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Jaafar Hanafi - publié le Vendredi 28 Août à 11:26

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (17)






7 h du matin. Seul sur la terrasse du café. Un grand privilège. Celui que d’avoir un petit café au lait et 4 journaux en sus. Les grands titres d’abord, les chroniques, les petits titres et j’essaye de comprendre. Des batailles rangées dans l’élection des chambres, mariages blancs dans l’élection des chambres, arrestation d’une cellule terroriste, appels au boycott… J’essaye de comprendre… J’essaye aussi de formuler un avis. Celui d’un citoyen Lambda. Je ne suis ni écrivain, ni analyste ni journaliste. Un citoyen tout simplement et j’essaye de comprendre…, et de me retrouver ou de retrouver ma petite histoire dans ce cafouillage…

Batailles rangés, argent sale, achat de voix, mariages blancs…, c’est tout simplement des partis politiques en mal de démocratie, de civilité et de pédagogie… De ces partis surgiront des élus, et ces élus prendront en main la gestion de nos affaires, ces mêmes affaires seront bafoués et les administrations publiques se substitueront aux élus… Ces administrations prendront en charge les autorisations de construire, de lotir de… et de…, parce que leurs avis sont incontournables. Ils se chargeront aussi du lancement des consultations architecturales, des appels d’offres, de… et de… Parce que les élus (pas tous), sont propulsés par leurs partis, juste parce qu’ils ont une capacité de mobilisation par n’importe quel moyen, mais incapables de gérer une téléboutique, encore plus une commune. Entre un joli slogan et la préparation d’un dossier, le montage d’un projet, la recherche des financements…, c’est toute une mer à boire.

Les administrations publiques se trouvent obligées de gérer les affaires des communes, sauf que certaines d’entre elles ont l’art de fabriquer et d’usiner des indignés. Ma petite histoire en est une petite preuve. Des promoteurs s’indignent aussi contre des retards, des avis contradictoires, des lourdeurs des procédures, des… et des… Les architectes qui s’indignent eux aussi, surtout ceux qui n’arrivent pas à boucler la fin du mois par n’importe quel moyen, ceux qui essayent d’avoir un petit projet et se trouve propulsé par les consultations architecturales dans l’indignation… et ceux… et ceux…

Dans tout cela c’est notre pays le grand perdant. Il perd un temps précieux dans les retards, dans les lourdeurs des procédures, dans l’incapacité des élus, dans les tribunaux administratifs surtout quand une administration se trouve incapable de répondre à une petite question et désigne un avocat pour le faire avec l’argent du contribuable…
Un cafouillage. Dans ce cafouillage les avis fusent de partout. Il ya ceux qui appellent au boycott. Un appel relayé par le journal l’humanité d’après le journal Lemag. Je me mue dans la peau d’un petit enfant et je pose de petites questions qui m’intriguent au directeur de l’humanité.

- Pourquoi vous participez aux élections Françaises alors que vous êtes contre le mode de scrutin?
- Pourquoi vous participez aux élections européennes, alors que Jean-Luc Mélenchon (il est de votre famille politique), qui participe à toutes les élections, dit et je cite : Nous avons appris une chose : tant que la Banque centrale européenne, qui se dit indépendante et apolitique, peut fermer le robinet financier à un gouvernement de gauche, une politique qui s’oriente sur des principes démocratiques et sociaux est impossible. Fin de citation? On participe dans des élections ou les principes démocratiques sont impossibles!
- Pourquoi participer aux élections, alors que l’argent sale est là, une campagne présidentielle financée par Kaddafi, ce sont les télévisions françaises qui n’arrêtent pas de le dire?
Moi j’ai ma petite réponse à toutes ces questions : « …Vous voulez changer votre pays de l’intérieur de la démocratie, et vous voulez que le notre passe par le 20 Février, le printemps Arabe et atterrir par la suite à Benghazi. Merci beaucoup Mr le directeur. Ne vous dérangez pas trop pour nous. Nous avons un grand pays, un Grand Roi, une grande histoire et une grande expérience. Vous pouvez dédier les pages de votre journal à d’autres pays… Ceux qui ont en vraiment besoin. Je vous donne une adresse. Vous empruntez l’autoroute qui mène jusqu’à Algesiras. Sitôt en mer vous tournez au premier feu vert à gauche. Au cinquième feu rouge vous tournez à droite et vous continuez jusqu’à trouver un bédouin assis à côté d’un puits de pétrole peint en vert et blanc, et qui ne cherche qu’à boire un peu d’eau et respirer un peu de liberté… Si vous loupez le chemin demandez la petite et belle ville d’assaidia. Ce n’est pas loin… Je vous prie Mr Le Directeur de transmettre ma gratitude aux communistes de France, du moins ce qui reste parce que les autres sont partis au front national… Mes sincères respects à Jean Jaurès…»
Je remets pieds sur terre et je retourne à mon pays le Maroc. Il y a ceux qui veulent boycotter. Les Abouu… sont contre la démocratie sauf les repentis. Ils continueront par boycotter tant qu’il y a démocratie. Les autres ont une argumentation solide semble-il : Le ministère de la justice ne fait pas son travail, le ministère de l’intérieur non plus, l’argent sale coule à flots, les voix s’achètent, les candidats aussi, l’impunité… Je crois qu’ils ont raison, je change d’avis, je boycotte mois aussi. Un grand soulagement. Je n’ai plus à chercher des électeurs ou des candidats. Ma conscience est tranquille. Je peux me taper un petit repas copieux dans le restaurant du coin. Je choisi une table à côté de la fenêtre. Le serveur habillé comme un ministre est là. La carte est devant moi je n’ai qu’à choisir.

