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Jaafar Hanafi - publié le Mercredi 19 Août à 10:54

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (15)






La campagne électorale bat son plein. Même avant l’heure mais elle est là. Il suffit d’ouvrir les journaux et elle vous saute aux yeux. Un auteur d’un programme électoral propose sa vente à un Dirham symbolique. Je lui réponds que si un seul candidat lit ce programme je vous donne 100 Dh. Les candidats ne lisent pas les programmes. Leur bataille est ailleurs. La vraie bataille se trouve peut être dans ma petite histoire. Celle d’un Maroc nouveau contre un Maroc d’un temps révolu. Alors je continue ma campagne électorale.

Kaa Asras. Si vous ne connaissez pas c’est à 7 Km de Oued Laou. Si vous ne connaissez pas c’est à 48 Km de Tétouan. Si vous ne connaissez pas une petite indication: La Paloma Blanca ou le Moghreb de Tétouan.

Il est 7H 30 de ce Samedi 15 Aout. Je suis matinal et en plus il faut se lever avant les autres candidats. Je cherche des électeurs ou un candidat pour qui voter. Peu importe. Si au moins le maitre de l’ouvrage était candidat dans ces élections. J’aurais été très content parce que je n’aurais pas voté pour lui.

Un œuf au plat arrosé d’une belle huile d’olive, un thé à la menthe fraiche avec en promotion un joli spectacle à l’air libre. Des estivants qui s’empressent d’acheter du lait, du pain, des galettes…, les locaux qui profitent de la saison estivale pour se faire un peu d’argent, un spectacle qui enflamme ma curiosité pour ne perdre aucun détail.
Kaa Asras, comme beaucoup d’autres bourgades, n’a été dévoilé qu’après le passage de la rocade méditerranéenne. Un petit village laissé pour compte. Les projets de mise à niveau ne sont pas passés par là. Aucun trottoir, juste ce qu’il faut de bitume sur la rocade et un éclairage public d’un temps révolu. Une plage prise d’assaut par un camping sauvage. Mme Karima El Haité s’arracherait les cheveux si elle passe par là.

Je continue par savourer mon petit déjeuner jusqu’au moment ou un personnage surgit du spectacle comme pour me dire je suis le candidat idéal. Je crois que j’ai trouvé. Je ne réfléchis ni deux ni trois fois. Je voterai pour. Je vous demande de voter pour. Une jolie femme dont l’élégance fait parler la classe. Une démarche empreinte de sagesse et de lucidité à faire rougir les autres candidats hommes de honte. Une stature bonne portante sculptée par la rudesse du massif rifain.

J’ai trouvé mon candidat et je vote pour elle. Elle doit avoir 60, 70 ou 80 ans mais peu importe l’âge. Elle est vêtue d’un costume à faire rosir les joues des grands couturiers tous confondus : Un chapeau en paille (Chachia) avec des pompons qui débordent sur les côtés, une jupe-tablier faisant le tour de la taille (Mendil) et une ceinture en laine appelée Kourzia. Le tout déploie de jolies couleurs vives dont le rouge et le blanc prédominent. Je l’imagine travailler dans les champs avec des guêtres en cuir (Trabak) comme protège-jambes, qui adhérent aux babouches fermées à l’arrière pour faciliter la marche. Un vrai tableau d’une femme marocaine exhibant une noblesse à sa juste valeur.

J’ai trouvé mon candidat et je vote pour elle. Je l’avais déjà vu quand le moghreb a gagné le championnat et quand son fabuleux public scandait « Boutoula Tetaounia, B’Trabak ou Chachia ».
Je vote pour elle parce qu’elle incarne tout simplement mon pays. Elle éternise l’histoire, la continuité et la tradition marocaines. Elle rappelle à qui veux se rappeler que nous sommes marocains et fiers de se vêtir à la marocaine. Elle perpétue cette diversité dans l’art de s’habiller dans notre pays et qui fait notre grande richesse. Chaque région de notre pays a sa petite fresque, une richesse hors de pair.

L’affaire est conclut je vote pour elle.
Je vois un Moukhazni passer et je sens une petite trouille m’envahir. S’il me reconnait j’aurai droit à une cascade d’insultes à cause de cette histoire des 9 consultations architecturales inédites. Je le vois continuer son chemin donc il ne lit pas Lemag. Heureusement. Tant pis pour Lemag. J’ai envie de courir derrière et lui poser ma question : 9 consultations, 51 offres. Entre l’ouverture des plis et la validation des résultats : 5 jours. Est-ce possible? Je sais qu’il m’enverra vers le Caïd qui à son tour m’orientera vers le chef de cercle jusqu’à me trouver au bureau du maitre de l’ouvrage. Ce dernier a préféré passer par le tribunal administratif pour me répondre. Alors je laisse le Moukhazni tranquille.
Mon neveu arrive et me propose de faire un petit tour au Souk. C’est Samedi et c’est le jour du Souk à Oued Laou. Une occasion à ne pas rater pour ceux qui sont rongés par la curiosité comme moi.

