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Moulay Hicham Moutadid - publié le Vendredi 1 Juin à 14:57

La rationalité émotionnelle de la gouvernance au Maroc




La métamorphose de la gouvernementalité au Maroc s’inscrit dans une rationalité politique tavelée à travers le temps par l’étymologie de l’esprit culturel du pouvoir politique marocain. La prise de décision et l’art de gouverner au Maroc a toujours cherché de s’évertuer un processus de rationalisation fondé sur un choix spécial de technicisation adaptée à chaque époque, période de règne et cycle de gestion.



Moulay Hicham Mouatadid
Moulay Hicham Mouatadid
La logique décisionnelle ainsi que la gestion publique et politique ont assidûment institué leurs philosophies de gouvernance sur une série d’instances et institutions stratégiques qui relèvent de l’institution monarchique et du gouvernement. Ces dernières sont accommodées selon la conjoncture nationale, régionale et internationale. Or, cette accoutumance s’appuie sur un certain ensemble de savoir et surtout un système de connaissance.

L’évolution, le macrocosme, et l’amalgame de la population marocaine était toujours un pilastre arithmétique à prendre en considération et minutieusement dans l’équation de l’exercice du pouvoir au Maroc. Néanmoins, les concepteurs de la décision changent souvent de lunettes pour rendre le moins fragile possible l’effet de leurs actions et attitudes sur la population ainsi que sur la gestion publique et politique de l’État.

L’approche du pouvoir politique au Maroc s’est développée dans le cadre d’un esprit à la fois rationnel et émotionnel attendu qu’il s’inspire  en même temps du religieux, du culturel et du politique de la nation. Une décision politique dont le fond et la forme loin de ces trois fondements risque d’être antithétique avec l’état d’esprit du peuple. Toutefois, tant que la décision politique et publique prend en considération la dimension religieuse, culturelle et politique, elle sera moins contestable et majoritairement admise.

La concrétisation du niveau escompté de la bonne gouvernance au Maroc dépend principalement de l’amélioration démocratique des relations stratégiques, de l’évolution administrative des techniques de gouvernement et surtout de la taylorisation morale et impartiale des états de domination.  La prise de décision politique et publique doit dépasser l’état circonstanciel qui adjuge une grande importance à l’action et la réaction de la population, à une gestion décisionnelle qui fonde l’esprit de la décision non seulement sur l’action et la réaction de la population mais surtout sur sa mémoire et son degré d’appartenance à l’esprit de la nation, soit sa maturité culturelle par rapport aux institutions politiques et l’organisation de l’État.

La maitrise de l’État sur la nation ne s’effectue pas seulement par l’advertance ou par l’aphorisme, mais aussi dans le régime et avec le système. Au Maroc, à travers le temps, la gouvernance a fondé son développement sur deux concepts stratégiques soit la communication et la réglementation. L’appareil d’autorité, les mosquées, les zawâyâs religieuses, les chefs de tribus, les médias et les partis politiques sont les macro-instruments vitaux  et stratégiques, à côté de l’économie et le système financier, par quoi l’État dompte la nation et influence la population. Or, jamais l’État tolèrera que l’un de ses instruments esquive à son contrôle direct ou allusif, autrement, il réclame la raison d’État.

Le trait subjectif de la gouvernance au Maroc a évolué pour dépasser l’état objectif de la gestion publique et politique de l’État. Cette catagenèse de la subjectivité ne constitue pas un défaut puisqu’elle peut être considérée comme un caractère de ce qui appartient au pouvoir politique, et spécialement à la philosophie de l’État marocain. En revanche, les décideurs ainsi que les gestionnaires du pouvoir politique doivent affermir et renforcer leur intelligence de l’action. Or, on constate ostensiblement une disette  de compréhension intuitive qui résulte de l’expérience, pour la raison que l’action est une synthèse qui dépasse les pensées et les raisonnements. Cependant, pour une gestion efficace et efficiente, le décideur politique marocain doit avoir et comprendre, mais surtout faire la différence entre  l’intelligence de l’action et l’intelligence intellectuelle.   

Le diverticule de démocratisation que connaissent les institutions politiques et l’appareil administratif du Maroc, accule l’État à adopter un esprit  de bonne gouvernance spécifique à la nature de la nation, au degré de la maturité de ses institutions politiques et aux exigences de l’évolution internationale. Autrement dit, une gouvernance qui s’inspire  des instruments et mécanismes stratégiques occidentaux tout en prenant en considération la composition psychologique maghreb-orientale et la prise en compte de l’appartenance au continent africain. Les décideurs politiques et publics marocains doivent développer d’avantage la gestion participative tout en respectant la spécialisation des institutions, des services et des individus.

La bonne gouvernance est devenue obligatoire pour le Maroc, voir même indispensable, pour accorer un développement socio-économique compétitif et cultiver un esprit de nation harmonieux et homogène, mais surtout conserver et développer l’image de marque du Maroc à l’extérieur. Les autorités marocaines doivent opter pour une philosophie de devoir et non seulement de contrôle. Le décideur ne doit jamais oublier que le pouvoir a une mission seulement dans la mesure où il est  associé à un service. L’autorité n’a de sens que par son résultat fondé sur une confiance de gestion horizontale et verticale dans le sens institutionnel et même dans les rapports de forces institution – citoyen.



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