Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



Abdelkarim Chankou - publié le Jeudi 18 Août à 12:07

Le CCG appelé à se dissoudre dans une Ligue arabe rénovée




L’invitation des royaumes du Maroc et de Jordanie à intégrer le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui comprend, depuis sa création en mai 1981 à l’initiative des Etats-Unis d’Amérique, le royaume d’Arabie Saoudite (chef de file), l’Emirat du Qatar, le Koweït, le Sultanat d’Oman, Les Emirats Arabes Unis et le royaume du Bahreïn, n’est ni un vœu pieux un coup de sabre dans l’eau. Voici pourquoi.



Abdelkarim Chankou
Abdelkarim Chankou
L’invitation transmise officiellement  aux royaumes chérifien et hachémite par le  secrétaire général du CCG, Abdellatif Ziani, à l’issue d’une réunion de cet ensemble économique à Ryad en mai dernier est d’autant difficile à minimiser qu’elle cache un malaise au sein du CCG. Ce dernier, 30 ans après sa naissance, n’a rien accompli de spectaculaire ; ni au niveau politique,  les guéguerres intermittentes  entre le Qatar et l’Arabie saoudite  sont un exemple parmi tant d’autres échecs à réaliser une union ou du moins un rapprochement politique ; ni sur le plan économique, faire ses emplettes aux Emirats (paradis des zones franches) revenant  beaucoup moins cher qu’en Arabie etc.

Ce malaise d’échec d’une union économico-politique est aggravé par l’absence d’un mécanisme de défense commune. Même si  le CCG a envoyé des troupes et des engins militaires  pour écraser  dans l’œuf une  révolte qui a failli  renverser la jeune monarchie bahreïnie en mars, cela ne peut veut pas dire pour autant qu’une même réaction aurait été enclenchée si l’Iran avait attaqué les Emirats avec lesquels il est en litige au sujet de 3 îles situées dans le golfe persique (ou arabe) et que ne cesse de réclamer la Fédération émiratie.

Bref, trois décennies après l’avènement du CCG, le constat d’échec est tel que cet ensemble a un besoin pressant de sang neuf pour survivre.  Autrement dit, il a besoin d’élargissement à d’autres pays arabes avec lesquels des points commun politiques, économiques et historiques existent. C’est le cas des royaumes du Maroc et de Jordanie. Les familles régnantes chérifienne et hachémite ont toutes les deux des racines en terre saoudienne. Aussi, les deux royaumes marocain et jordanien sont-ils des alliés sûrs et anciens des Etats-Unis, sans perdre de vue leur économies respectives jugées assez libérales ; même si Rabat devrait revoir de fond en comble son système fiscal pour l’harmoniser avec celui du CCG.

Revers du « dinar » : L’adhésion du Maroc et de la Jordanie au CCG si toutefois adhésion il y a, ne sera que de courte durée. Elle jouera le rôle de pont pour que ce dernier passe dans un nouvel état. Cet état ne sera que la présente Ligue arabe, mais rénovée. Pourquoi. Parce que dès que le Yémen sera sorti de la crise  actuelle, il demandera à d’adhérer au CCG. Difficile de le reconduire pour des raisons évidentes. Le Yémen est beaucoup plus proche de l’Arabie saoudite que le Maroc et la Jordanie ainsi que tous les autres membres du CCG. Même chose pour l’Egypte. On ne pourra pas dire « niet » au « big brother arabe » qui aura jugé et son régime et son président qui ont longtemps fait de l’ombre à Ryad. Idem de la Tunisie, de la Mauritanie et de l’Algérie ; ces pays  voudront aussi faire parti du club.

Néanmoins, excepté, la Somalie, le Djibouti et les Comores dont une éventuelle adhésion  au CCG ne poserait en principe aucun problème, celle de la Syrie, de l’Iran, de l’Autorité palestinienne et du Liban- des pays qui ont leurs poids sur la scène arabe-, sera, par contre, problématique. Même si la Syrie  parvient à se débarrasser du régime des Al Assad, elle ne pourra jamais s’accommoder d’une vie  au sein du CCG. Difficile d’oublier 50 ans de stalinisme. Pour ce qui est de l’autorité palestinienne, il faudra choisir entre Gaza et la Cisjordanie ; autant dire zappons. Pareil pour le Liban, difficile de coopter le Nord Liban sans le Sud dominé par le Hezbollah qui comme chacun le sait  est un grand « amoureux »  des Saoudiens.

Enfin, l’Irak. Pays qui n’a jamais cessé de revendiquer son droit de faire partie du CCG. Mais là aussi, la guéguerre entre sunnites et chiites (sans oublier le cas du Kurdistan) qui mine ce pays n’est pas de nature à porter chance à un CCG élargi. Donc il est fort probable que ce dernier soit tout simplement et finalement dissout dans une Ligue arabe rénovée ; où l’axe Arabie saoudite-Qatar (désormais une réalité) aura un rôle prépondérant.



               Partager Partager


Nouveau commentaire :
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook, Twitter ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

Les internautes peuvent signaler des messages qu’ils estiment non conformes à ces Charte de modération en cliquant sur le bouton « Alerter ».

Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles