Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



Zineb El kadri - publié le Mardi 13 Mai à 16:43

La situation sociolinguistique des Clandestins de Youssouf Amine Elalamy




Les clandestins est une œuvre de Youssouf Amine Elalamy qui rappelle des œuvres littéraires qui empruntent presque le même titre.
Cette œuvre est conçue à partir d'une longue observation aboutissant à plusieurs déductions d'un phénomène qui préoccupe la société Marocaine et son gouvernement.



La situation sociolinguistique de l'oeuvre les Clandestins

La situation sociale du langage telle qu'elle a été vécue par Elalamy dans ce texte.
- La phrase : « je vous dis pas » est une pure traduction de l'Arabe Dialectal, [ma n g u l i k u mƒ] .Elle est répétée à maintes reprises dans l’incipit.
Cette phrase est utilisée chez les femmes lorsqu'elles veulent décrire un événement, une fête, une belle fille …etc. en guise de vantardise fanfaronne, fierté stéréotypée.
Ici, l'auteur l'utilise pour décrire la beauté d'une fille :
«Il était une de ces fois, une petite fille avec des yeux, je
vous dis pas, et un sourire, je vous dis quand même ? »
Trop bavarder, être loquace est une valeur ajoutée à presque la plupart des femmes Marocaines appartenant à une couche sociale précaire, parler seulement pour le plaisir de parler et d'être écoutées reste un phénomène très répandu dans la société Marocaine.
L'auteur évoque aussi l'incompréhension des parents et l’absence de communication avec leurs enfants et surtout les filles n'ont pas, droit de consentir ou de refuser, seulement d’obéir sans la moindre contestation.
La phrase encore «petite et déjà pleine» rappelle un proverbe en arabe Dialectal qui veut dire qu’elle est prête pour enfanter.
Puis, « parler aux grands, penses-tu, un enfant de cet âge, et même pas un garçon»

L'interdiction des filles de parler aux grands, aux hommes d’une manière générale car cela fait partie des tabous.
Dans la société marocaine, on respecte l'homme plus que la femme, la femme est un peu Marginalisée et n'est pas vraiment prise au sérieux.
Donc, on prône énormément la virilité jusqu'au point presque si jamais une femme accouche d'une fille, tout le Monde dit qu'elle sera réprimandée voire méprisée par son mari, sa belle famille.
Le Mariage comme Institution sans égal dans la société Marocaine:
« Tu parles d'une enfant, quinze ans déjà! avait hurlé sa mère, il sera bientôt trop tard pour la marier, avait ajouté son père.» .

Le mariage demeure une obligation pour la fille Marocaine, tout
son avenir en dépend.
Si elle s'attarde à se Marier, on l'appellera vieille fille, on l'accusera, qu'elle a été défloré ou bien qu'elle est indésirable et que jamais personne n’a demandé sa main.

Les parents ne recherchent pas le bonheur de leurs filles Mais seulement ce mariage va-t-il les faire escalader précipitamment l'échelle sociale? Ou non? Puis, marier sa fille afin de toucher une grande somme d'argent et profiter des ressources financières de son gendre est un phénomène très récurent dans la société Marocaine.
«La petite continuait à jouer, mais elle avait peur du noir, surtout celui à qui on voulait la marier et qui aurait pu être son père, s'il n'avait eu tout cet argent gagné on ne sait comment, avait dit sa mère, qu'est- ce que cela peut te faire ? avait hurlé son père, j'en mourrai, avait répondu la petite avant de prendre la fuite au milieu des arbres.»

Conflit de générations, incompréhension, cette absence de communication, l'avidité et l'avarice causent soit l'évasion de certaines filles, ce qui a donné naissance à la prostitution au Maroc, soit se soumettre aux ordres de leurs parents sans réagir, sans balbutier le moindre mot.
Dès le premier chapitre de cette oeuvre, l’auteur met en exergue un phénomène très répandu au Maroc celui de la prostitution.
La prostitution au Maroc est un phénomène très connu même malgré son interdiction par la religion islamique et les lois, elle se fait et c'est dû à plusieurs facteurs dont la précarité comme première cause.
Mail il faut savoir que la prostitution est divisée en catégories selon la classe sociale dans laquelle elle se pratique, car un vocabulaire riche désigne chaque type dans les milieux pauvres, mais au fur et à mesure qu'on avance dans l'échelle sociale, la prostitution change de formes et de nomenclatures.

