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Jaafar Hanafi - publié le Mardi 25 Août à 12:04

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (16)






Notre pays à deux vitesses. Personne ne peut nier. Cela saute aux yeux. Le Maroc qui avance, qui persévère et qui continue son épopée, et le Maroc qui claudique sur fond d’un silence macabre, ou d’un tapage funeste…

Un silence comme celui observé lors de ma petite histoire, et un tapage de la campagne électorale qui se passe de tout commentaire…, avec des achats de voix à 2 millions de Dh comme prétend un chef de parti dans une conférence de presse, juste un exemple à faire ouvrir des enquêtes et des enquêtes, pour élucider des vérités ou des mensonges, mais le silence est de mise comme pour nous faire croire que c’est ceci notre pays, on doit l’accepter comme tel… un silence macabre face à un pays qui avance, qui persévère et qui continue son épopée… Demain un autre chef de parti parlera d’un milliard, après demain un autre parlera de deux milliards…

Un paradoxe révélé dans ma petite histoire des 9 consultations architecturales inédites et dans cette compagne électorale où des slogans à faire trembler la terre et des pratiques à faire ternir l’histoire de notre pays…, Mais notre pays est ailleurs, il avance, il persévère et il continue son épopée… Heureusement. Le Discours de Sa Majesté le Roi à l’occasion du 20 Aout est sans appel. Il faut juste le lire et le relire. Certains partis politiques doivent le lire et le relire, certaines administrations aussi, pour comprendre que désormais nous sommes dans un Maroc nouveau.

Je continue ma petite histoire et mon avocat aussi. Une audience est prévue mi-septembre. Le maitre de l’ouvrage lui aussi continue par lancer des consultations architecturales, comme pour me dire que notre pays il faut l’accepter comme tel, que je peux cogner ma tete contre le mur et qu’il ne faut pas jouer avec les administrations. Sauf que le maitre de l’ouvrage a évité cette grande bavure qui a entaché les 9 consultations architecturales de cette petite histoire dans les consultations lancées après mes réclamations. Les délais entre l’ouverture des plis et les résultats ont été espacés. Rien que cela constitue une preuve inéluctable.

Le maitre de l’ouvrage doit sûrement continuer les procédures, jusqu’au jour où la première pierre sera posée pour l’ensemble de ces projets, pour couronner la plus grande face dans l’histoire des consultations architecturales.

Je continue ma petite histoire. Le maitre de l’ouvrage de ma petite histoire a voulu ainsi. Une occasion pour moi de faire valoir un droit mais aussi de vous conter les merveilles dont regorge notre pays ainsi que sa grandeur.

La campagne électorale n’est plus à la rigolade. Elle a commencé officiellement. Les moyens sont colossaux et moi je n’ai que mon clavier avec certaines touches je ne sais toujours pas à quoi ils servent. Sinon j’aurais fais des ravages avec ma petite histoire.

Je cherche des candidats pour qui voter. J’ai déjà en tête de liste cette merveilleuse femme que j’ai trouvée à Kaa Asras. Une femme qui incarne la noblesse de mon pays. Je dois compléter la liste parce qu’il faut voter pour une liste. Je convoque une réunion de crise. 90 milliards de neurones marquent leur présence. Il faudra choisir des candidats. Un neurone scande le nom d’un candidat qu’il a trouvé dans une petite histoire qui sombre dans les souvenirs. L’histoire d’une petite virée avec mon ami Si Allal dans les villes de Tétouan et de Tanger. Si Allal portait une casquette qu’il tenait avec les deux mais quand surgissait d’on ne savait où la moindre rafale de vent.

Tétouan reste fidèle à son climat instable. Des nuages qui courent à la hâte en quête d’on ne sait pas quoi, des courants d’air violents sillonnent les ruelles du centre ville, à connotation purement espagnole avec de très jolies façades laissées pour compte, des gouttelettes de pluie qui n’épargnent même pas le mois d’Aout…, un climat idéal pour que Si Alla garde ses mains collées à sa casquette. Celle-ci quitte de temps à autre sa tête, des tentatives d’évasion ou juste un petit entrainement pour la grande évasion ? Quand on le saura il sera trop tard, parce que la stratégie est si bien étudiée qu’on ne verra que du vent…

Tétouan est méconnaissable. Encore plus belle et fascinante. Ces esplanades gazonnées qui longent les accès et les grandes artères de la ville, ces nouveaux quartiers entre Tétouan, Martil et Cabo Negro (les casablancais prononcent Cappo Negro)…, une ville à faire rougir de honte sa petite sœur jumelle Ceuta.

Avant de continuer mon histoire, un petit arrêt à El Medik. C’est un Vendredi pas comme les autres. Le Vendredi 21 Août, jour d’anniversaire du Roi. Arrivé avec ma famille vers 19 h dans cette splendide petite ville, je trouve une ambiance inhabituelle. La petite ville grouille de monde et regorge de vie. Je retrouve mon pays. Le Roi est passé par là. Le Roi a fait sa prière du Vendredi dans une mosquée d’El Medik. L’après midi les gens ont afflué de partout. Un feu d’artifice intercepté par des acclamations, des soirées musicales, Los Bocadillos, Los Churros… Le marocain est bon vivant. Une vie empreinte de liberté, de stabilité…, une vraie symbiose entre Un Grand Roi et Un Grand Peuple.

Deuxième étape avec Si Allal, les grands ouvrages d’art édifiés alentour Ksar Essghir et au voisinage de Tanger Med. Pour y arriver, il a fallu louper la route et grimper une piste poussiéreuse parce que point de signalisation, sauf une personne âgée qui nous orienta vers la voie goudronnée, ou avec juste ce qu’il faut de goudron pour dire qu’elle est goudronnée, interceptée par des sculptures si bien bombées pour causer des dégâts aux conducteurs non vigilants.

