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Jaafar Hanafi - publié le Mardi 11 Août à 12:16

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (13)






Baisemain. Je scrute mon téléphone portable et ce mot surgit à chaque fois : Le baisemain d’un marocain agite…, Le baisemain du… par un entrepreneur…, qui est l’homme qui a fait le baisemain…? Et les commentaires fusent de partout…, dans les réseaux sociaux et les réseaux privés, avec l’image du baisemain à l’appui.

Une autre petite histoire de plus, qui attise un petit énervement qui vient s’ajouter à ma colère suscitée par celle des 9 consultations architecturales inédites. Ma petite histoire à moi continue. Une autre audience est prévue mi-septembre. Tout simplement parce que le maitre de l’ouvrage n’arrive pas à répondre à une question claire : 51 plis concernant 9 consultations architecturales ont été traité en 5 jours, comme il est clairement mentionné dans les extrais de PV publiés sur le portail des marchés publics. 26 plis entre le 08 et le 10 Avril et 25 plis entre le 14 et le 15 Avril. Avec pour chaque consultation : l’ouverture des plis aujourd’hui et les résultats le lendemain. Est-ce possible?

Le maitre de l’ouvrage ne répond pas et moi je porte l’affaire devant la justice. Le maitre de l’ouvrage désigne un avocat tout simplement parce qu’il ne peut pas répondre à cette question. Profitant peut être d’un silence macabre observée autour de cette affaire, avec les élections qui s’accaparent toute l’attention. Le maitre de l’ouvrage doit surement pousser les procédures à fond. Demain tout le monde sera devant le fait accompli. Difficile de faire marche arrière. Le jour de pose de la première pierre pour le lancement des projets ne sera point jour de fête, parce que le jury a tout simplement battu tout les records pour choisir un projet pour notre pays. Malheureusement.

Sauf que le maitre de l’ouvrage a un grand mérite. Celui que de me pousser à écrire La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites. Et dans le sillage, d’autres petites histoires surgissent, comme celle du baisemain qui a attisé un petit énervement, tout simplement parce que je connais l’histoire, ou une partie de cette histoire fabuleuse, merveilleuse, digne d’un grand roman. Malheureusement je ne suis ni écrivain ni romancier, encore moins un journaliste. Je suis juste un architecte qui essaye de dessiner quelques phrases avec des mots, pour faire valoir un droit. Sitôt les phrases dessinées, je bâtis avec de petits textes. Quand je relis les textes sur mon portable après publication, je trouve des briques posées à l’envers. Encore une fois je m’excuse auprès du lecteur. Viendra le jour ou cette histoire du baisemain sera écrite, parce que tout simplement elle est fabuleuse.

Il est 8 H du matin. Moi qui suis matinal, je suis dans un café au centre de la paisible ville d’Asilah. C’était tout simplement avant-hier. Aujourd’hui on est lundi 10 août 2015. Il est 8H du matin et le centre grouille de monde. Les terrasses battent le plein. Les senteurs de « Los Churros », des galettes marocaines toutes confondues, du thé, du café.., meublent merveilleusement ce climat bon enfant. Mon attention est partagée entre cette belle ambiance, moi qui suis curieux ou un peu plus, et mon téléphone portable. A chaque fois que je regarde le petit écran le baisemain surgit. J’essaye de déchiffrer les titres, les textes, les commentaires, le tout est focalisé sur une image statique, un homme entrain de baiser la main d’un Roi, alors que ce baisemain a toute une histoire.

Je relis l’article de Mr Talal Mohamed Yassine publié sur ce même site Lemag, je comprends le baise-épaules de Benkirane premier ministre. J’ai bien saisi le sens de ce baise-épaules. Merci Mr Talal. Il reste maintenant le baisemain. Vous le comprendrez à votre tour Mr Talal si vous lisez cette petite ou grande histoire, dans laquelle je ne suis que témoin. J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cette histoire, mais après tout il faut rendre à César ce qui est à César. Lemag m’a fait confiance en publiant l’ensemble de mes textes, je lui dédis cette histoire. Des lecteurs ont pris le temps de lire mes textes, je leurs dédis cette histoire. Le maitre de l’ouvrage instigateur de toutes ces histoires, je dédis à lui aussi cette histoire. Je ne suis pas rancunier. Quand au président du conseil national de l’ordre des architectes, jusqu’à ce jour je ne sais pas si c’est une personne réelle ou virtuelle. Alors que moi je suis une personne réelle, en chair et en os.
Je commence mon histoire. Elle commence à Asilah. Mes parents s’installent dans cette paisible ville que personne ou presque ne connait. Sauf des touristes qui avaient le privilège que de saisir sa beauté. Une grande beauté. Désormais je dois m’accommoder à une nouvelle vie, avec de nouveaux amis. Tétouan ma ville natale n’est qu’un souvenir. Mon enfance n’est que souvenir. Je suis aux portes de l’adolescence. Asilah se chargera de cette adolescence.