Le choix d'une prostituée dans une classe riche se fait selon un Casting, surtout si elle est à exporter, car la prostitution est devenue un objet précieux pour l'export, c'est le commerce de la "chair blanche", dont les plus bénéfiques sont les pays de Golf.
Un casting très rigoureux et intolérable se fait par les yeux et les mains d'experts qui connaissent la marchandise demandée.
La femme marocaine est devenue une marchandise à consommer par ceux qui donnent plus. Est ce que la femme marocaine n'est plus Docteur, non plus avocat, ni juge, ni mère, mais prostituée?
Est-ce que le Maroc a remplacé l'export des phosphates pour exporter les prostituées? A tel point qu'une chaîne arabe a osé poser une Question au Ministre de la communication lors d'une émission diffusée en direct: "Comment se fait-il que le Maroc qui a honoré la femme marocaine puisque le 1/5 du gouvernement est composé de Femmes, accepte son humiliation vue le taux de la prostitution élevé au Maroc?" Alors le Ministre a été embarrassé et n'a trouvé autre réponse que confirmer ce qui est dit et appeler toutes les composantes sociétales pour combattre ce phénomène.
La prostitution au Maroc est une réalité dramatique et amère, c’est un métier très rendant certes, mais pas comme les autres. Vendre son corps pour des fins commerciales n’est point décent. Toutefois, plusieurs facteurs interviennent. Au Maroc, le taux de prostitution a grimpé ces dernières années de façon frappante ce qui s’avère très inquiétant.
« Les yeux fermés, la petite zaynab vit beaucoup d’hommes passer au-dessus de sa tête. Des espagnols pour la plupart. L’un d’entre eux, Alvaro, un photographe, avait des yeux bleus comme le ciel. Ils ne se marièrent pas, ne vécurent pas heureux et eurent un seul enfant. »

Le jeu de mots, les mots et leurs Antithèses rappellent la littérature oulipienne, et le surréalisme.
En plus, le style et la morphologie textuelle empruntés par Elalamy rappellent ceux du journal : on retrouve le chapeau, la technique de rédaction du fait divers, la modification constante du caractère d’écriture.
On remarque le jeu des Mots qui consiste en général à n’importe quel jeu de langue qui manipule les mots ou des sonorités, et en particulier celui qui consiste à créer deux mots ou deux phrases homophones le plus souvent humoristique ayant un sens différent.
«Omar, en un million de gouttes de pluie, quand il s'y attend le moins, quand il lève les yeux là-haut, et que le ciel entier est peint en bleu et qu'il n'y a pas un seul nuage, pas le moindre morceau de nuage égaré dans le ciel, pas une de ces chevelures blanches qui coiffent le ciel et que toutes les chevelures du ciel sont peintes en bleu,et que toutes les mèches de toutes les chevelures du ciel sont peintes en bleu,et que tous les cheveux de toutes les mèches de toutes les chevelures du ciel sont peints en bleu.»

Le bleu est l'une des trois couleurs primaires.
Le bleu est la couleur du ciel et par réverbération celle de la mer (bleu marine).
Bleu vient de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant.
Synonymes :
azur (de l'arabe azraq)
cyan (du grec kyanos).
Le bleu est la couleur du ciel et de l'eau. Il symbolise l'infini, le divin, le spirituel. Il invite au rêve et à l'évasion spirituelle. Par extension, il évoque la paix, le calme, la volupté.
Associé au froid, le bleu est symbole de fraîcheur et de pureté.
Symbole de pureté et de fidélité, il est en Occident la couleur de la robe de la Vierge Marie. Comme elle, le bleu sert de lien entre la terre et le ciel, le terre-à-terre et le spirituel. Dans la peinture occidentale, seul le bleu de lapis-lazuli, plus cher que l'or et utilisé avec parcimonie, est digne du manteau de la Vierge. Le bleu est alors le signe de la richesse du commanditaire.
Ainsi, Le texte émerge de la coïncidence conflictuelle de deux discours contradictoires.
-celui des autorités.
-celui du bas-peuple : de la strate sociale la plus opprimée, la plus précaire.
Les deux discours contradictoires qui portent l’un et l’autre sur des enjeux fondamentaux de la société.



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles