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Darrehmane Boudriss - publié le Dimanche 12 Janvier à 23:14

Langue et économie nationale




Auparavant l’intelligence des instances législatives nationales était initiée de façon à se comporter avec les enjeux linguistiques comme un instrument parmi d’autres de sauvegarde du patrimoine et du pouvoir. La consolidation de ce comportement a fini par devenir un blocage pour plusieurs domaines de production intellectuelle et artistique.



La linguistique, telle qu’elle a été définie en 1916 par Ferdinand de Saussure a permis actuellement, après la diversification des recherches et des domaines de recherche, de mener la réflexion linguistique dans le sens des secteurs de production économiques et autres.

Auparavant l’intelligence des instances législatives nationales était initiée de façon à se comporter avec les enjeux linguistiques comme un instrument parmi d’autres de sauvegarde du patrimoine et du pouvoir. La consolidation de ce comportement a fini par devenir un blocage pour plusieurs domaines de production intellectuelle et artistique.

Devant une telle situation d’aliénation et de sous-développement, une intelligence nationale nouvelle cherche à s’imposer et à faire face aux menaces diverses de l’essor des produits intellectuels des sociétés de l’information et des centres de l’ingénierie des intelligences. Ces produits, qui s’exportent comme le humburguer, incitent l’intelligence nationale à agir vite pour évincer les modèles d’aberration intellectuelle et œuvrer pour une promotion de l’être et de son environnement.

Comme l’attestent les faits économiques actuels, le marché national face à ses concurrents internationaux préférés adopte un comportement protectionniste qui lui fait perdre beaucoup d’opportunités d’accueil des capitaux étrangers et de richesse. L’économie, c’est à dire, les règles de calcul, de comptabilités, des lois de l’offre et de la demande, des aléas climatiques, du calcul du PNB et autres ne sont plus concevables sans l’intégration d’un dynamisme communicatif géré intégralement de point de vue linguistique et informationnelle.

Le curriculum éducatif national, outre la sauvegarde des valeurs symboliques ancestrales, il est temps de concevoir sa composante linguistique en termes de rentabilité économique et informationnelle. De l’école élémentaire, jusqu’aux centres universitaires spécialisés, les parcours de formation et d’apprentissage doivent être restructurés et réévalués. Les approches communicatives, la pédagogie par objectifs, le fonctionnalisme générativiste et distributionnaliste…qui ont longtemps meublé l’espace de l’apprentissage national marocain, n’ont en fin de compte comme objet d’étude que « la langue en elle-même et pour elle-même». C’est-à-dire l’objet qui fait sacrifier l’être au dépend du paraitre. Ce paraitre qui est celui d’adopter une attitude linguistique et de bien parler.

Pour un marocain lettré de classe moyenne, le français « en lui-même et pour lui-même » pour lequel ce marocain lettré se sacrifie, n’est en réalité qu’un bien symbolique de consommation luxueuse. Il lui procure la distinction sociale, mais du moment que ce français n’est pas réglé syntaxiquement, structuré lexicalement et intentionnellement selon les domaines d’intervention professionnel et économique des usagers, ce français devient un instrument d’aliénation économique et affaiblit par-là la rentabilité économique des individus.

L’appropriation d’une langue étrangère ne peut en aucun cas être une appropriation totale. Elle ne peut être que partielle selon les domaines d’intervention scientifique, économique et informationnelle ; d’où la nécessité d’établir des programmes de formation en fonction des secteurs et des entreprises dans lesquels les individus agissent et interagissent. Un seul programme d’enseignement et de formation généralisé sur tous les secteurs de production et de consommation, sur toutes les branches, est on ne peut plus une gestion qui fait accroître d’avantage le déficit linguistique et communicatif dans le pays.



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