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Nadia Birouk - publié le Mercredi 28 Mai à 22:11

"La qualité" de l’enseignement




Lorsqu'on a introduit le terme de ’’qualité’’ dans l’enseignement, on a voulu dire qu’il faut que tout converge pour donner au marché du travail un produit de "qualité".



Le produit de qualité

Le produit de qualité ici désigne l’élève qui sera le futur employé de demain.

Revenons au mot qualité qui suppose des cours de qualité, des établissements de qualité, des classes de qualité et un corps d’enseignement de qualité. Pourtant, la qualité dont on parle est quasi-absente ! Le produit qu’on veut fabriquer est un ’’être humain’’ et non un tas de pommes de terre !

Comment peut-on façonner cette personne de qualité si nous n’avons pas l’information de qualité, le milieu socioculturel de qualité, les institutions de qualité, l’environnement de qualité, les professeurs de qualité et les outils pédagogiques contemporains de qualité ? Nous ne parlons pas des élites, bien sûr, mais de la masse, de 90% de personnes qui feront qu’on veuille ou non partie des hommes qui décident et qui modifient les choses. Mais, comment oser parler ou exiger la qualité quand on travaille dans un système lacunaire qui se base généralement sur l’incompétence, sur l’insuffisance de niveaux et sur l’anarchie de programmes différents et peu intéressants qui varient actuellement d’un quartier à un autre !

Quand on veut fabriquer un produit de qualité on fait tout pour le protéger, pour le soigner, pour surveiller sa situation sanitaire, sa progression et son émergence, afin de le voir pousser et grandir. Est-ce le cas pour l’élève ? Est-ce le cas pour le professeur ? Est-ce le cas pour nos établissements ? Où est ce soutien que nous devons apporter à un enfant ? Où sont les intérêts qu’il faut lui accorder depuis la maternelle pour le voir grandir et s’épanouir ? Comment suivre son parcours cognitif et comment distinguer ses dons créatifs ? Quels sont les projets faits dans ce sens, lorsqu’on constate que l’enseignement de nos enfants se fait dans des établissements sans expérience et sans spécialisation. Généralement on accorde cette tâche délicate à des établissements privés qui visent la rente annuelle matérielle plus que la rente éducative, car nos établissements officiels ne contiennent pas des classes préscolaires comme c’est le cas en France qui reste notre modèle inaccessible.

Comment nous allons façonner l’être humain de demain lorsque nous avons du mal à suivre le progrès actuel de l’enseignement et l’invasion technologique ? Comment intéresser des élèves qui téléchargent la musique, les images, les vidéos dans leur portable et qui ne peuvent télécharger une leçon que pour la triche ? Comment allons-nous remédier et affronter, en tant que professeurs, un mal profond dont nous ne sommes pas les seuls responsables ? Quelle sera la qualité du produit envisagé ? Nous ne parlons pas des exceptions : de trois ou quatre élèves qui essayent d’apprendre par passion, par intérêt ou parce qu’ils ont envie de fuir la maison avec ses problèmes et ses malheurs !!! La plupart des élèves sont désintéressés, démotivés, égarés comme la plupart des professeurs qui ne veulent plus faire des efforts car leurs élèves ne font pas autant. Comment corriger l’incorrigible ? Comment rendre à un vase cassé son éclat et sa parure ? Comment refaire la vie d’un homme qui n’est pas de qualité ? Cette question que Molière a évoquée depuis le 17ème siècle dans sa pièce Le bourgeois gentilhomme et que nous avons du mal à expliquer ou à discuter à notre époque….

22-02-2010/



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