Le temps passe est je suis en dernière année du collège. J’ai déjà des amis. De grands amis. Ils continuent par être de grands amis. Sauf ceux qui sont morts. Dieu ait leurs âmes. Et puis un ami de plus. Cheveux longs et frisés. Très intelligent et très dynamique. Le courant passe et on est des amis. Je m’introduis dans sa famille et lui aussi. Il s’appelle Ahmed. Quand je suis chez lui je me sens tout simplement que je suis chez moi. Une petite maison R+1, comme la notre. Une petite maison très propre, où règne un climat très convivial et où la solidarité familiale est sans faille. Le père un peu timide mais grand travailleur, se contentai d’un petit bonjour comme pour ne pas ou faire semblant de ne pas s’immiscer dans nos petites folies de jeunes adolescents. C’était un homme génial. Dieu ait son âme. La mère beaucoup plus ouverte. Avec elle j’étais toujours à l’aise parce que toujours souriante et très accueillante. La petite sœur d’Ahmed est la plus chouchoutée parce quelle est la seule fille dans la famille. Elle aussi regorge de vie comme Ahmed, avec toujours un sourire ou un fou rire, exactement comme Ahmed.
Dans la famille il y a le frère ainé Abdeslam. Il est différent. Lui aussi très intelligent. Lui aussi regorge de vie mais et beaucoup plus. Les jeunes de la petite ville se connaissent tous. Lui il est connu pour être râleur. Tout simplement parce qu’il ne comprend pas cette ville morte qui n’a rien à donner à ses jeunes. Avec Ahmed on passe notre temps à jouer du Foot avec des ballons qui ressemblent à des ballons, dans de petits terrains ou les ballons se perdent toujours dans la poussière…, et lui il ne comprend pas. On passe notre temps à chercher des pieuvres ou des murènes entre les rochers quand la marée basse le permet…, et lui il ne comprend pas. Il n’est pas né à ne rien faire, mais plutôt à travailler et travailler pour être mieux, lui et sa petite famille. Alors que nous on se fatigue et on se fatigue à ne rien faire. Il ne comprend rien et il râle… On comprendra plus tard.

Le temps passe et je retourne à Tétouan pour continuer mes études au lycée. A Abdeslam aussi mais on ne se voit que rarement. Il est dans un autre lycée. Par contre Ahmed, se trouvant en Hollande, on s’échange des lettres, des cartes postales, une grande amitié toujours intacte ou encore plus solide. Pendant les vacances d’été, Ahmed est à Asilah et ce sont de petites ou grandes folies qui s’enchainent, avec d’autres amis.

Le temps passe et je me retrouve à Rabat à la faculté de Médecine. Abdeslam aussi mais dans une autre faculté. Il me propose d’habiter ensemble et je ne réfléchis pas de fois. Il est tout simplement le frère d’un grand ami. En plus il a trouvé un bel appartement au RDC d’un petit immeuble, pas loin de la salle omnisports Ibn Yassine, un beau quartier et à 340 Dhs le mois. IL n’y a que lui qui peut tomber sur pareille occasion, son dynamisme et son intelligence à l’appui. Un troisième ami d’Asilah habite lui aussi est avec nous dans l’appartement. Un petit cocktail. Moi avec une petite penché à gauche, je suis à l’époque membre au bureau d’Achabiba Alttihadia d’Asilah, Mohamed avec une petite tête de technocrate, et Abdeslam un royaliste. A l’époque, chercher un étudiant royaliste à Rabat, c’est comme chercher une aiguille dans l’étendue de l’Atlantique ou du pacifique.

