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par Hussein Ibish - publié le Vendredi 2 Octobre à 06:00

La paix au Proche-Orient: le nouveau regard des Etats-Unis

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Washington - Depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis ont vigoureusement relancé le processus de paix israélo-palestinien et se sont engagés à faire de la création d'un Etat palestinien une priorité de leur politique de sécurité nationale et de leur politique étrangère. M. Obama a ainsi déclaré que la résolution du conflit est "absolument cruciale pour les intérêts américains". Il semble bien décidé à persévérer dans cette voie en dépit des difficultés et des obstacles qui se présentent à lui.

Cette intensification de son activité s'explique par plusieurs raisons de fond.

En premier lieu, s'il est évident depuis de nombreuses années que les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que le conflit cesse, ce n'est que tout récemment qu'on commence à comprendre le prix considérable qu'il faudra payer pour obtenir un accord de paix. Ce conflit est devenu une arme exceptionnellement redoutable aux mains des fanatiques qui hantent le Moyen-Orient, attisant dans toute la région les sentiments anti-américains. Le nouveau gouvernement l'a compris: la fin de l'occupation israélienne serait l'arme la plus efficace contre l'extrémisme.

Ensuite, le gouvernement du Président Obama adopte une démarche plus holistique à la problématique de ses relations avec les pays de la région. Au lieu de prendre séparément chaque relation et chaque problème et de les traiter au cas par cas, et le plus souvent bilatéralement, cette administration a compris que chacun des facteurs de l'équation est à la fois indépendant et interdépendant.

Troisièmement, les amis américains d'Israël, y compris des Américains juifs de premier plan, commencent à se rendre compte qu'un accord de paix avec les Palestiniens et la fin de l'occupation sont non seulement dans l'intérêt national des Etats-Unis mais aussi dans l'intérêt d'Israël. S'il persiste dans l'occupation, Israël ne sera jamais authentiquement ni juif ni démocratique et ne connaîtra jamais ni la paix ni l'acceptation des pays de la région. C'est cette nouvelle perception de la situation qui a conduit de nombreux Démocrates juifs de premier plan, à commencer par des membres influents du Congrès, à soutenir la politique de gel des implantations préconisée par M. Obama.

Dès le départ, toute la stratégie du Président, dans sa recherche de paix, a consisté à obtenir qu'Israël s'acquitte de l'obligation première contractée dans la feuille de route du Président George W. Bush, à savoir le gel de la colonisation dans les territoires occupés. En parallèle, M. Obama essaye d'obtenir des pays arabes des concessions diplomatiques réciproques.

D'un côté comme de l'autre, M. Obama n'a connu qu'un succès mitigé. En effet, Israël veut bien accepter un gel temporaire en Cisjordanie, mais pas à Jérusalem est. A la réunion tripartite du 22 septembre entre responsables israéliens, palestiniens et américains, M. Obama a affirmé sans ambages que la solution boiteuse proposée par Israël sur les colonies était inacceptable, et qu'il préférait laisser la question en suspens dans l'immédiat pour mieux avancer sur la négociation du statut permanent.

A l'inverse des gouvernements précédents, qui auraient très certainement accepté le compromis israélien, M. Obama continue de contester la légitimité de la poursuite des activités d'implantation et laisse donc la question en souffrance pour l'instant.

Le lendemain, dans son discours devant l'Assemblée générale, M. Obama a exposé les préalables à la négociation, extrêmement favorables à la position palestinienne, en engageant les parties à "mettre fin à l'occupation commencée en 1967" et, surtout, en stipulant que le statut de Jérusalem doit être traité dans le cadre de la concertation.

En faisant entrer le statut de Jérusalem dans la négociation, M. Obama conteste directement la position israélienne et conforte celle des Palestiniens, pour qui la ville doit être la capitale de tout Etat palestinien futur. Cette divergence, qui est au cœur même du conflit, ne peut être balayée sous le tapis. Plus encore que les colonies, ce problème donnera du fil à retordre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, surtout si l'on pense aux positions irrédentistes des partenaires de sa coalition sur le problème de Jérusalem

En fin de compte, le message que les hauts responsables de la Maison Blanche, M. Obama et la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, veulent faire passer est catégorique: Washington ne transigera pas sur la solution à deux Etats.

Cette attitude résolue, doublée d'une disposition à accepter de s'exposer à des revers politiques avant de parvenir au but, s’est clairement manifestées cette semaine dans le discours du Président devant l'Assemblé générale. Il a déclaré: "…Bien sûr, il y aura des embûches, il y aura des faux départs, il y aura des jours difficiles - mais rien ne me fera faiblir dans ma quête de paix". Si certains cercles s'imaginent qu'ils peuvent user, écoeurer ou laminer les négociateurs américains, ils ont sérieusement intérêt à revoir leur copie.
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* Hussein Ibish, premier conseiller à la Task Force américaine sur la Palestine, est aussi l'auteur de What's Wrong with the One-State Agenda?. Il tient un blog sur www.ibishblog.com. Cet article, écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews), fait partie d’une série consacrée à l’analyse des politiques occidentales dans le monde musulman.

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 2 octobre 2009, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=264...


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