En entrée un embarras de choix. Je choisis une entrée qui me colle farouchement à l’esprit dans ma petite histoire des 9 consultations architecturales: état de droit aux lois de coco et avocat mille saveurs. Je passe au plat de résistance. On l’appelle ainsi parce qu’il faut résister. Un plat me saute à l’œil et je ne réfléchis pas deux fois: Démocratie crémeuse accompagnée de candidats farcis aux légumes de saison (saison électorale). En dessert je prends des slogans pralinés et une glace à la vapeur. Je recommande ce dessert pour ceux qui n’ont pas le temps d’attendre la glace fondre dans leur bouche. Un ami m’a dit que les boules de glace à la vanille sont beaucoup mieux si grillées sur feu de bois. Si saupoudrées au jury, pardon au curry c’est encore mieux. Le jury des 9 consultations architecturales connait bien cette recette.

Je commence par l’entrée et elle est succulente. Les lois sont si bien faites que le jury de ma petite histoire aurait passé un mois pour bien étudier les offres techniques. Le plat de résistance est sans failles. Tous les ingrédients pour réussir une bonne démocratie crémeuse et savoureuse sont là. Je regarde par la fenêtre et je vois tous ces gens crier, distribuer des tracts, klaxonner…, je me demande pourquoi ce brouhaha alors que ma démocratie à moi est servi comme elle se doit par un ministre, pardon par un serveur et elle est prête à consommer. J’attends juste mon petit café pour aller voter. Toutes les conditions sont réunies pour voter. Je n’ai plus d’excuses.

Un autre brouhaha intercepte mon confort et celui là vient de mon crâne. Ce sont ces maudits neurones qui ne laissent passer aucune occasion pour me tirer de ma torpeur ou de mon rêve. Ils tapent de plein fouet sur mon crâne. J’ouvre les yeux. Il est 6h30 du matin.

7 h du matin. Seul sur la terrasse du café. Un grand privilège. Celui que d’avoir un petit café au lait et 4 journaux en sus. Les grands titres d’abord, les chroniques, les petits titres et j’essaye de comprendre… Je crois que j’ai déjà écris ce paragraphe.
Maintenant que je suis bien réveillé je continue.
Une démocratie se cultive. Les mentalités s’apprennent. C’est toute une pédagogie pour préparer une bonne recette. Le discours de Sa Majesté du 20 Aout est un discours pédagogique et ne peut être plus clair.
Alors je vote ou je boycotte? J’assume ou j’encaisse le coup du maitre de l’ouvrage? Je participe ou j’attends une démocratie prête à porter?
Notre pays ne peut plus attendre. Il faut mettre la main dans la pate. Comme Jean-Luc Mélenchon. Il participe à toutes les élections. Malgré… et malgré… Je respecte ceux qui appellent au boycott sauf qu’ils doivent mettre la main à la pate, comme toutes les extrémités de toutes les gauches, en France, en Espagne, en Grèce ou ailleurs….
Notre pays a eu ses «printemps arabes». Le 23 Mars 1965 était un printemps. Notre pays a un cumul d’expériences. Une très grande longueur d’avance sur beaucoup d’autres pays. Une monarchie qui a eu ses hauts et ses bas. Aujourd’hui elle est plus forte que jamais. Des pays nous envient pour ça. Le discours Royal du 20 Août est sans appel. Beaucoup de partis politiques doivent saisir le sens profond du discours Royal. Des administrations aussi. Comme le maitre de l’ouvrage de ma petite histoire des 9 consultations architecturales.
Il faut juste continuer. Moi je continue. De l’intérieur de la démocratie pour faire valoir juste un petit droit. C’est le seul moyen de consolider nos acquis, notre démocratie... C’est le seul moyen d’assurer une continuité dans la sagesse. C’est le seul moyen de perpétuer nos traditions, notre culture à nous, comme le font les français, les espagnols et autres…
Nous avons la chance d’avoir un cumul d’expériences, une longueur d’avance… une Monarchie forte, un peuple qui n’est pas dupe…

Ce ne sont pas des partis politiques pas tous) qui s’entredéchirent qui me feront changer d’avis, encore moins le maitre de l’ouvrage de ma petite histoire, …, ou…ou…
Il faut voter. C’est tout simplement l’avis du citoyen que je suis. Ni écrivain, ni analyste ni journaliste…

A suivre

Jaafar Hanafi

Architecte



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