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ESSAHAL MOHAMMED - publié le Lundi 27 Juin à 10:45

Le Brexit : une faiblesse personnelle transformée en une faiblesse nationale






ESSAHAL MOHAMMED
ESSAHAL MOHAMMED
C’est un drame historique, la stratégie de D. Cameron qui a mené à ce choix est un aveu de faiblesse en concédant ce referendum au sein du parti conservateur, face aux eurosceptiques et aussi des europhobes comme N. Farage, le premier ministre a concédé, il a joué, c’est un coup de poker qui renvoi à un malaise identitaire qui précède son arrivée au pouvoir.

Il y’a une double erreur de D. Cameron :
C’est pendant trois ans et demi qu’il est au fond ni pour, ni contre, et bien au contraire c’est lui qui a joué la politique de la porte ouverte, il a transformé sa faiblesse personnelle en faiblesse nationale.

Certes, Bruxelles les secoue à chaque fois, sachant bien que les britanniques ne sont pas dans la zone Euro, ni dans l’espace Schengen, et bien sûr en ayant un statut spécial, ceci ne peut être de l’exception, mais il fallait raconter la fierté britannique et non pas dire qu’il faut se méfier de Bruxelles, alors que chez les indépendantistes, il prévient que la sortie de l’Europe c’est le cataclysme pour les britanniques.

Il n y’avait pas assez de sentiments dans sa démarche, pour consolider le front interne du pays dans un géopolitique instable et mouvementé par l’anarchie créative et la sensation de la terreur des migrants, c’est une erreur stratégique qui a mis l’Europe dans le flou total par l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne sur l’union européenne qui prévoit un dispositif de retrait volontaire et unilatéral d’un pays de l’Union européenne, entrée en vigueur le premier décembre 2009.

Les électeurs pourraient décider autrement si les médias sont assez prudents, pour éclairer l’opinion, faire de la pédagogie politique et non pas poser une question avec une demie réponse, afin que l’opinion se forge, car dans un monde caractérisé par une crise de gouvernance internationale, on a besoin d’une opinion stable et non pas d’une opinion irritée.

Rappelant bien que le gouvernement travailliste dirigé par Gordon Brown l’avait approuvé par la voie parlementaire pour remplacer le traité constitutionnel européen, alors qu’il est cantonné dans l’opposition, D. Cameron, a plaidé pour un référendum, mais pour battre son ennemi au pouvoir, il a fait de la « trahison » des travaillistes en 2009, son cheval de bataille pour arriver au pouvoir en mai 2010, puis, en 2011, la chambre des communes s’est prononcée sur la possibilité d’un référendum sur l’adhésion à l’Union européenne.

Ensuite, en 2013, le referendum sur l’appartenance à l’UE était un thème principal dans le jeu électoral face au danger galopant du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), ce qui a reconduit D. Cameron au pouvoir.

Cependant, il faut se souvenir de cette phrase en 2014, quand le premier ministre a annoncé que le referendum de 2016 « je vais le gagner facilement », il disposait d’un contexte politique favorable, après son réélection en 2013 et une grande majorité de la classe politique le soutenait y compris chez les travaillistes, aussi Barak Obama qui s’est rendu sur place pour faire compagne avec lui contre le Brexit.

Pourtant, le peuple a décidé autrement particulièrement les classes populaires dans la compagne, malgré que la féministe pro-européenne JO Cox a sacrifié sa vie pour cette cause, les gens se sont endormis européens et le vendredi matin se sont réveillés britanniques suite à un scrutin sans appel de 51,9 % pour « leave », après 43 ans, la grande Bretagne est «out», l’élément turbulent de l’union se replie sur lui-même.

Une décision séismique qui a fait paniquer le monde y compris les marchés, alors que tout le monde a intérêt à trouver un accord car le marché européen a besoin des britanniques et aussi une place financière forte comme Londres a besoin, elle aussi de l’union européenne.

Des liens seront retissés, sauf qu’il faut tout renégocier point par point ce qui est déjà contenu dans un package, par conséquent des négociations vont être très langues, tandis que le parlement britannique est dans l’obligation de revoir toute la réglementation, ce qui est un grand labour pour les députés car une grande partie de la vie des britanniques est réglementée comme celle des européens, surtout, il va falloir tisser de nouvelles relations d’Etat, en faisant tout comme dans un divorce, et personne n’a intérêt au blocage, néanmoins, l’effet contagion pourrait se propager à d’autres pays.

Comme conséquence politique immédiate, une démission de premier ministre qui sera suivie certainement d’une crise politique dans le pays alors que l’union européenne qui n’a pas fonctionné devrait se réformer dans l’immédiat en expliquant bien sûr au gens leur stratégie dans la foulée de la vague des populistes et indépendantistes.



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