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Abdelkarim Chankou - publié le Vendredi 25 Janvier à 22:09

La politique entre mort annoncée et calculs d’épicier






Cette impression du parti perdant de s’être fait voler la victoire est d’autant plus vraisemblable que les nombreux sondages, réalisés avant la date du scrutin, donnent parfois le perdant largement gagnant. Impression renforcée par le fait que les clivages entre partis politiques de droite comme de gauche sont de plus en plus ténus si bien que l’électeur de base comme de circonstance d’ailleurs se sent complètement perdu au moment du vote. Cet estompage qui assimile les candidats aux boules du Loto (un jour on les tirera au sort tellement ils se valent tous) est la conséquence directe de la fin de vie d’un système démocratique qui a prévalu en Occident depuis au moins le début du siècle précédent et qui se base sur le principe de deux grands courants politiques : La Droite, proche de la classe des hommes d’affaires et la Gauche, avocat des la classe laborieuse. L’extension progressive de la zone d’action de la Gauche aux exclus du fait de l’augmentation du chômage et de minorisation des valeurs religieuses ainsi que la mobilité et la volatilité, également progressives, du capital, en raison d’une mondialisation qui va crescendo, ont grandement contribué à l’usure rapide de ce système démocratique.

Voici maintenant quelque exemples, non exhaustifs :

Aux Etats Unis, les Républicains sont si déroutés de voir Obama rempiler qu’ils ne trouvent plus comme argument de le décrier que de s’introduire dans la brèche de l’assassinat de cinq fonctionnaires du Consulat américain de Benghazi dont l’Ambassadeur, en accablant Mme Hillary Clinton dont ils font porter la responsabilité. En France, la victoire du socialiste François Hollande a pris de court le camp de droite sortant si bien que l’UMP n’a pas pu, à ce jour élire, son président, chacun des deux candidats, en l’occurrence MM Copé et Fillon, revendiquant la victoire !

En Egypte, la victoire aux présidentielles, certes ric-rac, du frère musulman Mohamed Morsi, a aussi été mal vécue par le camp adverse : le président du parti Wafd, Sayyid Badaoui, souffle le chaud et le froid, parfois en usant d’acrobaties les plus burlesques, pour convaincre l’opinion que sa formation a quelque chose de plus que le parti de la Justice et de la Liberté de Mohamed Morsi.

Quoi ? Personne ne le sait sauf Allah. Au Maroc, la victoire du PJD, grâce notamment à la conjonction de deux atouts providentiels majeurs que sont un fort taux d’abstention de 55 % et un certificat de virginité (le PJD n’a jamais gouverné avant décembre 2012), a été ressentie comme une douche froide dans le camp opposé qui s’en est trouvé littéralement désarticulé. Quand les radicaux se contentent de traquer la moindre erreur ou faiblesse du PJD, les autres font derrière les coulisses une pathétique danse du ventre dans l’espoir d’un remaniement du gouvernement qui leur fera une petite place au soleil.

C’est effectivement le crépuscule de la politique. Ma parole !



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