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MAP - El Mustapha Ennasri - publié le Lundi 19 Mai à 15:30

La zaouïa Charkaouia à Boujaâd, un haut lieu de spiritualité au rayonnement notoire



Khouribga - Fondée au début du 16 ème siècle par le Saint Sidi Bouabid Charki, la zaouïa Charkaouia à Boujaâd figure parmi les monuments historiques religieux et cultuels du Maroc au rayonnement notoire, de par le rôle important qu'elle assume sur les plans scientifique et social au sein de la société marocaine.



PH MAP
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Considérée historiquement comme l'une des zaouïas les plus célèbres du Royaume, elle a depuis toujours contribué à la diffusion des préceptes et de la culture d'un Islam modéré, sans oublier son rôle au niveau politique notamment durant des périodes difficiles de l'histoire du pays au 19ème siècle.

Cette zaouïa, qui a suivi l'exemple de la zaouïa Chadilia fortement attachée au Saint Coran et à la Sunna, a joué ainsi un grand rôle en matière de diffusion des sciences de la religion au Maroc surtout au cours du 10ème siècle de l'hégire, ainsi que dans la consécration de la culture d'entraide sociale et en matière de médiation aussi bien entre les individus et les tribus, qu'entre ces dernières et le pouvoir.

La zaouïa Charkaouia a longtemps été une destination privilégiée des étudiants et des oulémas spécialisés dans les sciences de la religion, ainsi qu'un espace de recueillement pour les soufis, accomplissant ainsi une double mission religieuse et éducative.

Cette structure mère de Boujaâd a contribué à la création de centaines d'autres zaouïas dans différentes régions du Royaume, dont les plus célèbres sont celles de Sidi Mohamed Benslimane Chaoui Ziyani et de Sidi Hajaj (Chaouia) et de Sidi Mohamed Ben Saleh Amiri (Fquih Ben Saleh).

Le rayonnement de la zaouïa Charkaouia a dépassé ainsi la ville de Boujaâd pour s'étendre à d'autres régions du Maroc et même dans le monde, pour devenir, à une certaine époque, la "Kibla" des chercheurs de tous bords, dont le sociologue français Charles De Foucauld et l'Américain Deal Eklman. Ce dernier avait écrit que cette zaouïa est un centre religieux dont l'influence culturelle et scientifique a dépassé sa région pour atteindre des régions lointaines au Maroc .

Pour préserver cette aura, les descendants du saint Abou Abdillah Mohamed Charki organisent annuellement, en coordination avec le conseil municipal de la ville de Boujaâd, le moussem religieux et culturel de la Zaouïa Charkaouia, perpétuant ainsi de nombreuses traditions et coutumes qui illustrent l'attachement des tribus de la région à cette structure.

L'intérêt accordé à l'héritage de cette zaouïa et à ses rôles religieux et scientifique se traduit aussi à travers de nombreuses recherches académiques et universitaires réalisées à son sujet, ainsi que par l'importance accordée par le ministère des Habous et des Affaires islamiques à ce monument historique. Ce département a initié ces dernières années des projets pour la construction d'une coupole à la zaoïa et d'habitations pour ses visiteurs, ainsi pour la restauration du mausolée de Sidi Bouabid Charki.

Dans le cadre des mêmes efforts, le Haut commissariat aux anciens résistants et aniciens membres de l'armée de libération avait organisé, en 2009, un colloque sur le mouvement national de résistance à Boujaâd dans le but de faire valoir les différents aspects liés au mouvement de résistance dans cette ville et ses tribus.

Pour l'historien de la zaouïa Charkaouia, Ahmed Boukari Cherkaoui, l'édification de la zaouïa par Sidi Bouabid Charki au millier du 16ème siècle a coïncidé avec l'avénement de la dynastie des Saadiens, ajoutant que son fondateur a veillé à mettre en place un lieu de culte et de spiritualité dont l'influence s'est fait ressentir dans plusieurs régions du Maroc, dont Chaouia Ourdigha, Tadla, Doukkala et le Sahara.

Ce spécialiste du soufisme a relevé, dans une déclaration à la MAP, que le projet civilisationnel de cette zaouïa a perduré pendant plusieurs siècles grâce aux efforts des descendants de Sidi Bouabid Charki et des célèbres mouridines (disciples) comme Sidi Mohamed Saleh et Sidi Mohamed El Maâti Ben Mohamed Saleh.

Boukari Cherkaoui, qui est enseignant-chercheur à l'université Cadi Ayyad de Marrakech, a estimé que cette zaouïa a besoin aujourd'hui d'une revalorisation de ses rôles religieux, spirituel, scientifique et éducatif pour continuer à assumer sa mission de diffusion de la culture islamique de cohabitation et de paix, ainsi que des nobles valeurs du soufisme.

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