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Ahmed Hamdaoui - publié le Mercredi 11 Décembre à 22:11

La pire des corruptions




On vient de célébrer la journée internationale de lutte contre la corruption, l’occasion de parler d’un autre type de corruption qui n’utilise pas l’argent, mais cette corruption, peut être plus dévastatrice que la première.



Ahmed Hamdaoui
Ahmed Hamdaoui
Il y a une autre corruption dont personne ne parle et qui fait ravage dans beaucoup de pays et particulièrement dans les pays arabes. Dans cette corruption, on ne donne pas de l’argent mais on donne à des personnes des postes de responsabilités, non sur la base de leurs compétences, mais uniquement en guise de remerciement pour services rendus…

Dans tous les pays où l’usage de la démocratie est absent et ne fait pas partie de la culture des responsables et des citoyens, la compétence est souvent le dernier critère pris en compte pour distribuer les postes de responsabilités allant de la direction d’une petite école jusqu’aux plus hauts postes de responsabilités.

Commençons par le constat pour finir avec les conséquences et les remèdes possibles de ce grave fléau.

Quand la culture démocratique et la conscience professionnelle privilégiant l’intérêt général, font défaut, un haut responsable, pour pouvoir gérer tranquillement ses affaires et pour avoir la paix dans l’exercice de ces fonctions, se fera entourer uniquement par des aides dociles qui exécutent les ordres sans discuter. Très souvent, les compétences surtout si elles sont très critiques, sont cataloguées de « têtes dures » et sont écartées et complètement ignorées.

Ces « responsables » entourés de leurs bras droits très dociles vont ainsi faire ce qu’ils veulent et même élaborer des projets tronqués ou complètement aberrants ignorant toutes les critiques ou oppositions. Ce n’est pas tout, dés que l’occasion se présente, ces hauts responsables et pour remercier leurs dociles et serviables bras droits, les nommeront pour d’autres postes de responsabilités à la tête d’un grand établissement ou à la tête d’un secteur ministériel. Ces mêmes serviteurs dociles une fois eux-mêmes devenus hauts responsables, vont faire la même chose que leur « piston », se faire entourer que par des dociles et ainsi de suite…

Même si les conséquences de ce type particulier de corruption sont tellement évidentes, je vais comme même mettre l’accent sur quelques unes d’entre elles. C’est cette corruption qui est à la base de la fuite des cerveaux et des compétences, c’est cette situation qui fait que certains pays même possédant de grandes richesses naturelles sont restés à la traîne socialement et économiquement. Quand ce fléau touche même le secteur universitaire, on imagine facilement ses conséquences dévastatrices sur le développement du pays. Cette situation a aussi créé toute une armée de « dociles cravatés » qui font la queue et qui attendent leur tour et qui restent disposés à tout faire pour atteindre leur but …

Il n’y a qu’un seul remède à ce type de corruption, c’est l’application stricte et sans réserves de LA DÉMOCRATIE : le respect de l’opposition, la valorisation des compétences même quand elles sont des « têtes dures », l’abolition de l’abus de pouvoir, le renforcement du rôle des instances et des commissions dirigeantes des établissements, la démocratisation au maximum du processus de désignation aux hautes responsabilités, le développement d’une culture de la démocratie dès le jeune âge, la reconnaissance, le développement et l’amélioration du travail des syndicats qui doivent jouer le rôle de partenaires sociaux pour aider les responsables et aussi le rôle de « garde-fou » pour stopper les abus…


Professeur Ahmed Hamdaoui
Université Cadi Ayyad
Marrakech


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