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Abderrahman Benhamza - publié le Mercredi 5 Novembre à 11:31

Larbi Cherkaoui : rythme et mouvement



Depuis sa dernière exposition à la galerie David Bloch à Marrakech il y a un an, se posent à l’artiste plasticien Larbi Chekaoui de façon pressante des questions fondamentales relatives à son art, qui se résumeraient dans la quête d’un dépassement de soi vers de plus grandes perfomances.



Larbi Cherkaoui : rythme et mouvement
Venu à la création par les chemins de la calligraphie (où il a réalisé des exploits inédits), Cherkaoui a vite compris que le gestualisme lettral n’est plus de mise dans un monde aux valeurs conceptuelles en perpétuelle régénérescence. D’où l’entreprise de démantèlement du « texte » et l’anéantissement progressif du verbal commencée il ya quelques années. Comme par une ironie du sort, le textuel, de plus en plus immergé, se voit tranformer en une texture charriant des soucis chromatiques et une manière de palette qui invite l’artiste à s’aventurer.

Cherkaoui insturmentalisera une panoplie de tons et de pigments qu’exige sa recherche sur la matière. De même le support, le cuir comme réceptable formel adéquat et lieu de réminiscence patrimoniale, va prendre des dimensions inhabituelles, dictées par l’impératif du mouvement et l’élargissement de la vision – critères spatiaux liés comme on sait à la distribution de la lumière.

La composition dévoile parfois une simultanéité du geste, comme si l’artiste utilisait ses deux mains en même temps ; une composition où transparaît le résidu d’une expérience scripturale aujourd’hui dépassée.

L’inconscient s’y déploie en faisceaux de lignes, en taches, en une myriade de points, en brûlures, en écrochements et lacérations fébriles : tous des signes plastiques dont la double fonction est virtuelle et esthétique. – La veine calligraphique de Cherkaoui, (qui reste le subsrat d’un art en continuel questionemment), ne s’intéresse ni à l’expression (comme nous l’avons dit) ni à la sensibilité ; le tableau devient un objet arbitraire et se refuse à toute forme d’assimilation discursive. Disséminées, les formes, en relation avec le fond,  sont des improvisations dynamiques impliquant le regard dans une abstraction lyrique ambivalente et en appellant, prioritairement, à l’imaginaire dans son intensité anecdotique, peut-être aussi au hasard dans sa liberté et sa spontanéité à se manifester.

L’œuvre de Cherkaoui ne se limite certes pas à une seule approche. On peut y voir aussi des préoccupations minimalistes. Mais, ce qui fait incontestablement sa force, c’est sa résistance à la normalisation et, surtout, la fougue spectaculaire qui caractérise sa naissance. Tout le sens est à chercher du côté du rythme, et ce qu’on prétend y voir et saisir est de l’ordre du semblant.

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