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par Riyaz Wani - publié le Lundi 22 Février à 11:49

Le Cachemire est important pour la paix dans la région






Srinagar (Cachemire) - Mieux vaut tard que jamais. Une série de conférences et d'engagements nous donne provisoirement l'espoir que le conflit qui voit s'affronter l'Inde et le Pakistan depuis 62 ans touche à sa fin. Si ces efforts aboutissent, la situation nouvelle pourrait non seulement transformer les relations conflictuelles entre deux voisins dotés de l'arme nucléaire, mais aussi apporter une contribution substantielle au règlement du conflit afghan.

Le Cachemire est l'enjeu d'une querelle territoriale interminable entre le Pakistan et l'Inde, de plusieurs guerres, ainsi que d'opérations militaires conduites en permanence par l'Inde contre les militants séparatistes cachemiri. C'est cette même rivalité, cette hostilité entre les deux pays, qui les fait agir à contresens en Afghanistan. Le Pakistan veut voir à Kaboul un régime favorable à Islamabad qui lui servirait de coussin stratégique contre l'Inde. L'Inde, de son côté, favorise un gouvernement pro-indien qui priverait le Pakistan de cet avantage.

Une solution de paix au Cachemire permettrait de réduire considérablement le déficit de confiance entre l'Inde et le Pakistan et favoriserait sans doute la coopération sur l'Afghanistan.

Depuis quelques mois, l'Inde et le Pakistan se sont engagés dans un dialogue à huis-clos à Bangkok, autour de personnalités comme Aziz Khan, ancien ambassadeur du le Pakistan en Inde, et A. S. Dullat, ancien chef du renseignement extérieur de l'Inde, Research et Analysis Wing (RAW). Dans le même temps, ce processus est alimenté en amont par des entretiens hors radar entre New Delhi et la All Parties Hurriyat [Freedom] Conference, coalition modérée du Cachemire, afin de résoudre les aspects spécifiques de l'affrontement indo-pakistanais.

Quoique les Etats-Unis ne les aient pas officiellement reconnus, ces efforts font désormais partie intégrante de la lettre de mission de Richard Holbrooke, le Représentant spécial des Etats-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan. Mike Mullen lui-même, le Président du Comité des Chefs d'état-major, reconnaissait d'ailleurs ces jours derniers que les Etats-Unis serviraient leurs intérêts dans la région en favorisant toutes les mesures prises par “ces deux pays importants [Inde et Pakistan] pour relancer leurs entretiens directs en amont sur le Cachemire.”

Du côté de la société civile, plusieurs conférences sur le Cachemire organisées entre septembre et décembre 2009 ont réuni des intellectuels de premier plan, des personnalités politiques et des militants de la société civile des deux pays.

Une de ces conférences, “Une feuille de route vers la paix”, qui s'est tenue à New Delhi au mois de décembre, demandait la reprise du dialogue interrompu entre les deux pays. Auparavant, deux conférences s'étaient tenues au mois d'octobre, au Cachemire même, à Srinagar, et à Londres. L'objectif d'ensemble de ces initiatives est d'aider l'Inde et le Pakistan à concilier leurs différends et à s'attaquer ensemble au terrorisme dans la région tout entière, de Kaboul au Cachemire.

Certes, ces efforts cumulés ont aidé ces deux pays à trouver la voie de la paix en Asie du Sud, mais il reste encore du chemin à faire. D'autre part, si les gouvernements des deux protagonistes ne parviennent pas à traduire ces efforts diplomatiques en mesures concrètes, tout risque de se détricoter.

Le prochain rendez-vous aura lieu au mois d'avril lors du prochain sommet de l'Association sud-asiatique pour la coopération régionale, ou ASACR, au Bhoutan. Et l'Inde s'est déjà déclarée prête à amorcer un dialogue formel au niveau des deux ministres des affaires étrangères, qui doivent se rencontrer avant la fin du mois.

Plusieurs facteurs sont en jeu dans cet engagement renouvelé. Il y a d'abord l'aspect géopolitique et l'omniprésente guerre d'Afghanistan. Maintenant que les choses semblent se dénouer à Kaboul, où les talibans feraient désormais partie de la solution politique, l'influence de l'Inde sur ce pays déchiré par la guerre en reculera d'autant.

L'ascendant du Pakistan s'en trouvant automatiquement renforcé, l'Inde, qui aura intérêt à sauvegarder sa position en Afghanistan et son rôle de partie prenante dans le processus de sécurisation de la région, voudra sans doute accélérer la normalisation de ses relations avec le Pakistan. Le Pakistan, de son côté, verrait d'un bon œil une Inde amicale pérenniser la stabilité sur son flanc est.

L'Inde et le Pakistan doivent non seulement s'atteler à la solution de leur conflit sur le Cachemire, cette éternelle pomme de discorde, mais aussi travailler au rapprochement de leurs politiques et de leurs positions divergentes sur l'Afghanistan. Alors que les enjeux montent à Kaboul, cette nouvelle tournée de contacts bilatéraux prend un relief tout particulier.

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* Riyaz Wani, journaliste travaillant au Cachemire, collabore au quotidien de premier plan The Indian Express. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 février 2010, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=273...


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