Uniques au Maroc, les grands ponts qui desservent Tanger Med ébahissent par leurs tailles. Cette zone pas loin de Ksar Esseghir s’appelle désormais El « Puenté ». Elle draine déjà les curieux venant de tous les coins du Maroc pour les apprécier, le développement semble prendre bonne augure cette fois ci. Le gigantesque port Tanger Med ne fait que confirmer cette thèse.
Assommés par une journée qui a commencé à 6h 30 du matin, un petit café sur une terrasse du Boulevard à Tanger permettait d’apprécier une petite facette de cette ville, rien qu’en contemplant les vas et viens de ceux qui font leur petite marche quotidienne, les flâneurs, ceux qui exhibent ce qu’ils ont de mieux à exhiber… Tanger n’est pas une ville à décrire, ceux qui l’ont comprise l’ont élu domicile fixe pour y passer le restant de leur vie, Paul Bowles l’a bien compris. Notre petite casquette a probablement opté pour ce choix, on ne le saura jamais…

Le lendemain matin, la journée commença avec un petit déjeuner copieux, œufs frits au Khlie, café au lait mais juste après, l’envie d’un bon thé s’est fait sentir et rien de mieux que le prendre au café Al Hafa, ultime étape du programme.

Il est 9h 30 et le café est toujours fermé. Tanger est une ville couche tard et grande disciple de la grâce matinée. Il a fallu attendre son ouverture et pendant ce moment, un petit escalier sculpté sur une roche attisa une profonde curiosité pour tenter de découvrir ce qu’il y a au bout de cet escalier, qui n’était qu’une petite esplanade au sommet d’une falaise, à l’abri total des regards, un endroit idéal pour le projet manigancé par notre fameuse casquette. Toujours armé avec un appareil photos, l’endroit est aussi idéal pour prendre des photos d’une mer houleuses, par des rafales de vent sans merci.

Au moment ou toute l’attention était tournée sur ce beau paysage, une rafale surgissait d’on ne sait où et en un clin d’œil, poussa la casquette dans un mouvement horizontal dans le sens du café Al Hafa, de l’Espagne ou du Portugal, dépassant sûrement la vitesse de la lumière, avant de tomber à pic on ne sait où, nous laissant dans une panique totale, entrain de tourner en rond et d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. Mais le coup était tellement bien préparé, l’endroit bien choisi et le rendez vous avec la rafale de vent respecté à la minute prêt, que même Obama n’aurait vu que du vent.

Une petite tentative pour retrouver la casquette en donnant libre cour à toute l’imagination du monde. Deux uniques possibilités se présentent : La casquette est sur une terrasse ou sèche paisiblement un modeste linge, ou quelque part au bas de la falaise. Descendre la chercher sur la terrasse et les journaux auraient titré à la une : « deux cadres attrapés en flagrant délit entrain de voler du linge sur une terrasse à Tanger ». Descendre la chercher sur la falaise et les journaux auraient titré à la une : « Dans une tentative d’immigration clandestine, deux cadres échouent mortellement au fond d’une falaise avant même de toucher les eaux de la méditerranée ». Une information à faire marrer nos amis pendant les funérailles.

Vaincus, humiliés par cette maudite casquette, ne savant ou donner de la tête, le regard fixé sur le sol comme font tous les vaincus dans le monde entier, même si la majorité ne le montre pas, il a fallu rejoindre le café Al Hafa pour apaiser cette grande douleur en dégustant un très bon thé. Soit dit en passant que le thé du café Al Hafa risque sérieusement de détrôner celui de Nador…

Café Al Hafa se trouve sur un site unique. C’est le terminus de l’Afrique. Pour continuer il faut emprunter les grands bateaux papiers à l’appui, ou les pateras courage à l’appui. Des pateras qui ont fait beaucoup de victimes à cause du fastidieux geste d’Hercule, celui que de séparer l’Afrique et l’Europe. Un geste qui n’est pas mentionné dans les douze travaux d’Hercule, parce qu’il ne fut découvert qu’au siècle 19 par les guides touristiques de Tanger. Dans tous les cas Hercule était capable de tout. Je suis témoin oculaire. Je l’ai vu à maintes reprises quand j’étais petit au Cinéma Avenida à Tétouan. Pour ceux qui ne l’ont jamais vu, il ressemble drôlement à Abelilah Benkirane, sauf qu’hercule a une barbe plus soigné et s’habile très léger, jamais en costume.
Café Al Hafa se trouve sur un site unique. Les fesses posés su l’Afrique, les yeux fixés sur l’Europe, on peut apprécier en même temps la jolie rencontre entre deux géants de la nature : la méditerranée et l’océan atlantique.

Café Al Hafa est unique parce que depuis 1923, il est resté impassible à la dynamique historique, préservant son cachet initial et qui ne fait qu’ébahir les visiteurs. Les Beatles, Mick Jagger et beaucoup d’autres sont passés par là. Paul Bowles l’un des ténors de la littérature américaine a fêté un anniversaire dans ce café. Qui, des écrivains marocains, des artistes, des sportifs, n’a pas savouré un thé dans ce splendide site? C’est tout simplement une merveille. L’une des mille et une merveilles de notre pays.

Mes neurones ont eu raison. J’ai trouvé un autre candidat pour qui voter. C’est tout simplement mon pays. Il sera présent dans tous les bureaux de vote. Il faut y aller.
Grace au maitre de l’ouvrage qui est une administration publique, je continue ma petite histoire et c’est :
A suivre

Jaafar Hanafi
Architecte


 



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