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Jaafar Hanafi - publié le Mardi 4 Août à 19:36

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (11)






Date de naissance le 20 Février. Date de décès le jour d’après. Je rectifie l’erreur. Commise surement parce que le chiffre 23 s’est imposé de lui-même, il est gravé dans l’histoire du Maroc comme toutes ces dates qui ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. Le 23 Mars 1965, des centaines ou des milliers de morts personne ne sait. Le 23 Mars, ancien mouvement qui avait son poids su la scène politique, convertit en parti politique (Organisation de l’action démocratique et populaire) par M. Mohamed Ait Idder, résistant et leader politique. Cette année, la fête du trône a été marquée par cette image inoubliable et symbolique: M. Mohamed Ait Idder décoré par le Wissam Al Arch. Encore une fois, une image à faire jalouser des pays : Un Grand Roi, décorant une grande figure de l’opposition. Encore une fois, un grand pays se réconcilie avec son histoire. Rares les pays qui ont eu le courage de le faire. On peut les compter sur le bout des doigts.
Notre pays avance sereinement, placidement et avec sagesse vers un grand avenir. Le discours de Sa Majesté Le Roi à l’occasion de la fête du trône en est la garantie. Un discours fort, clair et direct, ou la dignité du citoyen a été le mot phare quand à l’amélioration, des conditions de vie des masses déshéritées, et des prestations fournis par les consulats aux résidents marocains à l’étranger. Un Grand Roi à l’écoute de son peuple. Un grand Roi qui répond à son peuple. Les administrations doivent saisir le message.
Faut-il recourir à chaque fois à la plus haute autorité de l’état, pour faire valoir une dignité, aussi petite soit-elle? Sommes-nous condamnés à l’indignation à perpétuité, tout simplement parce que des administrations n’arrivent pas à s’inscrire dans cet essor que connait le Maroc nouveau? Sommes-nous condamnés à subir cette indignation confectionnée sur mesure par certaines administrations?
Ces questions resteront posées tant que des administrations ne répondent pas à l’appel, tant qu’elles restent scotchées à un temps révolu… Un citoyen indigné pourra crier et crier et personne ne lui dira d’arrêter. Une règle d’or, celle que de pousser le citoyen à l’épuisement et de faire de lui un indigné par excellence… Heureusement qu’on a un grand Roi, à l’écoute de son peuple, pour venir à sa rescousse et faire valoir sa dignité. Le discours de la fête du trône en est la preuve de plus.
Ma petite histoire est banale. Elle est comme beaucoup d’autres qui ternissent l’image d’un grand pays. Un promoteur jure qu’il n’investira jamais dans l’immobilier. Il me fait part de toutes ces difficultés et retards pour juste faire valoir un droit, celui que d’investir, participer au développement du pays et…, et…. Sitôt sa petite histoire terminée il enchaine sur une autre. Un bateau de marchandise amarré tout simplement parce qu’un fonctionnaire a décidé ainsi et l’affaire est désormais entre les mains de la justice. L’administration concernée l’appelle pour s’excuser mais l’affaire est toujours entre les mains de la justice. Un investisseur indigné. Confectionné sur mesure par une administration.
Un autre indigné. Un haut fonctionnaire de l’état qui après son départ volontaire de l’administration publique monte une affaire. Il change complètement de cap et investit dans une agence de location de voitures. Sa petite boite marche jusqu’au jour ou un fonctionnaire lui met les bâtons dans les roues de l’une de ses voitures de location. Il écrit et il écrit et personne ne lui dit d’arrêter. Il ferme tout simplement la boite et met le personnel à la porte. L’administration a voulu ainsi. Elle a confectionné sur mesure un autre indigné, et des chômeurs…
Les exemples ne manquent pas. Aucune discussion n’est exonéré d’une petite indignation survenu ci ou là. Alimentée par un silence macabre. Se plaindre ne rime à rien. Personne n’est à l’écoute. A l’image des 9 consultations architecturales inédites. Seul le maitre de l’ouvrage a fait semblant de répondre, ignorant ma vraie question qui porte sur le temps réservé à l’étude et l’évaluation des dossiers. Une question simple et mathématique que je ne cesse de formuler :
51 plis concernant 9 consultations architecturales ont été traité en 5 jours, comme il est clairement mentionné dans les extrais de PV publiés sur le portail des marchés publics. 26 plis entre le 08 et le 10 Avril et 25 plis entre le 14 et le 15 Avril. Avec pour chaque consultation : l’ouverture des plis aujourd’hui et les résultats le lendemain. Est-ce possible?
