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Mahamat Samba Touré - publié le Mercredi 20 Mars à 09:13

La visite Royale au Sénégal






La visite Royale au Sénégal
Depuis l’intronisation de Sa Majesté le roi Mohammed VI en 1999, la diplomatie marocaine a montré un intérêt grandissant vis à vis de l’Afrique de l’ouest, et plus précisément de son fidèle allié, le Sénégal. Les programmes de coopération se multiplient entre les deux pays dans les domaines de l’agriculture, de l’hydraulique, des aménagements urbains, des infrastructures ou encore de l’éducation. Citons à titre d’exemple la signature entre le roi Mohammed VI et l’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade, des accords relatifs à l’établissement d’une liaison maritime entre les deux Etats, lors du sommet Afrique-France de Paris, tenu au début des années 2000.

Le Sénégal est l’un des plus vieux alliés de Rabat dans la région. Cette proximité s’explique d’abord par la présence d’une ancienne communauté marocaine au Sénégal, du fait des rapports d’amitié qu’a entretenus le défunt Roi Hassan II avec les présidents Sénégalais mais également des convergences de points de vue en matière de politique internationale. Ce qui démontre la stabilité et la cordialité des relations entre les deux Etats, au fil des évolutions politiques et des changements des dirigeants dans ces pays.

Les relations entre les deux pays sont donc très poussées. D’autant plus que les représentations diplomatiques des deux Etats œuvrent sans relâche à leur consolidation et à la recherche de nouvelles perspectives de collaboration.

Un autre lien, de nature religieuse, unit fortement les deux pays. Il s’agit de la confrérie Tijâniya. Cette confrérie, née à Fès, a essaimé dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. De plus, l’Islam présent en Afrique de l’ouest est en effet avant tout confrérique. La Tijâniya est particulièrement bien représentée, mais c’est surtout au Sénégal qu’elle prend une ampleur considérable. Pour les adeptes de cette confrérie, Fès est une ville de pèlerinage, presque une ville sainte. D’après les experts en études africaines, les liens particuliers unissant les adeptes de cette confrérie sont parfois utilisés comme une sorte de « diplomatie parallèle » par Rabat et Dakar.

Dès lors, la priorité de Rabat, est de s’assurer un allié indéfectible sur le continent, afin de tenter de convaincre un maximum d’Etats, de soutenir le Maroc dans le parachèvement de son intégrité territoriale. C’est ce que l’on pourrait appeler une politique d’influence. Mais une politique d’influence fondée sur la légalité et la légitimité de la marocanité du Sahara dit occidental. Aussi lors du communiqué conjoint lu à Dakar le mardi 19 mars 2013, « (…) les deux Chefs d'Etat ont souligné que la persistance (…) du conflit du Sahara marocain  constitue une menace potentielle pour l'intégrité territoriale et la sécurité des Etats de la région et une entrave sérieuse au processus d'une intégration régionale conforme aux aspirations des peuples africains (…) ». Bien plus, « le Président sénégalais a réitéré l'appui ferme et constant de son pays à la marocanité du Sahara et souligné que l'initiative marocaine d'une large autonomie au Sahara constitue la solution idoine pour le règlement définitif de ce conflit ».

Aussi, les grandes orientations de cette politique africaine sont en l’occurrence, la défense des Pays les Moins Avancés (PMA) africains, avec un axe fort Rabat-Dakar ; l’ouverture sur l’Afrique de l’ouest, avec laquelle le royaume souhaite un rapprochement, voire même une intégration régionale, au moyen de la densification des échanges, illustrée par une augmentation des projets de coopération et l’implantation des entreprises marocaines ; ou encore la question des accords douaniers. Le roi du Maroc souhaite que cette présence renforcée au Sénégal serve de vitrine au savoir-faire marocain en Afrique sub-saharienne, et qu’elle permette au royaume de jouer un rôle de  « pont » entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Car le Maroc, qui est à la recherche de débouchés pour ses produits destinés à l’export et qui cherche également à s’approvisionner en matières premières pour son industrie, notamment l’industrie minière, voudrait profiter des opportunités qu’offrent les pays sub-sahariens. Du fait d’un contexte international marqué par l’intensification de la concurrence sur les marchés européens, le marché ouest-africain pourrait constituer une niche stratégique pour les entreprises du royaume, compte tenu de son potentiel.

Cependant, la visite du souverain marocain entamée le 15 mars 2013, au « pays de la Terranga »  s’inscrit dans la continuité des relations entre le Maroc et le Sénégal, dont les origines remontent à plusieurs siècles. Car en effet, l’espace saharien a longtemps été un espace de communication et de multiplication des flux migratoires et d'échanges commerciaux. Ces contacts ont non seulement été économiques, mais aussi intellectuels, artistiques et spirituels. Conforté par son ancrage historique et culturel en Afrique, le Maroc a ainsi entretenu des relations multiséculaires avec le Sénégal, notamment du fait des routes caravanières qui partaient de son territoire pour rejoindre l’Afrique de l’ouest. Le royaume se positionne donc comme un partenaire incontournable et actif dans la coopération avec le Sénégal.

Mahamat Samba Touré
Doctorant en Droit Public et Sciences Politiques



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