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Jaafar Hanafi - publié le Vendredi 7 Août à 11:21

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (12)






Ma petite histoire continue. Le maitre de l’ouvrage a voulu ainsi. Il a ce privilège que d’être l’instigateur de cette histoire. Un autre privilège celui que de me pousser à réfléchir et comprendre encore plus mon pays. Un pays qui avance malgré cette petite histoire, malgré le maitre de l’ouvrage et malgré moi.

Je continue cette histoire tout seul. Comme un grand. J’ai l’impression d’être seul dans un compartiment de train en première classe. Personne ne dérange. Même le contrôleur ne passe pas. Occupé certes. Comme les autorités, les partis politiques et tout le reste occupés aujourd’hui avec les élections. Un grand avantage en ma faveur. Je me rappelle quand j’étais fonctionnaire dans l’administration, les élections faisaient toujours le bonheur de l’habitat clandestin. Tout simplement parce que tout le monde est occupé.

Un candidat aux élections fait le compte: Le Douar X, pardon je rectifie, le Douar A compte 638 habitants. Telle famille est avec moi. 38 personnes dans la poche. L’autre famille est en ballotage. Les deux petits barbus dans la famille risquent de tout chambouler. L’autre famille … Le compte est bon. Le Douar est avec moi.

Le Caïd du coin de l’œil scrute la moindre irrégularité. Comme ce gendarme accroupi derrière un buisson avec son appareil entrain de repérer le moindre excès de vitesse. Sitôt un excès repéré un autre gendarme se met au milieu d’une voie où on roule à 120Km/h pour arrêter le fautif. Un scenario digne des grands films d’actions où des cascadeurs font le bonheur des spectateurs. Comme dans La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites où les membres du jury ne peuvent être que des cascadeurs assidus pour étudier et évaluer 25 dossiers entre le 14 et le 15 Avril.

Les élections sont là. Tout le monde est occupé. Les pronostics vont bon train. Beaucoup de partis politiques se disputeront les votes, les sièges et tout ce qui va avec… Pour cela quoi de mieux que viser les indignés. Pour les viser il faut qu’ils existent. Pour qu’ils existent il faut tout simplement les usiner. Ou usiner des indignations.
Beaucoup de partis ont compris cela. Alors on entend ce parti scander: « Si l’argent sale…, si des falsifications, si et si…, nous boycotteront les élections ». Un grand discours d’un grand leader. Je m’indigne contre l’argent sale, conte… Le parti peut compter sur moi.

J’entends mes neurones taper de plein fouet sur mon crane, comme pour m’inviter à écouter un petit débat attisé par mes propos qui les ont laissés perplexes :
- « Mrs les neurones. Permettez-moi de manifester ma totale indignation contre Mr Jaafar Hanafi, qui veut voter pour ce parti. A t-il oublié que ce parti est entrain de se disloquer, de se déchiqueter…».
- « En plus, tous ces beaux slogans c’est pour détourner l’attention de se qui se passe au sein de ce parti. Des militants qui forment un autre parti, d’autres qui migrent…, d’autres qui réfléchissent à ce qu’ils vont faire… »
- « En plus c’est un parti qui a raté le train de l’histoire, alors qu’il était plein dedans, du temps de, de et de… »
- « En plus, il ne s’est même pas rendu compte de cette grande farce qui concerne les 9 consultations architecturales inédites. En plus et en plus… »
- « Mrs les neurones, je propose qu’on passe au vote. Pour ou contre Jaafar Hanafi ?

Résultat : OUI : 0 neurones. NON : 90 milliards de neurones. Juste une petite précision pour être clair avec les lecteurs. Je n’ai jamais eu le temps de compter mes neurones. C’est au haut commissariat au plan de le faire. Le chiffre que j’ai avancé je l’ai appris à l’école.

Démocratique que je suis, je ne peux qu’accepter les résultats. Alors je continue et je cherche un autre parti. Je crois que j’ai trouvé. Un leader d’un parti politique vient de réunir 10 000 personnes dans un meeting. Il a utilisé des bus, des cars, s’il y avait une piste d’atterrissage à proximité il aurait utilisé des avions aussi. Ca c’est un grand leader. Il n’y a qu’un seul leader qui a pu réunir plus de monde et sans dépenser un seul sou pour faire venir les gens: Jennifer Lopez. Sauf que Jennifer Lopez a ce grand avantage en sa faveur : elle n’a pas de moustaches. Notre leader qui a réunit 10 000 personnes, je ai vu ce chiffre dans un journal, a résumé toutes les doléances du peule marocain dans ce grand slogan : «Les citoyens ont droit à une vie meilleure, à un emploi digne, à l'enseignement, à la santé et à l'habitat notamment… ». Un grand slogan qui ne peut qu’amplifier l’indignation des indignés. Moi qui, déjà indigné par les 9 consultations architecturales inédites, j’apporte mon soutien inconditionnel à ce grand leader. Le parti peut compter sur moi.