Le maitre de l’ouvrage n’a pas pu répondre. Alors il a désigné un avocat payé sûrement avec l’argent du contribuable, alors qu’il aurait répondu à cette question claire en m’évitant d’écrire toute cette histoire, et en économisant un peu d’argent pour notre pays. En l’absence d’une réponse claire à cette question, l’avocat va faufiler entre les articles des lois pour trouver une réponse ailleurs. C’est son métier. S’il trouve, il faudra encore changer la loi. Ainsi sommes-nous. De grands faiseurs de lois. Sitôt une loi sortit, on la contourne, on cherche une petite faille et la loi perd les pédales. Il faudra la refaire et ainsi de suite. Dans les pays scandinaves, ils ont un minimum de lois et en plus ces dernières sont très lights. Eux-mêmes disent qu’une loi est faite pour être archivée. Ils ne s’en servent qu’en cas de besoin. Nous on fait la course contre la montre pour produire et produire des lois.
- « Monsieur le parlementaire. Vous avez la parole ».
- « Mr Le Président, Mr Le…, je ne peux que manifester mon indignation (encore un indigné), quand au retard observé dans l’approbation des lois N°, N°, N° … Notre pays ne peut attendre plus… Permettez-moi de vous rappeler que mon parti a présenté 1563 projets de lois sans aucune suite… Cela ne peut que…
- « Vous avez consommé votre temps de parole. Mr Le Ministre c’est à vous… »
- « Mr l’alligator, pardon, Mr le parlementaire. Vous savez très bien que mon gouvernement a battu tous les records pour sortir des lois, des lois et des lois. Et ce conformément aux lois N°…, N°… et N° … Je vous demande ainsi de respecter la loi…
Un doigt sous la paume de la main gauche surgit d’en ne sait ou :
- « Un point d’ordre Mr Le Président ».
- « Vous avez la parole ».
Il prend la parole et sème le désordre. Le président s’est fait avoir. Il lui enlève la parole et la jette dans la salle. On se bat pour prendre la parole. Certainement une petite faille dans la loi qui régit le parlement. Il faudra la revoir… Moi je propose un arbitre au centre, deux arbitres de touche et un quatrième je ne sais toujours pas à quoi il sert mais c’est ainsi dans les matches de Foot. Il faudra dans ce cas remplacer la parole par un ballon rond. Nous continuerons ainsi par produire des lois et des lois et les amender et les amender par la suite.
J’ai entendu parler d’une commission chargée de collecter toutes les requêtes des architectes pour présenter des amendements au décret relatif aux marchés publics. Une bonne nouvelle. Nous aurons un décret flambant neuf et dans 5, 10 ou 15 ans je ne pourrais pas parler de ces 9 consultations architecturales inédites. Pour épargner cette commission de lire l’ensemble de mes requêtes, je vais tout simplement leur proposer un petit amendement :
- Art. 20199. Les membres du jury doivent étudier et évaluer les offres techniques des architectes dans un temps qui ne peut être inferieur à 180 mn. Ils ont droit de 10 mn pour se détendre et discuter s’ils veulent de Chabat, du Real ou des prix des courges.
Je crois qu’avec cet amendement le jury est coincé. Il doit désormais bosser pour de bon. Sauf s’il se met à regarder (juste regarder) les offres techniques faisant semblant de les étudier. Encore une fois je présenterai un amendement.
- Art. 20200. Au terme de l’étude et de l’évaluation des offres techniques, chacun des membres du jury sera examiné par les concurrents. L’évaluateur sera noté selon un barème pour évaluer son évaluation: 10 points s’il…, 0 points s’il ne… et ainsi de suite.
Une petite touche d’humour. Sur fond d’une petite amertume. Le maitre de l’ouvrage a voulu ainsi. Il m’a poussé à rédiger, rédiger et rédiger. Il m’a même obligé à ouvrir un autre fichier pour corriger et restructurer ce texte qui fait à ce stade plus de 30 pages. L’histoire n’est pas terminée. Une audience est prévue le 06/08/2015. Alors je continue mon histoire. Ma petite sœur décédée au courant de cette histoire m’accompagne. Elle repose paisiblement dans ma pensée et m’accompagne.
Je continue et entre temps, je ne me lasserai jamais de penser dur comme fer que notre pays est beaucoup plus grand que moi, que le maitre de l’ouvrage, que cette petite histoire, que le président du conseil national de l’ordre des architectes…
Et puis cette fierté que d’appartenir à ce grand pays, où le grand combattant M. Mohamed Ait Idder a été décoré par le Wissam Al Arch. L’image d’un grand pays avec un Grand Roi Rassembleur.
A suivre…

Jaafar Hanafi
architecte


Tagué : Jaafar Hanafi

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