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Azeddine Allam - Ibn Khaldoun - publié le Jeudi 8 Décembre à 15:41

La religion et la monarchie




Désormais, la religion est devenue un espace incontournable qui s’impose aux différents intervenants, civils et politiques. Sur le plan national, l’on constate en effet un chevauchement entre les sphères, religieuse et politique, notamment à travers l’exploitation de la religion dans la vie politique, la reproduction des fatwas et l’éclosion de mouvements protestataires au nom de la religion. C’est dans ce contexte que l’Institution monarchique s’est trouvée aujourd’hui, plus que jamais, tenue d’intervenir pour canaliser l’acte religieux.



Azeddine Allam
Azeddine Allam
Son intervention s’est matérialisée à travers la restructuration du champ religieux, visant la réalisation de trois principaux objectifs. En premier lieu, la supervision générale et préventive des questions d’ordre religieux, et ce, à travers la restructuration du Ministère des Habous et des Affaires Islamiques et la création de nouvelles directions chargées de contrôler les lieux de culte, de superviser les prêches et d’accompagner le processus de formation des Imams.

 En second lieu, la garantie par le biais du Conseil supérieur des Oulémas, des Conseils locaux et de l’Instance chargée de l’Iftâa, de la sécurité spirituelle des Marocains et la préservation de leurs constantes religieuses. En dernier lieu, la consolidation des valeurs d’ouverture et de tolérance en réformant l’éducation religieuse à ses différents niveaux et en investissant dans les nouvelles technologies numériques à l’image du lancement de chaînes audiovisuelles et radiophoniques spécialisées dans la diffusion des valeurs religieuses.

D’un autre côté, si l’on passe en revue quelques passages des discours royaux afférents au champ religieux, l’on pourrait évoquer quatre déterminants.

Le premier déterminant renvoie au fait que la religion est par excellence un facteur de cohésion sociale. L’Islam organise, en effet, plusieurs domaines de la vie quotidienne des Marocains et cimente un certain nombre de valeurs d’ordres, moral et comportemental. Il faut signaler à ce niveau la coexistence qui marque la relation entre le rôle de la religion dans la vie du citoyen et les perceptions de l’Etat à cet égard. Force est de constater que la pratique musulmane du citoyen n’est pas une entrave à l’action de l’Etat.

Corrélativement, celle-ci ne constitue pas un obstacle à la pratique musulmane du citoyen, Le deuxième déterminant se résume dans l’interdépendance entre la religion et l’Etat. En effet, la religion a besoin d’une autorité qui assure aux croyants la pratique de leur religion en toute sécurité et en contrepartie, l’Etat ménage ses efforts en laissant à la religion une part importante de l’organisation sociale.

Le troisième paramètre concerne le contexte politique qui détermine le champ d’action des Oulémas devant agir sans pour autant s’immiscer dans les affaires politiques de l’Etat.

Enfin, le quatrième déterminant renvoie au pouvoir royal qui doit concilier entre attributions religieuses et politiques, acte d’allégeance et contrat politique, textes religieux et dispositifs juridiques, nationaux et internationaux. Cette double fonction du Souverain se manifeste à travers l’article 41 du texte constitutionnel de 2011 qui précise que « Le Roi, Amir Al Mouminine, veille au respect de l’Islam (…) ». Lequel article a été perçu par plusieurs acteurs politiques comme une immunité contre l’extrémisme politique et les surenchères au nom de la religion. Pour leur part, les islamistes ont considéré cet article comme une limite au courant prônant la laïcité.

Quelles que soient les considérations au sujet de la « Commanderie des croyants » ainsi que du préambule de la nouvelle Constitution, qui stipule que le Maroc est un « Etat musulman », ce serait une erreur, voire une illusion, que de considérer le Royaume comme étant un Etat théocratique. En effet, ses actions, à tous les égards, sont dictées avant tout par les exigences sociales et les impératifs économiques.



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