Encore une fois, j’entends mes neurones taper de plein fouet sur mon crâne, comme pour m’inviter à écouter un autre débat attisé par mes propos qui les ont laissés encore plus perplexes:
- « Mrs les neurones. Je crois que Mr Jaafar Hanafi a tout simplement perdu les pédales. Sait-il que si demain ce leader est premier ministre ?
Les 90 milliards de neurones se mettent à rire à gorge déployée. Je sens dans mon crâne un brouhaha comme dans ces grands débats pour voter une loi, et quand le président déploie avec toutes les forces ses cordes vocales:
- « Mrs les neurones. Je vous demande silence sinon je lève le voile. Pardon Mesdames les voilées, je voulais dire la séance. Séance s’il vous plait, pardon silence s’il vous plait. On passe au vote ».
Le verdict est sans appel. 90 Milliards de non. Je continue. Mais cette fois ci j’ai trouvé pour de bon. Personne ne peut me contrarier. Sinon c’est l’enfer. J’ai vu dans les journaux qu’un leader politique commence son discours par : « Vous êtes les invités d’Allah… ». Je ne réfléchis pas deux fois. Je n’ai aucunement envie de passer pour un renégat. Moi qui a une trouille inégalée d’Abou Naim, Abou tous les autres et consorts. La décision est prise. Le parti peut compter sur moi. Pour mes neurones un sédatif fera l’affaire. Sinon un somnifère. J’entends le plus râleur chuchoter quelque chose : Et si tous les leaders politiques de tous les partis commencent leurs discours par « Vous êtes les invités d’Allah… »? Dans ce cas, pour qui vat- il voter? Encore une fois je me suis fait avoir. Je ne peux plus continuer. Je sais qu’il y avec exactement 40, 60 ou 87 partis politiques au Maroc. Comme en France. Les passer tous en revue fera de mon clavier un indigné de plus.

Il y a des partis qui confectionnent des indignations sur mesure pour produire des indignés et s’accaparer par la suite leurs votes. Et puis il y a des citoyens qui ont compris le jeu, et qui s’indignent tout simplement contre ces partis. Des indignés qui s’indignent contre des administrations et contre des partis politiques. Un joli monde.
Sauf qu’on ne peut pas mettre tous les partis dans le même panier. Il y a des partis qui ont gardé la tête sur les épaules. Bouya Omar en sait quelque chose. Merci professeur. Et puis dans chaque parti il y a des sérieux et des désinvoltes, ceux qui ternissent l’image de notre pays et qui sont unis conjointement et solidairement avec des administrations qui à leurs tours sont en marge de l’histoire. Intérêts obligent.

Il y a aussi ces grands « leaders » politiques qui font du troc avec des insultes. Notre Grand pays est laissé pour compte. Ma petite histoire des 9 consultations architecturales inédites ne peut trouver de place dans ce carnage. Même si c’est une très grande farce. Même le président du conseil national de l’ordre des architectes n’a vu que du vent. Parce que le débat est ailleurs. Les intérêts aussi.
Il y a heureusement ces femmes et ces hommes qui travaillent d’arrache pieds pour ce grand pays. Politiques ou technocrates. Fonctionnaires ou travailleurs indépendants. Dans la majorité ou dans l’opposition. Le grand peuple marocain ne louche pas. Il a toujours la tête sur les épaules.
Il y a enfin ce grand parti politique de « Los Indignados ». Les indignés. Tout simplement des citoyens. Conscients et convaincus que ce grand pays est dans la bonne voie. Conscients et convaincus que personne ne fera bouger d’un Iota l’histoire du Maroc, sa culture, son identité…
A qui veut comprendre notre Grand Pays: Il suffit de lire et relire le Grand Discours de Sa Majesté Le Roi à l’occasion de la fête du trône. La spécificité marocaine est à l’honneur. La dignité du citoyen aussi.

A suivre…
 


Tagué : Jaafar Hanafi

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