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Omar Alaoui, acteur associatif et politique - publié le Mardi 25 Décembre à 10:47

Lachgar et son appel à "rallumer tous les soleils"






Lachgar et son appel à "rallumer tous les soleils"
L’élection de Driss Lachgar à la tête de l’USFP a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit d’un événement politique marquant, un véritable séisme politique au Maroc. Tout d’abord, nous devons reconnaître le mérite qu’on eu les militantes et les militants socialistes dans l’organisation d’un Congrès placé sous le signe de la démocratie interne et du respect du choix des congressistes. Nous devons également reconnaître que l’élection du nouveau Premier secrétaire des socialistes marocains n’a pas laissé indifférent les citoyens marocains, Lachgar aura réussi à refaire parler du parti de la Rose, que je qualifiai moi même dans une précédente tribune de « grand cadavre à la renverse ». Aussi, l’USFP se dote enfin d’un leader qui n’est ni un dinosaure, ni un éléphant. Qu’on apprécie le personnage ou non, Lachgar est un homme politique au vrai sens du terme. Un véritable « animal politique ». Avocat de formation, il sait parfaitement l’argumentaire nécessaire pour mener une opposition frontale au gouvernement Benkirane. Le nouveau patron de l’USFP a toutes les qualités pour défier Benkirane. En effet il parle le même langage, celui du peuple, et c’est là sa force majeure. Pourra t-il cependant regagner la confiance des couches les plus défavorisés ? Ces opprimés, ces oubliés, ces égarés, ces « petites gens » qui ont cru dans les idéaux d’Abderrahim Bouabid et de Mehdi Ben Barka pourront ils se réconcilier enfin avec le parti de la Rose ?
Lachgar aura également la difficile mission de rassembler la grande famille de la Gauche, et tous les « petits partis » dissidents de l’USFP éparpillés au sein du microcosme politique marocain. Il se pose alors une question essentielle pour comprendre la future disposition politique de la famille de « Gauche » : celle de la relation qu’entretiendra Lachgar avec le très contestataire PSU. Le parti de Nabila Mounib pourra t-il envisager une alliance politique et stratégique avec l’USFP ? L’éclatement de la famille socialiste est également l’un des facteurs explicatifs du déclin électoral de l’USFP et surtout de sa faiblesse en terme de mobilisation citoyenne. Lachgar devra s’élever au dessus des intérêts personnels et de la politique politicienne pour entamer la réconciliation des différents partis de Gauche et réussir in fine l’union véritable et solide de la Gauche marocaine. Si il échoue, nous assisterons à une « radicalisation » de certains militants socialistes, qui ne se retrouveront pas dans un USFP que l’on dit, à tort ou à raison, de plus en plus conciliant envers le « Makhzen ».

Le nouveau Premier secrétaire socialiste devra également prendre en main le dossier de la Jeunesse de son parti et des difficultés internes qui bloquent toutes actions d’une Chabiba qui a pourtant toujours été avant-gardiste et audacieuse. Celle-ci est aujourd’hui partagée entre les partisans du « Mouvement du 20 février » et les jeunes militants qui s’y opposent. Il aura pour l’épauler dans cette mission les jeunes parlementaires du parti, très populaire sur les réseaux sociaux et auprès de la Jeunesse, je pense ici à Mehdi Mezouari ou à Ali Elyazghi. Deux jeunes leaders dont les voix se font de plus en plus entendre auprès des « militants du changement ». Le retour de Mohamed El Gahs, figure emblématique de la Jeunesse, est également un bon signe pour la refondation de l’USFP. Lachgar pourra s’appuyer sur les compétences et les talents de ces derniers.

Plus urgent encore, il y a le travail de la coordination du travail des partis de l’opposition, et notamment concernant les groupes parlementaires. Mustapha Bakkoury a récemment lors d’un congrès régional du « parti du tracteur » appelé de ses vœux à une plus ample collaboration entre les partis de l’opposition pour mener à bien les missions que lui confère la nouvelle Constitution.

Au-delà du travail législatif de l’opposition parlementaire, le RNI, le PAM et l’USFP peuvent et devront se retrouver autour d’un ensemble de valeurs communes, et à la dignité, l’égalitarisme et les grandes libertés. Ces trois partis qui se réclament de la social-démocratie se rejoignent sur un socle commun et partagent des idéaux modernistes et humanistes.

Le socialisme marocain ne saurait être réduit à des simplifications et à des raccourcis comme ceux utilisés par les bien-penseurs et les donneurs de leçons. Il faut savoir l’approcher comme une dynamique historique. L’USFP est un « petit miracle », il est ce rêve fait par Cheikh El Islam, par El Ouadie El Assafi, par Abderrahim Bouabid et bien d’autres. Il est ce parti qui a su réconcilier le système politique marocain et les idéaux socialistes qui ont séduits et qui continueront de séduire une partie de la population et de la jeunesse marocaine. Lachgar devra trouver les moyens de sortir par le haut des difficultés internes dans lequel le parti est plongé. Déjà, il propose des pistes de réflexion, des solutions plausibles. Une direction collégiale, si chère au camarade français Mélenchon, ainsi qu’un groupe d’experts en charge de la trésorerie et des biens matériels du parti de la Rose. Lachgar le « populiste », le tribun, réussira t-il à se transformer en un chef de parti prônant la bonne gestion interne, le management et la communication politique moderne ? Quel que soit la réponse, l’USFP est aujourd’hui dirigé par un homme politique ambitieux, qui veut, plus que jamais, tirer son parti vers le haut et rompre avec les pratiques d’antan d’un Elyazghi ou d’un Radi !

Jean Jaures ne disait il pas : « Même si les socialistes éteignent un moment toutes les étoiles du ciel, je veux marcher avec eux dans le chemin sombre qui mène à la justice, étincelle divine, qui suffira à rallumer tous les soleils dans toutes les hauteurs de l’espace »


Tagué : Omar Alaoui

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