L’année est mouvementée. Des grèves, la marche verte, Ila Al Amam, l’USFP, les arrestations tout azimut, tout ce qu’il faut pour avoir une tête penché à gauche. Sauf Abdeslam et Mohamed qui ont la tête ailleurs. Hormis cela, tout le reste nous unit : nous sommes tous les trois de la même ville, tous les trois amis avec l’hombre d’Ahmed qui plane sur nous, personne n’a droit à l’erreur et puis beaucoup et beaucoup de choses qui ne peuvent que nous unir pour de bon…
Je me rappelle du jour ou Abdeslam rentre le soir avec un chou. Juste un chou. Il a tout simplement envie de manger le chou. On lui demande comment on prépare un chou il ne répond pas. On lui demande sue ce qu’il faut comme ingrédients pour préparer un chou et il ne répond pas. Exactement comme le maitre de l’ouvrage dans ma petite histoire des consultations architecturales. Le chou est resté quelques jours dans la cuisine avant de rendre l’âme. Ce n’est qu’un petit souvenir.

La fin de l’année approche, après une année très chargée sauf pour ce qui concerne les études. L’heure est au bilan. Moi je ne passe pas les examens et je me retrouve l’année d’après en France. Abdeslam lui choisit la Belgique et Mohamed continue à Rabat.

Un nouvel épisode. Quelques lettres d’échangés avec Abdeslam et Mohamed. Avec Ahmed c’est différent. Beaucoup de lettres. Beaucoup de cartes postales. Les vacances de Noel je les passes chez lui à Amsterdam. Les vacances d’été aussi. Pour faire un peu d’argent je travaille dans un luxueux hôtel en face du palais royal. La reine Juliana est une cliente fidèle de l’hôtel. A 16 h quand je finis le travail je reste une à deux heures à la très belle place Dam à savourer la fraicheur d’une limonade ou autre chose, je ne me rappelle plus. Le soir avec Ahmed on esquisse un petit programme pour sillonner les rues d’Amsterdam. Des rues que Jaques Brel connait plus que bien. Sauf qu’une petite inquiétude est omniprésente. Ahmed maigrit, sa respiration n’est pas normale. Une petite maladie qui l’accompagnera quelques années. Elle disparaitra à jamais après une petite opération chirurgicale à Londres.

Je me rappelle comme hier d’un voyage alors qu’il était malade. Il vient d’Amsterdam à Toulouse et on continue ensemble au Maroc. Il conduisait seul, moi je n’avais pas de permis. Aux hauteurs de la Sierra Nevada en Espagne, une nuit très sombre ou plus est au rendez vous. Une tempête de neige aussi. Et comme le hasard fait toujours de bonnes choses, les essuies glaces tombent en panne. Un petit scenario à attiser toutes les peurs du monde. En plus, Ahmed était malade. On avançait un peu et il s’arête et moi je descends pour essuyer les vitres. On continue ainsi jusqu’à un moment ou je descends et je me trouve nez à nez avec un homme sorti tout droit de l’histoire. Un béret, des habits d’un autre temps et une allure d’homme robuste. J’avance pour essuyer les vitres en attendant qu’il saute sur moi ou qu’il sort un pistolet. A l’époque il n’y avait Daech. Il y avait que des pistolets. J’entends une cloche et puis une autre. Ce sont des chèvres. Enfin. Je sais que je suis devant un berger, certainement coincé à cause de la tempête. Je remonte dans la voiture avec mes jambes qui tremblent comme un sismographe qui détecte un tremblement de terre de magnitude 100. Ahmed a vu toute la scène et lui aussi a enduré la même trouille. On continue ainsi jusqu’à sortir de la tempête et arriver à Grenade pour continuer la nuit sur un parking d’une grande surface. Ce n’est qu’un souvenir parmi beaucoup d’autres.

Le temps passe et passe et Abdeslam finit ses études. Il rentre au Maroc avant moi. Il a son un diplôme. Mais il n’est pas fait pour l’administration. Je le sais. Malgré cela il passe un concours pour devenir inspecteur de finances. Il réussit, mais je sais qu’il n’est pas fait pour l’administration. Malgré cela il rejoint l’administration avec un beau titre et une bonne situation.
Ahmed lui aussi rentre au Maroc. Avec une très bonne santé, beaucoup d’expérience dans l’hôtellerie et la restauration, une bonne maitrise de beaucoup langues et surtout avec un sourire ou un fou rire qui ne déserte jamais son visage. Avec tout cela, il est gérant d’un hôtel de luxe, propriété d’une princesse. Une grande princesse. Connue par sa générosité et sa modestie.
Encore des souvenirs et des souvenirs dans cet hôtel. Comme ces rares petits moments autour d’une table, avec Chrifa (dieu ait son âme) et Ahmed. Elle lui parle comme à un fils ou à un petit frère. Il répond comme à une mère ou à une grande sœur. Je découvre une relation noble, une grande modestie d’une grande dame et un grand ami déployant un grand talent de grand manager.

