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Jaafar Hanafi - publié le Vendredi 31 Juillet à 17:29

La petite histoire de 9 consultations architecturales inédites (10)






On est le 15 Mai 2011. Des jeunes et des moins jeunes campent dans la très belle place Puerta Del Sol à Madrid. Une petite imitation du grand rassemblement de Maidan Attahrir en Egypte. Où des jeunes scandaient la liberté avec comme seules armes leurs guitares. Des escrocs n’attendaient que pareille occasion pour passer à l’acte. Le butin était juteux et c’était toute une révolution grugé au vu et au su de tout le monde.

Les jeunes en Espagne se dotent de petits remparts pour tout simplement protéger leur petite révolution. Pour cela ils sont appuyés par de grands intellectuels et idéologues en Espagne. Les médias espagnols trouvent un joli nom à ce petit mouvement : Los « Indignados ». Un nom inspiré du manifeste écrit par Stéphane Hessel : « indignez-vous ». Le mouvement s’élargit à beaucoup de villes espagnoles jusqu’au jour ou les forces de l’ordre usent de tous les moyens jusqu’à tirer les filles et les femmes par les cheveux pour les faire décamper. Au Maroc des images pareilles auraient fait le tour du monde sur fond d’atteinte aux droits de l’homme, barbarisme, autoritarisme et je sais quoi encore.

Le mouvement quitte les places et se convertit en un parti politique portant le nom de « Podemos ». Un nom inspiré du fameux slogan « We can » inventé par Obama ou Abdelilah Benkirane, je ne me rappelle plus. Aux dernières élections municipales du 24 Mai de cette année, Podemos a fait trembler l’Espagne et quelques pays avoisinant comme la France. Il a tout simplement bouleversé le bipartisme qui a régné en Espagne depuis plus de 40 ans. Il a fait tout cela de l’intérieur de la démocratie en respectant les grandes valeurs de ce pays dont la monarchie est celle des plus ancrés dans la vie, l’histoire et la culture espagnoles.

Au Maroc on a eu le mouvement 23 Février. Il est né le 23 et a rendu l’âme le 24 du même mois. Tout simplement parce que formé dès le départ par un agrégat de barbus et des tout rasés en passant les moins barbus et les moustachus. En Europe on appelle cela le mariage à Blanc. Un mariage pour juste faire des papiers et après chacun pour soi. En plus ils ont voulu imité les faiseurs du « printemps Arabe » comme si notre pays était né le jour d’avant. Il y avait ceux sincères et à qui je rends un très grand hommage et ceux qui croyaient en la naissance d’une grande révolution et attendaient juste son murissement pour l’escroquer. Sauf que le peuple marocain n’est pas dupe. Le peuple marocain était tout simplement spectateur d’un petit spectacle qui se jouait à l’air libre.

Je me rappelle de cet après midi d’un Dimanche d’été au boulevard Mohamed V à Nador, les terrasses de cafés battaient le plein et un monde fou marchait dans toutes les directions profitant du beau temps et respirant un air empreint de liberté et de stabilité. Nous étions un petit groupe dans une terrasse de café fleurant bon cette odeur de « los Churros », une belle saveur venue tout droit d’Espagne qui, avec un thé fleurant bon la menthe fraiche, l’absinthe et autres aromes, ne peuvent que faire bon ménage.

Pendant que nous étions entrain de savourer ce petit délice Hispano-marocain, une voiture de police arrivait doucement avec un gyrophare déployant une lumière rouge qui attisa notre curiosité. Derrière la voiture une toute petite manifestation. Au devant de la manifestation un drapeau noir. La manifestation s’approchait et notre curiosité s’amplifiait juste pour déchiffrer ce qu’ils scandaient comme slogans. C’étaient tout simplement des slogans appris par cœur sur des chaines satellitaires et prononcés avec un accent Egyptien ou quelque chose qui ressemble. Dans le café, les commentaires fusaient de partout avec une ironie comme pour dire « c’est quoi cet accent qui nous tombe tout droit du ciel ? ». Je rappelle que cela se passait dans la ville de Nador ! Une manifestation qui n’a même pu confectionner un slogan marocain comme il se doit.

Je me rappelle tout jeune dans les défilés du premier mail, les slogans marocains faisaient trembler la terre. Ces mêmes slogans auraient fait à cette époque des milliers de morts, de blessés, de sans abris et je ne sais quoi encore dans les autres pays arabes. C’est ce que le mouvement du 23 Février n’avait pas compris. Le Maroc avait une très grande longueur d’avance sur les autres pays. Et par dessus cela une grande histoire. Une histoire qui fait mourir de jalousie des pays qui ne sont nés qu’en 1961.

Moi aussi j’avais la tête qui tournait plus vite que son ombre dès qu’un slogan me tombait droit dessus, qui arrivait fraichement de l’URSS en transitant par l’Algérie ou la Libye. Nous avions tous un petit transistor collé à l’oreille pour écouter ces émissions diffusées à partir de la Libye ou autres qui nous donnaient des leçons en démocratie, droits de l’homme et tout ce qu’on voulait. Aujourd’hui je vous demande de chercher la Libye sur la carte et vous ne trouverez que des tribus, Daech, Al Kaida, Jabhat ceci, Jabhat cela… C’est malheureux de le dire mais c’est la réalité. Je dis cela en pensant au peuple libyen qui ne mérite pas cette tragédie. Heureusement que Gorbatchev a eu le mérite de comprendre le sens de l’histoire, le pouvoir Algérien n’a pas eu ce privilège, le pouvoir Libyen non plus, et le peuple libyen est entrain de payer le lourd tribut. Malheureusement. J’espère qu’un jour les marocains qui se déclarent de « la République Arabe Sahraouie Démocratique Fallacieuse Mensongère etc.… » se rendront compte à leur tour qu’ils sont en plein dedans dans le plus grand mensonge qu’a connu l’histoire de l’humanité, un mensonge confectionné sur mesure par les pouvoirs Algérien et Libyen.

