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Ceem Haidar - CGNews - publié le Samedi 8 Novembre à 10:12

La vague de l’avenir




Ceem Haidar - La technologie a pris d’assaut bien des sociétés musulmanes à d’autres égards confinées et on ne peut pas faire grand chose pour stopper ce phénomène.



L’Arabie saoudite est l’un de ces lieux. Bien que ce pays soit connu pour son traditionalisme et son conservatisme en matière de relations entre hommes et femmes, ses normes se trouvent chahutées par la vague technologique actuelle. Il y a dix ans, le gouvernement contrôlait assez bien ce que les citoyens voyaient ou entendaient.

Aujourd’hui, les jeunes s’emparent de la technologie pour faire du « réseautage » social en ligne. Ce changement a non seulement un impact sur les relations entre jeunes mais aussi sur la société dans son ensemble.

Il y a des années, aucun poste de télévision saoudien ne captait de chaînes par satellite. Des chaînes comme America Plus, E! Entertainment et Show Series étaient toutes interdites afin de conserver l’esprit de religiosité dans le pays.

Cependant, avec l’augmentation du nombre de chaînes câblées telles que Orbit, Showtime et ART (Arabian Radio and Television) à la fin des années 90, il est devenu de plus en plus difficile de surveiller ce que les gens regardent, entre autres choses maintenant des shows télévisés tels que Nip/Tuck, Saturday Night Live, The OC et Friends.

Le gouvernement est tout à fait conscient que les Saoudiens ont accès à cet étalage de nouvelles et de divertissements et que le nombre d’abonnés augmente chaque jour. Si certains trouvent cela positif, d’autres en revanche ne sont pas si enthousiasmés de voir la société s’ouvrir à ce que l’on a désigné comme étant un “mode de vie à l’occidentale”.

Certains cheikhs et muftis du Moyen-Orient, en particulier d’Arabie saoudite, sont de ceux-là. Ils sont passés à la télévision régionale arabe pour condamner les émissions de culture pop comme la version panarabe de Star Academy , dont la production est libanaise et qui est un concours télévisé montrant des concurrents des deux sexes vivant sous le même toit.

Ils ont avancé que ce comportement allait à l’encontre des préceptes de l’islam et qu’encourager ces modes de vie corromprait la société.

Le contrôle sur les médias ne se limite pas aux émissions télévisées et aux chaînes câblées. L’Arabie saoudite a également essayé de contrôler l’accès à l’Internet. Les sites Web de réseautage social en ligne comme Facebook ou ceux qui comportent des données controversées sont interdits même si le gouvernement saoudien n’a pas prononcé de déclaration officielle à ce sujet.

Néanmoins il était plus facile de limiter l’accès à l’Internet avec les accès commutés. Le développement de l’Internet sans fil a permis aux Saoudiens de naviguer librement sur le Web et d’accéder à l’information sans craindre d’être épié par le gouvernement.

Donc maintenant une bataille s’est engagée entre une société qui cherche à s’exprimer librement et un gouvernement qui cherche à maintenir un code de conduite religieux conservateur dans tout le pays. Cette réalité contraste totalement avec le code de conduite des jeunes des pays occidentaux où il est possible pour les deux sexes de se rencontrer librement et de se manifester des sentiments mutuels.

Mais dans une société aussi conservatrice que l’Arabie saoudite, la jeunesse doit chercher des moyens novateurs pour établir la moindre relation avec un éventuel partenaire.

Les centres commerciaux en Arabie saoudite offrent un lieu pour ce genre d’interaction. Hommes et femmes traînent régulièrement dans les centres commerciaux en quête d’amour. Ce n’est pas un secret, étant donné que le centre commercial est sans doute le seul lieu public où hommes et femmes célibataires sont en quelque sorte autorisés à coexister dans le même espace puisqu’ils se baladent les uns à côté des autres.

Il y a des années, le traditionnel procédé de targeem (numérotage) était très populaire: des hommes célibataires et parfois des femmes écrivaient leur numéro de téléphone sur un morceau de papier qu’ils lançaient à un passant.

Avec le succès croissant des téléphones portables, les Saoudiens ont trouvé une autre solution à l’interaction limitée entre hommes et femmes: Bluetooth. Ce dispositif technologique qui facilite les communications courte distance a fait de l’interaction secrète un jeu d’enfant.

Bien sûr, les gens devaient accepter le risque d’être pris en défaut soit par des parents protecteurs soit par la police religieuse du pays. Mais aujourd’hui, connaissant les dernières technologies sur le bout des doigts, les jeunes Saoudiens peuvent choisir parmi une multitude de soupirants. Beaucoup optent encore pour la méthode de rencontre traditionnelle qui consiste à s’adresser à l’”élu(e)” de visu.

Les traditions ancrées dans la société saoudienne côtoient maintenant de nouvelles manières de faire connaissance avec l’élu de son coeur.

Mais une transition est gentiment en cours. Les similarités entre les jeunes orientaux et les jeunes occidentaux sont énormes à mesure que le téléphone portable, la télé et l’Internet offrent des forums de l’information et des connections sociales faciles d’accès.

Les jeunes Saoudiens sont certainement confrontés à plus de restrictions que ceux d’autres pays mais ils ont l’espoir d’un changement.

Cela ne veut pas dire que les jeunes Saoudiens ont choisi un mode de vie à l’occidentale. Ils définissent leur propre vie face à des pressions étatiques et culturelles et de cette manière, ils redéfinissent subtilement leur société.



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