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Zineb El Kadri - publié le Vendredi 11 Juillet à 11:29

La poésie Arabe : entre fierté et audace



De l’Arabie à Damas, de Bagdad aux confins de l’Andalousie, du Maghreb à la Palestine, d’hier à aujourd’hui, la poésie arabe a su sans cesse grandir, en ensorcelant les esprits et en recourant aux images réelles et fictives afin de créer de la musique et de la beauté.



La poésie arabe est l’image sempiternelle de bravoure et de révolte des Arabes

Méconnue du monde occidental à cause des traductions qui restent incapables de refléter l’harmonie des vers, elle demeure un art intarissable en exploitation et études.

Les historiens et critiques s’accordent pour partager en cinq périodes majeures la poésie arabe : l’époque primitive, l’époque musulmane, le modernisme et le néo-classicisme (750-900), le provincialisme et l’ère contemporaine.

La qasîda est la forme la plus absolue et idéale de la poésie arabe. Son origine amorce avec les vers de Imru al-Qays(décédé v.530).Ses poèmes mettent en relief la vie, les mœurs et les traditions arabes de l’époque préislamique.

Cette même période a vu naitre le somptueux recueil Muallaqat ou les "Suspendues" ou les "Pendentifs", sont un ensemble de qasidas préislamiques jugées exemplaires par les poètes et les critiques arabes médiévaux. Rassemblées à la même époque que les Asmaiyyât et les Mufaddaliyyât, les Muallaqât constituent la plus célèbre des anthologies de la poésie jâhilite. Elles occupent une place centrale dans la littérature arabe, où elles représentent les pièces les plus excellentes d'une poésie qui fournit à l'époque classique ses genres majeurs, ses valeurs et ses thèmes paradigmatiques.

Le terme Muallaqât signifie littéralement « Suspendues ». L'interprétation la plus ancienne et la plus populaire, apparue au IXe siècle, veut que ces odes aient été jugées si excellentes qu'elles auraient été brodées en lettres d'or puis suspendues à la Ka'ba de La Mecque.
les Muallaqât regroupent les poésies de trois grands noms arabes : al-Asha,Amr ibn Kulthum et imru al Qays.

La poésie arabe se distingue par le raffinement de ses termes, la cadence de ses rimes, l’ampleur de sa versification, la maitrise de la langue arabe soutenue et recherchée, sans oublier la richesse de sa rhétorique et la diversité se ses figures de style.

Par ailleurs, son isotopie si distinguée connote une largesse d’esprit et ses élans de liberté, de bravoure, d’audace et d’extravagance que ce soit dans les sujets de passion, de nostalgie, de patriotisme ou de guerre.

Elle nous décrit minutieusement les cieux, les gazelles, les femmes, la vie en désert, les sentiments les plus vigoureux que peuvent éprouver des tribus et des peuples entiers.

C’est une poésie robuste qui décèle les mystères de la psyché humaine tout en restant fidèle à l’image du modèle immuable de sa naissance.
Maints poètes arabes sont aujourd’hui célèbres à travers le monde à l’instar de Saadi Youssf Chihab,Abbas Baydoun,Mouncef Al Ouhaibi,Mohamed Afifi Matar,Etel Adnan, Abdellatif Laabi,Mahmoud Darwich et bien d’autres dont la poésie pour eux est liée intimement à la paix.

Ainsi, fille du désert et du manque, sans cesse alertée par la solitude et l'absence, telle est la poésie arabe, cultivée quinze siècles durant par une succession de génies remuants, iconoclastes, gourmands des mille et une saveurs du verbe - et des mille et une images qu'éveille dans le cœur de l'homme l'aiguillon du désir. Fontaines destinées à réjouir les cœurs altérés, jardins parfumés, filles offertes, tendres éphèbes aux yeux de gazelle, nuits éclairées de lune où circule l’odeur de l’encens. Les poètes nous murmurent que cela est tout... et rien - puisque la seule richesse vraiment désirable, pour l'homme bien né, est celle des mots et locutions incomparables.

Le lecteur en toute sa candeur n'est pas au bout de ses surprises audaces verbales quasi rimbaldiennes, érotisme dévoilé sans honte, impertinences et inconvenances, du coup l'écriture revendique une modernité qui transgresse le temps. Et la poésie arabe classique apparaît comme l'insurrection première de la soif et du désir.

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