A l’entrée du Souk un grand marché aux puces. Devant un étal de tout et de rien du tout j’entends un acheteur demander le prix d’une petite bricole. Le vendeur répond 60 Dh. L’acheteur propose 20 Dh et le vendeur avec une rapidité dépassant la vitesse de la lumière lui tend la bricole. L’acheteur s’est fait avoir. Comme moi dans l’histoire des 9 consultations architecturales inédites. Ceux qui se font souvent avoir se reconnaissent.

Avec mon neveu on continue. Une vraie fourmilière de gens anonymes qui marchent dans tous les sens. Des étals de marchandises où on peut acheter tout ce qu’on veut sauf les avions longs courriers et les bateaux de croisières. C’est un pressentiment. Un éventail allant d’un vêtement usé à la pomme de terre toute neuve. Chaque vendeur déploie ses cordes vocales pour vanter la qualité de sa marchandise.

Dans ce Brouhaha j’entends un bourdonnement qui vient surement d’un haut parleur. C’est à coup sûr un candidat qui commence la campagne avant l’heure. Il n’a pas le droit et trouillard que je suis, je décide de lui casser la baraque. J’avance et je commence par déchiffrer quelques mots. C’est un médecin. Il vend un produit magique pour arrêter de fumer, de se droguer, de… et de… Moi qui a le vice de la cigarette je reste en recul sinon encore une fois je me ferai avoir.

Un peu plus loin un autre médecin. C’est un spécialiste je l’ai reconnu par son discours. Il énumère l’ensemble des maladies dont il est spécialiste: le cœur, le foie, la vessie, les articulations, les poumons, la langue de veau et la langue de bois qui me rappelle celle du maitre de l’ouvrage de ma petite histoire. Même si vous n’êtes pas malade il peut vous procurer une petite maladie. Vous payez ainsi le médicament et la maladie est gratuite. Si vous tombez malade avec ce médicament il vaut mieux chercher un autre haut parleur.

Je suis sûr qu’Houcine El Ouardi n’est jamais passé par là. Sinon il aurait renvoyé tout ce petit monde au chômage technique comme il a fait avec Bouya Omar. Un acte que je ne peux que condamner fermement vu la conjoncture économique et à l’heure ou notre pays est aux investissements. Le ministre de la santé ferme un fleuron de l’économie nationale. En plus il combat un adversaire à armes inégales. Le ministre robuste, fort et en pleine santé puisque ministre de la santé, et Bouya Omar coincé dans sa tombe ne pouvant bouger pour se défendre ou donner le moindre coup de poing pour marquer un point.

Cela me rappelle mon petit combat avec un adversaire fort, robuste et confiant. Sauf que le ministre de la santé a vu juste et le maitre de l’ouvrage a vu de travers. Je lui ai posé une question simple, mathématique, sereine : 9 consultations, 51 offres. Entre l’ouverture des plis et la validation des résultats : 5 jours. Est-ce possible? Il a répondu de travers. J’ai déposé une plainte et il a désigné un avocat. Dans toute cette affaire le président du conseil national de l’ordre des architectes n’a vu que du vent. Même si c’est une grande farce elle n’a pu faire bouger la conscience de notre président d’un Iota.

Je continue mon histoire. Ma compagne électorale aussi.

Moi j’ai trouvé mon candidat idéal : Mon pays le Maroc. Il est plus grand que ma petite histoire, que le maitre de l’ouvrage et son jury, que certains partis politiques et leurs candidats qui ternissent l’image de notre pays, que…, que… et que…

Nous avons la chance que d’être dans un pays grand par son histoire, sa noblesse et son Roi.

La démocratie est une pratique qui s’apprend, qui évolue et qui murit. Nous avons passé le baccalauréat avec succès et beaucoup de pays nous envient pour cela parce que tout simplement ils sont encore en maternelle.
Dans chacun des bureaux de vote vous trouverez notre cher pays le Maroc. Il faut voter pour.

Il faut voter, voter et voter. Mais il faut le faire une seule fois. Ce n’est plus comme avant.

A suivre…
 



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