Le temps passe, les événements se précipitent et Notre pays avance sereinement et avec sagesse vers la consolidation de ses acquis et un avenir prometteur. Il dispose désormais de bases solides dont personne ne pourra bouger d’un Iota. Sauf que nous ne pouvant prétendre être à l’abri de petits problèmes qui ternissent des fois l’image de ce grand pays. Des problèmes qui n’épargnent aucun pays. Même les ténors de la démocratie se voient continuellement face à une espèce de plus en plus insistante et qui sont « los Indignados ». Il y a ceux organisés comme «Podemos» et ceux livrés à eux même endurant l’indignation jusqu’à nouvel ordre.

Notre pays n’échappe à la règle et les fabriques qui produisent sur mesure les indignés ne manquent pas. Alors la question qui s’impose d’elle même : combien sommes nous? Je dis nous parce qu’avec cette petite histoire des 9 consultations architecturales inédites je suis partant. Je vais essayer de compter avec le risque de se tromper, moi qui en absence d’une calculatrice ma cervelle me joue tout le temps de mauvais tours. Comme dans cette lettre adressée au président du conseil national des architectes ou pour un petit calcul de 40-36 j’ai mis 9. Heureusement que l’erreur a été en ma faveur. Encore plus que le chiffre 4 m’a rendu encore plus furieux.

Cette fois ci je vais faire attention. Je demande tout simplement au haut commissariat au plan de me laisser ce dossier je vais faire le travail à sa place.
Je commence par moi-même. Je n’ai point a prouver que je suis un indigné il faut juste lire cette petite histoire des 9 consultations architecturales inédites à partir du début. Mr le haut Commissaire au plan vous pouvez marquer 1.

Je continue. Un architecte me rend visite au bureau avec un visage qui dénote toute l’indignation du monde. Il me raconte sa petite histoire: Deux architectes étaient associés et du coup l’un d’eux rejoint une administration comme fonctionnaire. Cette même administration lance une consultation architecturale et le jour de la visite des lieux l’architecte fonctionnaire lit la liste des présents et en arrivant à son ancien associé il commence par bredouiller comme s’il n’arrive pas à prononcer un nom qu’il connait plus que son ombre. Tout ce qu’il faut pour s’indigner avec du cinéma en mal de professionnalisme parce que tous les architectes présents savaient qu’ils étaient associés. Le jour des résultats c’est l’associé qui a eu le projet. Comme aucun des deux architectes associés ne s’appelle Omar Ben El Khattab l’indignation est à l’honneur.

Un petit groupe d’indignés de plus : L’architecte qui m’a raconté cette petite histoire est ceux qui ont assisté à la visite des lieux. Mr Le Haut commissaire au plan vous pouvez mettre avec exactitude 1+x.

L’après midi je téléphone à un confrère et sitôt qu’il décroche le téléphone il s’insurge contre une administration qui a lancé une consultation architecturale avec des superficies contenant deux chiffres après la virgule. Une preuve inéluctable que le projet a déjà été dessiné par quelqu’un. Alors durant toute notre conversation il n’a cessé de s’indigner. Avec d’autres confrères ils ont écrit des lettres de réclamations et ils attendent.

Un petit groupe d’indignés de plus : L’architecte qui m’a raconté cette petite histoire est ceux qui ont écrit les lettres de réclamation. Mr Le Haut commissaire au plan vous pouvez mettre avec exactitude 1+x. Je récapitule 2+2x.

Quelques minutes plus tard un autre architecte m’appelle. Il me fait part d’une autre bavure dans une autre consultation architecturale.

Je ne peux pas continuer comme ça parce que depuis la mise en application du décret les grognes ne cessent de se manifester ci et là qu’il devient difficile de compter.
Dans tous les cas ma petite histoire constitue à elle seule un grand mépris à tous les architectes du Maroc.

Mr Le Haut Commissaire au plan vous pouvez marquer aisément tous les architectes du Maroc en vous demandant de ne pas oublier notre président. Comme je ne connais pas le nombre je vous laisse pour la fin ce petit calcul tout en s’excusant.

Là ou le calcul peut être compliqué c’est quand il faut classer les architectes par type d’indignation ; Parce qu’il y ceux qui en tirent profit, ceux qui indignés jusqu’au coup pour arrondir la fin du mois malgré eux et ceux tout simplement indignés.

Pour les architectes le compte est bon. Nous avons ce privilège que d’être tous « Los Indignados ».

Cela ne met aucunement en question la grandeur de mon pays. Avec du sérieux, de la persévérance et de la sérénité pour éradiquer ces problèmes notre pays sera encore plus grand. Une grandeur et une noblesse manifestées dans le discours de Sa Majesté à l’occasion de la fête du trône et qui ne peut que nous rassurer quant à l’avenir de ce grand pays. Vive Le Maroc.
A suivre…

Jaafar Hanafi
Architecte



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