations militaires et qui précise aussi que les opérations extérieures ne peuvent se poursuivre audelà de 60 jours sans que le Congrès ne les approuve. Cependant, les présidents l’ont interprété à leur avantage.

Plutôt que de consulter le Congrès, ils se sont contentés «d’informer quelques parlementaires de poids peu avant le lancement d’une opération militaire. Le président George Bush, le père, n’a fait part au Congrès de sa décision d’envahir le Panama en 1989 que cinq heures avant le début des combats.

En 1986, le président Ronald Reagan a dévoilé à un petit groupe parlementaire le projet de bombardements de la Libye trois heures avant leur déclenchement. Quant à l’invasion américaine de La Grenade, en 1983, aucune consultation préalable n’eut lieu.

D’autres entorses à la Loi américaine sur les pouvoirs de guerre. En 1980, le président démocrate James carter lança à lui seul l’opération de récupération des otages américains détenus en Iran.

Pire encore, sous l’impulsion de Bill Clinton, les hauts responsables de la Maison-Blanche ont continué à soutenir que le commandant en chef était habilité à utiliser la force sans consentement préalable du Congrès.

Qu’il soit républicain ou démocrate, le commandant en chef a violé à maintes reprises, la loi sur les pouvoirs de guerre. En substance, le président s’est simultanément prévalu de son pouvoir d’agir, indépendamment de la volonté des parlementaires.

Même si les républicains et les démocrates représentent deux camps idéologiquement aux antipodes, ils sont toux deux d’accord pour… violer la loi américaine sur les pouvoirs de guerre ! Voilà l’un des visages de la démocratie américaine handicapée…

Excès au pouvoir
Pour justifier la guerre qu’ils allaient lancer, le président Bush, fils, son administration et ses amis néoconservateurs avaient invoqué les raisons suivantes: La lutte contre le terrorisme, Bagdad étant présenté comme une allié d’Al Qaida; L’urgence d’éliminer les armes de destruction massive que «détient» Saddam Hussein;L’obligation d’éliminer le dictateur irakien et d’instaurer la démocratie; Faire de l’opération «Iraqi Freedom» un exemple pour toute la région.

Ils sont donc passés aux actes sans mandat de l’ONU et sans requérir un aval législatif auprès du Congrès. L’administration Bush a atteint les sommets du ridicule tout au long de son règne en matière de «gestion» de conflits internationaux. En fait, Bush a déversé sa bile et a posément mis les bourreaux et les victimes sur le même pied d’égalité. Qu’en sera-t-il véritablement sous le règne d’Obama?
Force est de constater que la démocratie à l’américaine excite implicitement l’opinion publique internationale.

Une grande déception pour toute l’humanité. Il s’agit bien évidemment d’une hypocrisie concertée, accrue et à visage ouvert. Les analystes restent perplexes devant la distorsion de la politique étrangère du sixième empire, une politique, à l’évidence, répréhensible, brouillée.

Donc, pour qui sonne le glas? Peut-être pour l’Iran. Qui sait?



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