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Essahal Mohammed - publié le Mercredi 3 Février à 10:35

Laïcité-Égalité : le rapport a-t-il changé ?




La laïcité est un cadre juridique qui se construit dans le temps comme un instrument contre les croyances où chacun a le droit d’exercer son culte comme il le souhaite, étant donné que le pouvoir a compris qu’il ne peut plus exister sans la liberté d’expression, par conséquent, il n’y a pas de censure.



Essahal Mohammed
Essahal Mohammed
Dans la culture politique française, il n’y a pas démocratie sans laïcité, elle produit le droit qui est au-dessus des croyances, c’est le droit de tout dire et d’être, ils sont égaux: croyants et non croyants, de ce fait, critiquer la religion pour certains, c’est présumer d’empêcher les homosexuelles d’être persécutés, laisser dire les athées tout ce qu’ils veulent de la religion, subséquemment, être, laïc c’est la liberté et même plus de la liberté, consciemment et inconsciemment, la laïcité aspire son origine des révolutions et de l’ère des lumières.

Laïcité : des origines et un principe
Avant la révolution française, le pouvoir public entretenait une relation perplexe à l'égard de la sphère religieuse, avec une place de choix pour le catholicisme au détriment des autres religions, mais la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 a annoncé la liberté religieuse en posant les premiers jalons de la séparation entre l’État et l’église, par la suite, elle a été constitutionnalisée en 1791.

Cependant, ce sont les lois de Jules Ferry qui ont institué l’enseignement public, gratuit, laïc et aussi obligatoire, cette impulsion a été achevée par la loi de 1905 en retranchant la religion dans la sphère privée comme un fondement simple de la morale sociale, et affirmer par la même une république laïque.

Toutefois, le concept de la laïcité a figuré dans le préambule de la constitution de 1946, puis repris dans l’article premier de la constitution de 1958, comme principe constitutionnel dans un Etat neutre vis-à-vis des religions, avec le droit à un lieu de culte et l’égalité de tous devant la loi.

En suivant le mouvement de la laïcité, son domaine fertile c’est l’école qui est libre où les sphères publique et privée s’enchevêtrent comme l’affaire du «foulard» en 1989, faisant resurgir le problème du port des signes religieux, qui n’a pas été prévue par la loi de 1905 et remet en cause la mécanique autonomiste de cette loi, surtout avec la croissance de la communauté musulmane installée en France.

Pour combler cette faille, l’État a été contraint d’intervenir et de légiférer pour interdire successivement en 2004, le port de tout signe religieux à l’école et en 2010 la dissimulation du visage dans l’espace public.

Néanmoins, le principe de la séparation de l'Etat et de la religion - que ce soit l'islam, le judaïsme ou la chrétienté- est fréquemment repris par la classe politique française et les médias, il fait réagir les communautés religieuses comme les citoyens en questionnant directement le concept de la laïcité.

Laïcité : un concept polysémique
Depuis, la loi de 1905, la laïcité est ouverte sur des explications différentes, ainsi, elle reste un concept polysémique interprété autrement par les intellectuels comme la classe politique, où la conceptualisation se diffère du gauche comme à droite, mais néanmoins les attachés à la libre pensée rejeté toute intervention dans le champ religieux.

Cependant, les attaques contre Charlie hebdo, laissent les deux courants principaux s’affronter particulièrement les sociologues qui préfèrent octroyer des droits spécifiques à chaque communauté, à l’opposé du concept de la laïcité dite « républicaine » qui exige de renfermer la religion dans la sphère privée.

Ainsi, la stigmatisation de la communauté musulmane a remis en cause la laïcité républicaine où les politiques se cantonnent derrière l’unité et le vivre-ensemble pour solliciter voire imposer un islam laïcisé, et profiter de l’état d’urgence pour fermer les bouches des sociologues adeptes d’une société plurielle en pleine mutation et aux racines multiples.

Cette version est considérée par plusieurs comme dangereuse et mis en jeu la cohésion de la société française qui est en désintégration, ainsi les politiques défendent ce principe et l’enchérissent pour des intérêts politiciens et électorales au lieu de véritables solutions aux fléaux de la société.

Défendre la laïcité comme principe inabordable
Après les attentats de Paris en janvier 2015, les médias comme les politiques ont fait resurgir des problématiques sensibles et critiques comme la radicalisation religieuse dans les prisons, la situation de la jeunesse non diplômée des banlieues, la pratique religieuse et ses relations avec la citoyenneté, l’islamisation de la société française qui présente un danger imminent à ses racines chrétiennes, la ségrégation sociale, et surtout les difficultés dans l’école.

Charlie hebdo a fait ressurgir le débat sur la laïcité déjà présent dans le milieu intellectuel et politique pendant ces dernières décennies.

Défendre Charlie parce qu’elle y’a une menace terroriste qui est une nouvelle forme de censure du droit de la liberté, ce journal satirique qui a une résonnance mondiale arrive à bousculer les croyances et les sensibilités parce qu’il a de grands graphistes qui font rire et choquer en même temps.

Charlie se dit, faire deux genres d’opinions différentes, mais au contraire, il choque le croyant et le blesse, alors que le non croyant ou l‘athée le trouve très drôle.