Une grande modestie. Je me rappelle comme hier du jour ou on se baladait Ahmed et moi dans les rues de Ceuta. Tout d’un coup on est face à face avec une femme habillée sobrement mais modestement d’une djellaba et d’un foulard. Elle s’arrête, quelques mots d’échangés et elle continue sa petite balade toute seule, comme une femme quelconque, mais c’était une grande princesse.

Je me rappelle aussi du jour où j’ai été visiter Ahmed dans son café. Il a désormais un café ou quelque chose qui ressemble. L’ambiance est européenne. Le chef de salle est anglais. Celui qu’on appelle barman aussi. Toute la clientèle est européenne sauf un seul marocain qu’Ahmed me présenté. C’est Mohamed Choukri. Je le connaissais à travers le pain nu. Cette fois ci on est tous les deux à table. Choukri en chair et en os. On discute et on discute, tout y passe, Fatima El Mernissi, Tahar Benjelloun et beaucoup d’autres, chacun a eu une petite fessée de la part de choukri. Plus de 4 heures de discussion, avec des limonades pour rafraichir la gorge (entre nous c’était de la bière. Ne dites rien à tous ces Abou… Rien qu’Abou me fait peur. Dites Abouuu à un petit enfant et vous verrez). Si un lecteur trouve la parenthèse encore ouverte je lui demande la fermer. Je n’ai pas envie d’avoir des histoires. La petite histoire des consultations architecturales me suffit largement.

Le temps passe et Ahmed et Abdeslam ont un hôtel. D’après une revue Allemande qu’Ahmed m’a envoyé à Kenitra, c’est le plus bel hôtel du Maroc. Un lieu privilégié pour beaucoup de chefs d’états, d’artistes, de ministres…. Et cela tout le monde le sait.

Entre temps, j’apprends d’Ahmed qu’Abdeslam n’est plus dans l’administration publique ce qui ne m’inquiète aucunement. Il va désormais travailler et travailler pendant des années et des années avec un homme. Personne à l’époque ne savait que cet homme deviendra un jour le Roi d’Arabie Saoudite.

L’homme est désormais Roi et j’imagine l’émotion d’Abdeslam.
L’homme arrive pour la première fois au Maroc en tant que Roi et j’imagine l’émotion d’Abdeslam.
Le Roi est accueilli à l’aéroport par quelqu’un qui a travaillé pour lui pendant des années, et j’imagine l’émotion d’Abdeslam.
Abdeslam a un caractère très fort, mais aussi une sensibilité extrême. Je le connais assez bien. J’ai vu la photo et mon estime pour cette famille que je connais plus que bien reste intact.
En racontant cette histoire, Naima la petite sœur d’Ahmed et Abdeslam a été présente dans ma pensée, comme ma petite sœur décédée avant le mois du Ramadan. Elles se sont côtoyées parce qu’elles avaient presque le même âge. Naima a toujours été une petite sœur pour moi. Je sais qu’elle va bien, je l’ai rencontré il n’y a pas longtemps à Tanger avec ses filles. Je sais qu’elle est entourée d’une très grande tendresse de ses deux frères, Abdeslam et Ahmed. Elle en a besoin. Ses frères sont toujours à coté je le sais.

Un petit mot du baseball. C’est un sport collectif qui se joue avec des battes pour frapper une balle lancée, et des gants pour rattraper la balle. Si quelqu’un ne connait pas les règles du jeu, comme moi d’ailleurs, c’est exactement comme dans les réseaux sociaux, où on lance une photo ou un commentaire…, avec des milliers de spectateurs. La balle fait office de commentaire et c’est sans commentaire.

Pour finir, je vous demande vivement de remercier le maitre de l’ouvrage de ma vraie petite histoire qui sans lui, je n’aurais rien écris. C’est lui qui m’a poussé et me pousse encore à écrire et à écrire, tant qu’il ne répond pas à cette question simple: 51 plis concernant 9 consultations architecturales ont été traité en 5 jours, comme il est clairement mentionné dans les extrais de PV publiés sur le portail des marchés publics. 26 plis entre le 08 et le 10 Avril et 25 plis entre le 14 et le 15 Avril. Avec pour chaque consultation : l’ouverture des plis aujourd’hui et les résultats le lendemain. Est-ce possible?

Si vous n’avez pas son adresse, je vous laisse la mienne et je lui transmettrai vos remercîments : hanjaafar@yahoo.fr .
A suivre…



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