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LAMIRI Moustapha - publié le Lundi 1 Octobre à 12:57

La recherche scientifique pilier du développement économique




La place stratégique qui occupe le secteur de la recherche scientifique dans toute action visant la libération des peuples, leur développement et le progrès de leur économie fait que sa réforme constitue une des grandes priorités dans les programmes et décisions de tous les pays développés et de la majorité des pays en voie de développement.



La recherche scientifique pilier du développement économique
Un processus de réforme économique durable et global constitue la condition essentielle pour qu’un pays en développement puisse s’engager dans la voie de la croissance économique et de la création de richesses. Les taux de cette croissance sont largement déterminés par les capacités et la compétitivité des citoyens du pays, en particulier par le nombre de chercheurs dans le domaine scientifique et le degré de leur interaction avec l’environnement. Il est clair, alors, que toute réforme économique doit se baser sur la réforme du système de la recherche scientifique.

La place stratégique qui occupe le secteur de la recherche scientifique dans toute action visant la libération des peuples, leur développement et le progrès de leur économie fait que sa réforme constitue une des grandes priorités dans les programmes et décisions de tous les pays développés et de la majorité des pays en voie de développement.

Toute action de réforme dans le domaine de la recherche scientifique et, auparavant, tout diagnostic de la crise concernant ce sujet pourraient se concevoir que dans le cadre d’un projet sociétal global et bien défini. Le projet de société devrait mettre fin à la surexploitation des richesses des pays par une minorité de privilégiés, à la fraude fiscale, à la marginalisation des compétences qui, dans la plupart des cas, trouvent leur refuge dans l’expatriation. Il devrait aussi attribuer la responsabilité des sociaux à l’Etat, et stimuler les énergies que recèlent les pays et redonner aux peuples la confiance qu’ils ont perdue. Autrement dit, il devrait cibler chaque citoyen et inclure sa préparation intellectuelle afin que, doté de sciences et de conscience, il puisse surmonter la crise et participer activement aussi bien au développement social, économique, scientifique et culturel de son pays qu’à l’édification de la civilisation humaine.

Une des conséquences nombreuses de la globalisation est que la compétition mondiale se mesure en termes de marchés et de savoir. Les enseignants chercheurs, ingénieurs, journalistes, informaticiens, entrepreneurs, banquiers, sociologues, politiciens ou chefs d’entreprises, bref, les diplômés de l’enseignement supérieur sont les chefs de file de la force de travail d’un pays et se trouvent, à ce titre, directement ou indirectement, en compétition avec leurs homologues du reste du monde.

La globalisation de l’économie au profit du club des huit et l’évolution des moyens de sa suprématie par l’introduction de « concepts internationaux » nouveaux comme le droit d’ingérence, la suppression des barrières douanières et la création de zones de libre-échange visent une nouvelle forme d’exploitation dont les mécanismes reposent sur des technologies de pointe et sur d’importantes techniques de communication et tirent leurs fondements de principes attrayants, tels que les droits humains, la démocratie et l’équité, utilisés comme prétexte pour conquérir de nouveaux marchés et qui s’appliquent contre ces derniers quand il s’agit de la liberté de circulation des hommes et des marchandises et surtout quand il s’agit de protéger les intérêts vitaux de certains pays.

En parallèle, le processus de la mondialisation du marché a atteint tous les pays et toutes les activités humaines. Dans ce système, les universités fonctionneraient comme des entreprises. Elles chercheraient des « clients » ayant les moyens matériels, quelles que soient leurs nationalités, et entreraient en compétition entre elles au niveau international. La recherche scientifique y deviendrait un secteur de profit pour les « entreprises », de concurrence et de rivalité à tous les niveaux. De ce fait, les étudiants financeraient leurs études par le biais des moyens familiaux ou de crédits bancaires ou par le biais de bourses offertes par des entreprises qui investiraient, de cette façon, dans les étudiants prometteurs, comme c’est le cas actuellement dans les entreprises innovantes.

Les défis de la mondialisation imposent à tous les pays en voie de développement l’ouverture sur les autres civilisations et sur la connaissance de l’autre. Autrement dit, il s’agirait de passer d’une société politico-économique à une société culturo-cognitive. Les institutions de l’enseignement supérieur de ces pays devront donc recevoir, dans le cadre de cette ouverture, des enseignants chercheurs et des étudiants étrangers.