Répandre et réitérer le slogan «je suis Charlie» est une métaphore, pour faire l’inclusion d’une société inégalitaire face au danger, mais nullement ne signifie que tout le monde partage tout avec Charlie, au contraire c’est vouloir détacher l’identité religieuse de l’identité laïque qui a la seule à avoir de droit afin de gagner les consciences et de dire que la laïcité défend tout le monde et personne n’est ennemi de l’autre, au moment où le patron de Charlie confirme qu’il est athée.

Aussi les medias ont repris de nombreuses questions des élèves évoquant la bipolarisation dans le traitement des sujets créant des sensibilités religieuses et qui reflètent le communautarisme en dénonçant la fameuse formule des "deux poids, deux mesures" au sein de l’école qui a normalement pour mission de transmettre les valeurs.

L’après Charlie hebdo a vu reconnaitre cette conception autoritaire de la liberté d’expression là où il y’a une perte vertigineuse des valeurs, face à un discours déboussolé d’une élite politique qui est en phase de reconstruire son image et redorer son blason face aux enjeux de la situation.

Laïcité-Egalité: une perte des valeurs
Comme principe, la laïcité est une puissance publique qui installe un espace zéro où les opinions sont confrontées et on ne cautionne pas les religions et tout le reste c’est la liberté d’affichage c'est-à-dire la société civile.

Il n’y a pas de relation entre foi et loi, il n’y a pas de définition précise, sachant que l’article premier de la constitution met tous les français à pied d’égalité devant la loi, et le projet de la réforme constitutionnelle soulève des critiques dans la droite comme la gauche, mais les changements qui ont affectés la société française ne remettent-ils pas en cause la philosophie et l’âme de cet article en bafouant le respect de toutes les croyances et s’efforçant de créer deux statuts de français, alors que le vrai problème, c’est la fracture sociale qui creuse des inégalités.

Comment va-t-on appréhender le rapport égalité-laïcité, alors qu’on est dans une société inégalitaire où l’accès à l’éducation ne se fait pas de la même façon, donc, des inégalités des chances, ce qui montre de doigt le parcours citoyen qui est défaillant et engendre un chômage de masse d’une jeunesse peu diplômée.

Lutter contre la fracture de civilisation et s’attaquer aux sites complotistes en responsabilisant le salafisme est insuffisant quant à la perte sur le terrain des valeurs, car tout le pays doit- être d’accord que le mariage entre la démocratie et la république est la clé de voute pour sortir de l’impasse.

Par conséquent, il n’y a pas de culte qui transcende les autres, la laïcité c’est une culture dans un Etat de droit, le sacré demeure personnel est la victime c’est l’école qui est très contestée parce qu’elle n’a pas pu créer un espace minimum de tolérance et de cohabitation entre tous pour lutter contre l’antisémitisme, l’islamophobie et la haine qui attise même les réseaux sociaux.

Laïcité à gauche : le torchon brule
Faut-il avoir deux laïcité ou deux conceptions pour sortir d’une forme de déni, et en finir avec la stigmatisation d’une partie de population issue de l’immigration des musulmans, pendant trente ans, il y’a un statut quo, la république est laïque mais la société ne doit pas être neutralisée, il ne faut pas accepter des propos comme : construire l’islamophobie sur l’idée de l’antisémitisme.

En voyant un premier ministre qui s’oppose farouchement à l’observatoire sur la laïcité présidé par un socialiste de son camp sur la pédagogie de celle-ci, remet en cause son utilité, surtout après les propos de E.Badinter de ne pas avoir « peur de se faire traiter d'islamophobe » en défendant la laïcité.

Deux conceptions pour une société plurielle posent la question si on doit mettre le curseur sur le foulard, ou s’attacher à une laïcité républicaine et vivre les croyances sans troubler l’ordre public.

Existe- elle une laïcité ouverte, une laïcité d’inclusion, ou une laïcité d’exclusion, ou faut-il reconnaitre une seule laïcité tout court, alors que la seule vérité que l’unité ce n’est pas l’uniformité juridique, ce qui exige de respecter les différences, puis les dépasser à travers le principe de l’égalité.

Donc faut-il donner la parole aux français pour savoir si la laïcité peut les rassembler et s’ils ne veulent pas de religion politique qui posera un problème à la démocratie.
Le terme laïc a des expressions, il ne faut pas demander au droit de substituer au débat politique, en plus, la société civile n’était pas en béquille de l’Etat dans la bataille politique, et les ponts sont coupés entre chercheurs et politiques en terme de transferts des résultats.

Il ne faut pas laisser dire que l’islamophobie est une arme construite pour attaquer la laïcité où sa valeur aujourd’hui est distordue,

Enfin, le monde a besoin plus que jamais de la religion pour établir des règles de modération pour préserver la diversité culturelle et religieuse et du vivre ensemble.

Il y’avait des études concernant la question des religions dans l’espace public, pourtant c’est aux gens entre eux, de tendre les passerelles de la confiance de la tolérance loin de toutes tentations de censure, de stigmatisation et de violence.



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