Le risque que générerait la mondialisation de la recherche scientifique se situe dans la différenciation entre une recherche scientifique privée de haut niveau et une recherche scientifique public de moindre qualité, et dans l’abandon progressif de la recherche fondamentale. Ceci conduirait à une catastrophe humaine ! La relation entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée est très étroite. Nous ne pouvons séparer la première de la seconde, comme le souligne Sir Porter, économiste britannique : « La différence entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée est que la deuxième est appliquée, alors que la première ne l’est pas encore ».

Il est évident que ce qui caractérise le début du 21ème, c’est l’industrie de la connaissance qui ira sans doute en croissant durant notre siècle. La science, dans sa conception la plus large, est l’une des activités humaines les plus importantes qui exerce une influence toujours plus grande sur tous les aspects de la vie sur notre planète et ailleurs.

Les grandes inventions et les réalisations de ces dernières années en particulier, la maîtrise de l’énergie nucléaire, la conquête de l’espace, l’évolution de l’intelligence artificielle, les différents usages du laser et des matériaux nouveaux, notre compréhension de la matière vivante, l’évolution de la connaissance de notre environnement, la révolution des technologies de l’information et de la communication, d’une manière générale la recherche scientifique a un impact profond sur l’évolution de l’économie mondiale et sur la politique internationale. Mais, la plupart des pays sont restés loin de ces évolutions et n’ont pas profité de leurs conséquences. Ils se sont transformés, dans de nombreux cas, en victimes de ces évolutions.

Les sociétés occidentales, quant à elles, ont réussi, ces dernières années, à récolter les fruits de leurs investissements dans l’éducation, l’enseignement, la formation et plus exactement dans la recherche scientifique. L’espérance de vie de leurs membres a augmenté, de même que le niveau de leurs revenus, de leurs services sociaux, sportifs et de loisirs. Les sociétés en voie de développement et les autres n’ont pas connu ce bien-être social.
Les pays occidentaux doivent leur développement à la présence de grands groupements intellectuels, scientifiques et culturels qui travaillent dans une atmosphère propice garantissant les conditions du progrès scientifique. L’absence de ces groupements en nombre suffisant, la non disponibilité des moyens nécessaires et, aussi, l’absence de prise de conscience de l’importance du rôle de ces groupements intellectuels dans plus d’un pays en voie de développement ont causé un recul notable de ces pays et provoqué la propagation de l’ignorance et l’attisement de la discorde dans leurs sociétés.

Pour bénéficier des résultats du progrès scientifique, il faut une communauté scientifique experte qui travaille dans un environnement adapté, garantissant les conditions de son développement. En effet, l’économie peut progresser en l’absence d’une communauté scientifique mais son évolution ne peut être qu’éphémère. Sa pérennité ne peut être assurée et son développement ne peut se produire qu’au sein d’une communauté scientifique de taille et de compétences adéquates et par l’existence d’un environnement garantissant la liberté, facilitant le changement et prônant la participation de tous.

C’est pour cette raison que l’investissement dans la recherche scientifique s’avère une nécessité stratégique et vitale pour tout pays en voie de développement qui aspire à garantir une vie meilleure pour son peuple, à se libérer de la dépendance, à jouer un rôle dans la communauté internationale dans les années futures. Améliorer les conditions de la recherche scientifique est la condition sine qua non pour un développement économique pérenne et général. La formation de citoyennes et de citoyens expérimentés, ayant de hautes performances, que ce soit dans les domaines des sciences exactes, des sciences humaines ou dans la communication et les techniques de négociation, constitue le meilleur gage pour défendre les intérêts vitaux du pays.

Pour affronter ces nouveaux défis, la recherche scientifique dans les pays en voie de développement doit être réformée de toute urgence pour répondre aux différentes exigences. Développer la recherche pour assimiler les technologies nouvelles et participer à leur production et à leur évolution, sans omettre la création d’institutions efficaces et efficientes, ne gaspillant pas les deniers publics et acceptant les principes de la compétitivité, de l’émulation et de l’évaluation scientifique.
En conclusion, il faut chercher des programmes qui visent à promouvoir l’amélioration de la qualité de la recherche scientifique comme par exemple la recherche scientifique et les politiques de développement, l’infrastructure de recherche dans le système scientifique, les composantes essentielles de l’innovation en matière de recherche, établissement de réseaux et de partenariat en matière de recherche scientifique et technologique….etc.



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